‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 259 sur 285 · ni,ju · texte numérisé non relu

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STUART MIU. 551

puie sur quelque induction antérieure. Dne fois les causes élémentaires déterminées, la déduction proprement dite )père son œuvre : elle coordonne ces causes, fixe à chacune ;on action, calcule leurs forces combinées et mesure Teffet lotal. Enfîn la vérification soumet le résultat du raisonnement au contrôle des faits, détermine dans quelle mesure la théorie et la réalité concordent. Il arrive ainsi que des lois dont la déduction a dégagé la portée, rejoignent des lois nue Texpérience avait simplement formulées : la science atteint alors le plus haut degré de clarté et d'intelligibilité. (( C est à la mélhode déductive, ainsi définie dans ses trois parties constitutives. Induction, Raisonnement, Vérification, que Fesprit de l*hommc doit ses plus éclatants triomphes dans Tinvestgiation de la Nature. »

§ m. — SCIENCES MORALES ET SOQALES.

i. Bemarques préliminaires. {Logique^ L. VI, C. l). —

Les principes de la preuve et les règles ne se construisent pas a priori. Les sciences de la nature ont leurs objets définis, leurs vérités acquises et accumulées avec l'histoire ie leurs conditions; et c'est Tétude de ces conditions, l'analyse de ces résultats, qui rend possible la détermination de la méthode. Les sciences sociales n'offrent point cette ressource : car elles sont encore dans la période de formation. Dn est donc ici réduit à l'alternative, ou de s'abstenir, ou de construire la méthode de la science avant la science. La seconde attitude est la plus rationnelle. C'est qu'en effet la Bcience morale ne diffère des autres que par un degré supérieur de complexité. Or nous apprenons à faire une chose dans des conditions dilTiciles, en observant comment nous Tavons faite spontanément dans des conditions faciles. Dans le cas présent, le problème consiste à appliquer à l'objet de la science morale les méthodes en usage dans les sciences expérimentales, et à déterminer, d'après la nature de cet objet, lesquelles de ces méthodes il faut écarter, et lesquelles il faut retenir. Ce ne sont donc pas de nouvelles règles qu'on

se propose de chercher, ce sont des règles déjà étudiées dont on veut étendre l*cniploi, et le dernier livre de la Logique se présente ainsi comme une sorte de supplément ou d'appendice aux précédents.

La Liberté, (c. II). — Toutefois une question préalable, d'un ordre entièrement nouveau, se pose : il s*agit d*abord de savoir, non point en quoi consiste une science de la nature humaine, mais si cette science même est possible, en d'autres termes, si l'homme est libre et comment il est libre.

Le problème se ramène à examiner si la volonté humaine est, comme tous les autres agents physiques, soumise à la loi de causalité universelle. Ceux qui raflirment, professent la doctrine de la Nécessité, suivant laquelle nos volitions et nos acies sont déterminés et inévitables; ceux qui la nient, professent la doctrine contraire, c'est-à-dire prétendent que la volonté se détermine, non point par ses antécédents, mais par elle-même, et qu'ainsi nos volitions sont des effets sans cause. Il est trop clair que la première seule fonde la possibilité d'une science; il importe cependant de la délivrer des conceptions parasitaires qui la déforment et lui donnent une portée funeste dans la vie.

Ilntendue en son sens vrai, elle se réduit à ceci : étant donnés les motifs présents à l'esprit d'un homme, étant donnés son caractère et sa disposition actuelle, la manière dont il agira pourra être inférée infailliblement. Si nous savions tout ce qui se rapporte à sa volonté, nous pourrions prédire sa conduite avec la même certitude qu'en comporte la prédiction d'un phénomène physique. Et c't^sl là, non point une opinion rare, mais au contraire une coriviction universelle. C'est dire qu'elle n'exclut point, clxï ceux qui l'acceptent, la croyance simultanée à leur pnpre liberté. La prescience divine n'empêche pas, selon l«s théologiens, le maintien de la liberté : pourquoi la presciente humaine rempéclierait-elle 7

La nécessité est séquence invariable et inconditionnelle, rien de plus ; mais deux erreurs peuvent se greffer sur celte idée. Dans le premier cas» Timaginatien ajoute ao rapport

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