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% IMaton, dans le livre VI, rcvieiil à plusieurs reprises sur les qualit(^s qu'il exige du philosophe, c. ii, v et xv. Il les résume ainsi : çOtei {jLvr,(A(i)v, eufiaOï^r» aeyaXoicpitWiÇ. ey-^aptç, çt>.o; te xai Çuyyevf,; ocXr.Osîa;, oixatoiri'*t^^ àvopeiaç, ffoi>9po<rjvr,;. Au clinp. xv, il insiste sur la diffH ulté «lo réunir à la rois certaines aaalit«is intellccluellcs et les qualit<';s morales, o^jTr,;, par eiemfile, et ^eâatorr^ç ; elles sont presque inconipatiltles.
3. ft<p.. VI. m : les uns sont éiti£txé<rra-;oi, m.iis axpr,ffTOi xaî; 7î6>.s<n; les aut/cs, icavv &XX6xotoi, pour ne pas dire 7ca(i.7:ôvr|poi*
26 ' rniLOSOPIlES ANCIENS.
découvre des règles sûres pour la navigation. De môme le philosophe n'a pas le loisir d'abaisser son regard sur les actions des hommes; il contemple sans cesse les idées supérieures de justice, d'ordre absolu; mais c'est là qu'il trouve aussi les lois qui doivent gouverner les ciiés*.
Platon explique ensuite comment celui qui paraît hé pour la philosophie peut se pervertir : c'est que les âmes les mieux douées, et capables de devenir excellentes avec une boime éducation, sont celles que leurs qualités mômes perdent le plus aisément. Une âme médiocre ne fera jamais ni beaucoup de bien ni beaucoup de mal. Mais les meilleures plantes ont besoin du meilleur terrain, faute de quoi elles ne périssent pas, sans doute, mais se développent de la pire façon, à cause de leur excès de vigueur*. Et Platon énumère tout ce qui peut gâter et corrompre le meilleur naturel : l'éducation qu'on reçoit par les oreilles d'abord, en écoulant les propos des hommes; celle qu'on reçoit paV les yeux, en regardant ce qui se fait d'ordinaire; enfin, l'éducation que donnent les sophistes. Celle-ci confirme malheureusement les deux autres; car les sophistes, au lieu de détourner leur regard, comme le sage, de ce que dit et fait la multitude, ne considèrent que cela ; leurs préceptes sont donc tirés non de la justice en elle-même, mais de la pratique des hommes. Platon compare cette science tout empi ricjue à la connaissance qu'un dompteur finit par avoir des instincts et dos goûts de ses bétes, qu'il mène ensuite A sa fantaisie et toujours dans son intérêt, en conformant sa f;»çon d'agir à leur nature propre, au lieu de corriger celleci sur un modèle divin. Platon recherche avant tout ce modèle : peu lui importe ce qui se passe autour de lui ; il s'attache uniquement à ce qui est fixe et immuable, à ce qui devrait être, et non à ce qui est. En un mot, il est le vrai philosophe, le philosophe de l'idéal. Quant à ces faux philoso[)hos, (|ni n'en ont (|ue le masque, il les compare à des criminels, échappés de prison, "ci réfugiés dans un
i /î/»7)., VI.