Inlrod. I, u
(fiichat.) Dans ces conditions, Texpérimentation est impo» sible : elle Test parce qu'elle exige une matière inerte et que la vie est spontanée. La preuve de cette spontanéité .est que les corps bruts subissent Tinfluence continue de leur milieu, tandis que les êtres vivants, principalement les organismes supérieurs, s*en affranchissent; ils se déplacent sans impulsion extérieure, ils supportent sans modifications appréciables lesvariationsde température, d'humidité, de lumière. L'expérimentation est encore impossible, parce qu'elle procède par isolement, et que la vie, où règne l'harmonie de fonctions solidaires, ne s'y prête pas. « Vouloir séparer de la masse (une des parties du corps vivant), c'est la reporter dans Tordre des substances mortes ; c'est en changer entièrement l'essence. » (Cuvier.) Expérimenter, c'est détruire*.
C'est là une conception fausse : il n'y a pas de force vitale, pas plus que de force minérale. Une force, c'est l'indéterminé, et tout dans la nature est déterminé, tout se ramène à des phénomènes et à des relations de phénomènes. De plus, la spontanéité des êtres vivants est une apparence. Sans doute le corps organisé subit moins que le corps brut l'action du milieu extérieur; la raison en est qu'il subit l'action d'un autre milieu, intérieur celui-là, constitué par l'ensemble des échanges physico-chimiques qui s'opèient au sein du vivant. Le milieu intérieur est en relation constante d'équilibre avec le milieu extérieur, et d'autre part il gouverne rigoureusement les phénomènes de la vie. Son étude est « le pivot de la médecine expérimentale' ». Pas plus que la matière, la vie n'échappe au déterminisme, et celui-ci la gouverne aussi inflexiblement que les mouvements astronomiques.
Mais ici se dessine une autre tendance. Lavoisier et Laplace avaient identifié la respiration et la chaleur animale à la chaleur matériello et à la combustion. C'est une même chi mie, une même mécanique, qui se déroulent dans le monde physique et dans les êtres vivants*. Ce sont aussi les mêmes