STUART HILL
les cas concordent est la cause (on reffet) du phénomène. D
2° Méthode de Différence. Elle est Tinvcrse de la précédente ; dans celle-ci, les deux ensembles diffèrent par tous les points et concordent par un seul ; dans la seconde/ au contraire, ils se ressemblent par tous les points, sauf par un seul, où ils diffèrent : a Si un cas dans lequel un phénomène se présente, et un cas où il ne se présente pas, ont toutes leurs circonstances communes hors une seule, celleci se présentant seulement dans le premier cas, la circonstance par laquelle seule les deux cas diffèrent es!. Teffet, ou la cause, ou partie indispensable de la cause du phénomène. ))
L'élimination de l'antécédent causal n'est pas toujours possible ; on tourne la difficulté, en composant ensemble les deux méthodes par un arrangement d'observations. De là un troisième canon : « Si deux cas ou plus, dans lesquels le phénomène a lieu, ont une seule circonstance commune, tandis que deux cas ou plus, dans lesquels il n'a pas lieu, n*ont rien de commun que TaLsence de cette circonstance, a circonstance seule par laquelle les deux groupes de cas diffèrent, est l'effet ou la cause ou une partie nécessaire de la cause du phénomène. »
3® MeViode des Résidus, Celle-ci est une modification particulière de la méthode de Différence : a Retranchez d'un phénomène la partie qu'on sait, par des inductions antérieures, être l'effet de certains antécédents, et le résidu du phénomène est l'effet des aniécédents restants. »
¥ Méthode des Variations concomitantes. Enfin, là où aucune des trois méthodes précédentes n'est applicable, soit qu'on ait affaire à un auront permanent, comme la chaleur, soit que, comme le soleil, il échappe à l'expérimentateur p;ir la dislance, on recourt à une quatrième méthode, dite des Variations concomitantes : « Un phénomène qui varie d'une certaine manière toutes les fois qu'un autre phénomène varie de la même manière, est ou une cause, ou un effet de ce phénomène, ou y est lié par quelque fait de causation. »
Ces quatre méthodes ne sont pas également démonstratives. La première et la troisième, notamment, ne sont décisives qu'avec la certitude que les groupes donnés comprennent la totalité des antécédents et des conséquents : or a-ton jamais cette certitude ? Ne peut-on pas toujours conjecturer la présence, derrière eux, de quelque facteur inconnue En revanche, les deux autres, la méthode de différence et la méthode des variations, s'entendent mieux à séparer des simples coïncidences, parfois tenaces, les vrais rapports de causalité. Au reste, toutes ensemble, si elles se suppléent, s'entr'aident aussi.
Les unes et les autres, pour réussir, supposent la possibilité d'isoler une cause de son milieu et de la transporter dans un autre ; mais cette possibilité ne se rencontre pas toujours. 11 arrive que des causes multiples, non seulement se juxtaposent, mais unissent ensemble leurs actions qui s'expriment en un effet indivisible : le cas type est celui do la composition des nionvenienls en mécanique. Chacune des forces concourantes ajîit conmie si elle était seule ; toutes (Misenihle s'additionnent, mais aussi se limitent, et ainsi on a affaire, moins à des lois, qu'A des tendances, qui, à rexoniple des pressions, ne souffrent point d'exceptions*. Ailleurs, les phénomènes, par leur extrême complexité, se mêlent en amalgames touiïus, où les efftUs forment d'inextricables enchevêtrements ; c'est ce qui arrive en biologie et dans les sciences sociales.
Or, qu'il s'agisse de composition des causes ou d'entremêlement des effets, dans les deux cas la méthode expérimentale devient insuffisante, et il faut lui substituer la méthode déductive.
Celle-ci comporte trois opérations : une induction directe, un raisonnement, une vérification. En premier lieu, il faut déterminer les causes élémentaires du phénomène observé, et ceci est affaire d'expérience directe, c'est-à-dire d'indue- . tion. 11 se peut cependant qu'une de ces causes soit découverte par déduction ; mais, à son tour, cette déduction s'ajn