‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 265 sur 285 · en. m, § 19, p · texte numérisé non relu

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5ïy0 PHILOSOPHES MODERNES.

la Relativité de la pensée. Mais cette démonstration par induction ne suffît pas; elle appelle, pour la compléter, une démonstration par déduction, (^elle-ci s'obtient par Fanalyse ni(>me de la pensée et de ses caractères essentiels. Plusieurs philosophes, notamment Hamilton et Hansel, ont donné de la loi de la Relativité des raisons décisives; Spencer les reprend et les complète par deux dernières preuves de son choix-.

En premier lieu, connaître, sous sa forme la plus achevée, c'est expliquer ou comprendre. Expliquer, c'est ramener un fait donné à un fait plus général ; par exemple, c'est ramener le mécanisme de la contraction nerveuse, phénomène de la vie, à l'action des courants galvaniques, phénomène du monde physique. Dès lors les choses les plus générales se dérobent à toute explication ; or rien ne peut être plus général que l'Absolu; rien donc n'est plus inexplicable.

En second lieu, connaître, c'est avoir conscience, c'est poser la relation fondamentale de l'objet au sujet. Si le sujet se soumet à certaines conditions pour atteindre Tobjel. celui-ci à son tour se plie à certaines conditions pour tomber sous les prises de la conscience ; penser, c'est conditionner. (»r l'absolu, c'est l'absolument inconditionné; de là une contradiction inévitable. « Pour avoir conscience de l'absolu comme tel, il faut que nous sachions qu'un objet en rapport avec notre conscience est identifié avec un objet qui existe par sa propre nature, en dehors de toute relation avec la conscience... 11 n'y a pas de conscience qui puisse nous apprendre ce qu'une chose peut être hors de la conscience, »

En troisième lieu, connaître, c'est distinguer. La conscience d'une chose, c'est le discernement de ce qu'elle est et de ce qu'elle n'est pas, c'est sa séparation d'avec les autres choses. Cela ne se peut qu'en délimitant sa nature. En revanche, l'absolu, c'est l'absence absolue de limite, de détermination, c'est donc, pour la conscience, l'impossibilité de le saisir.

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