UI. — THÉORIE DES IDÉES
i« loetrlnea antérieures. — Outre rinflucnce de Socrate, Platon subit celle d'Heraclite, dont il connut le disciple Cratyle, et celle des Pythagoriciens.* Aristote l'arfirme nettement. Il ne parle pas des Éléates ; mais Dioîj^éne Lacrce citeuu certain Ilermogéno, disciple de Parménide, auquel Platon se serait attaché *.
Heraclite avait été frappe de la piM'pétuell.' mobilité des clwses. Il n'est rien, en effet, qui, à cha(|ue instant, no change l'^nslanalui'e. Nous ne nous baignons pas deux fois, disait- Jl»dansle même fleuve : ce ne sont plus les mêmes eaux, d'autres surviennent sans cesse; et notre corps n'est plus ïe même, la substance dont il se compose s'est renouvelée ^8ns l'intervalle. Heraclite résiunait sa doctrine par cette hréve formule : tout s'écoule, iralvxa ^££i.
Mais, s'il en est ainsi, nous ne pouvons rien connaître, ^rsque nous croyons saisir une chose, elle n'est déjà plus, et c'est une autre qui s'olTre à nous, et une .nilir onrnre, el loujoui's ainsi. Tout au plus pouvons nous dire d'uin' sensjhon actuelle qu'elle est vraie; mais, au nionnMil qui siiil, *^^l'- a disparu, et quVst-ce qu'une vérité si peu stal)lo? Tout *^sl vrai, si l'on peut dire, mais tout n'est vrai qu'un nio-
V Arislole, J//-/., A, 6 : £x vio'j xe yàp Tuvr/)/;; vevôaîvo: T:p dtov Kp-xTO/f.) «Sîv. £t Mct,^ M, i. Dio^ène Uivce, 111,0.
3i PHILOSOPHES ANCIENS.
iiioiit. f.a seule mesure de la vérité se trouve dans nos sensations fugitives, et qui changent souvent pour se contredire. Aussi» pensait (Maton, puisque les objets sensibles sont dans un continuel écoulement, on ne saurait prétendre à une science de ces objets *. 11 était donc là-dessus du môme avis que les sophistes, et rattachait à la doctrine d'Heraclite comme une conséquence nécessaire cette fameuse maxime du sophiste Prolagoras : l'homme est la mesure de
toutes choses : avOpwTco; 7rû(vTûDV yrçY|{A«TciiV fXSTpov •.
Fallait-il cependant s*en tenir au scepticisme, et déclarer avec Gorgias toute science impossible? La science, en effet, comme l'avaient vu l»'s Éléales, exige l'absolue immobilité de son objel. Pour le soustraire à loute cause de changement, ceux-ci le faisaient même consister dans l'unité. Xénophane, dit Arislole, ayant jeté les yeux sur l'ensemble du ciel, déclini (jue l'unité iiUnl Dieu^. Et, faute de pouvoir comprendre les ohan^'ementb qui semblent néanmoins si réels autour de nous, il les niait, arrêtant ainsi, dit Platon, la vie dans Tuuivers*. Alors les objets sensibles représentent la surface ou plutôt la vaine ap[>arence des choses; seul l'un existe, immuable, toujours le même, tel enfin que l'esprit le réclame pour en avoir une coimaissance assurée.
Mais, riiez les Pythagoriciens, on trouvait mieux que celte nnile trop abstraite. Observant qu'au moins certains rap[)orts niwiiêri(|uj;s ne changent pas dans les choses, ils crurent trouver le principe même de la nature et l'objet de la science dans les num])res. Ceux-ci n'étaient point, pour eux, de simples ri'Iat.oiis entre telle et telle réalité; c'étaient des ôlrcs vérital)lcs, et même les seuls êtres vraiment dignes de ce nom. Par eux s*expli(|uaieut d'abord toutes les hannonies
1. f;r//'ï//f. U') A : o'-Oi yvoiTiv eivai 9avai sixo;, ci [uraTcticTEt icdtyToi y&TiaaTa xat |rr,6:v (as'^?-; Arislole, rj|»|ielatil les iiiêtiios chusos. dit, Jfrt., M, i: o'j yàp civxi Xfov piovTwv c^zlT':r,[l.r^y, que la scoiastique Iraduira ntdta r.st fluxurum scu-ntia.
i. l'i.iloii iAï[ liii-iiiiMiio le riipiirnirliiMtieiil eiitro la doclrino d'flOracUte et r«'llo iW l'rolap'oiMs, dans W ThenHe. p. i:jl-lhG
."i. Aiislule, Mf^l , V, /), 'Wti It : — îvoçivr,;..- . si; xbv 6).ov oùpavbv ànoo>f'I/a;.TO £v Etvot: (ç/i(Ti tôv Ôîôv.
A. l'iaton, Théét., mi A : ol toO oXov a^aaicoTOK.
du monde astronomique et physique ; par eux aussi Tàme et les choses morales, comme la justice, la vertu ^
Toutefois un disciple de Socrate, qui avait étudié l'homme beaucoup plus que les phénomènes de la nature, devait trouver cette explication insuffisante ^ Peut-être Platon en retintil seulement une métaphore : la justice est une harmonie entre les trois parties de Tâme, semblahle à Taccord parfait des trois sons fondamentaux. 11 aima mieux se rappeler que Socrate, uniquement préoccupé des choses humaines, y cherchait quelques principes généraux à quoi il pût rapporter tout le reste. Nous connaissons sa méthode, qui, de plusieurs exemples particuliers, dégageait par induction une définition qui était comme la régie commune à tous. Hais ne pouvait-on appliquer cette méthode aux choses physiques ellesmêmes, en un mot à toute la nature? Les Pythagoriciens, après avoir considéré d'abord le monde extérieut», faisaient servir les nombres qu'ils y trouvaient à l'explication du monde moral lui-même; Platon fit le contraire : trouvant, avec Socrate, dans le monde moral des définitions générales, il prétendit expliquer par là toute la nature. Cefut sa théorie des idées.
S. Les Idée*. — Hais il fallait les mettre à Tabri du changement qui règne partout dans les choses sensibles ; il fallait leur assurer une existence fixe et immuable. De leurs nombres les Pythagoriciens avaient fait des êtres, et, pour ainsi dire, la substance même de toute la réalité; Socrate non plus ne séparait pas la justice, la piété, des actions justes et pieuses et des âmes où elles se réalisent. Mais Platon était surtout dialecticien; il craignit des contradictions, s'il unissait dans un même sujet l'un et le multiple, le général et le particulier. Le seul moyen d'y échapper lui parut être de séparer ce qu'on ne pouvait réunir. Pour lui, les nombres,
1. Aristote, Met., N, 3 : of nuday^peioi elvai (làv àpiO(xoù; Inoifinay Ta ôvra, ov x^?^^^^^ ^ ^^^' ^ dtpi6|i.â>v xà ovTa.... — Et Met., A, 5.
2. Aristote, Uét.f A, 6: ^coxpaTOvc ùï ntpï (Jièv xa Y)6ixà 'izp'xy[LOLXi\jo\i.ivov, «ep\ 8è TÎjç ôXr.ç çûo^ecoç ov6£v, ev (xevTot toûtoic to xaéôXou ÇrjToOv- Toç xal ir6p\ 6pt9(iL(dV eirionqffavToc TcpwTOU T*rjv fiiavoiav, exeivov aîcoôe- (cKiiSvoc 8ta TO TotoÛTOV {)ic^at6ev cbc nsp\ &Tépu)v toOto Ytv6[X£vov xa\ où Tctfv alaOy)Tâ>v tiv6c... o^tù}; |&àv oùv xà ToiaOxa tûv ovtoiv loia; Tcpoot}- T^ptuM Et Met., M, 4.
et encore plus les idées, existent à part, en dehors du monde sensible, et constituent dailleurs le seul monde que nous puissions véritablement cuiinaître, et le seul aussi qui ait une existence réelle. Quant à ce monde visible où nous sommes présentement, nous ne le connaissons qu*au moyen des idées; en lui-môme il échappe aux prises de la science. Les sophistes ont raison de dire qu*il ne peut pas être connu; c'est qu'il n'existe jamais non plus d'une manière définitive; il reste dans un perpétuel devenir. Et Platon allait jusqu'à dire que les sophistes, qui ne songeaient pas à un autre monde que celui-là, ne s'occupaient que du non-^tre *.
Là, en effet, toutes les affirmations peuvent également se soutenir. Vous dites que ce doigt est grand; non, il est petit. Kt les deux choses sont vraies : Tindex e.st grand à côté du pouce, petit auprès du troisième doigt. Vous trouvez cette jeune fille belle; sans doute, en comparaison de telle autre; n^ais si l'on songe aux déesses, elle est laide. On ne peut donc rien dire de certain, tant qu'on ne s'élève pas au-dessus de ce monde, jusqu'à des idées fixes et immuables. Elles seules possèdent enfin les caractères qui rendent possible une connaissance véritable. A beaucoup de choses on donne souvent un même nom; on les réunit ainsi, malgré leurs différences, dans une seule catégorie; pourquoi, sinon parce qu'elles se ressemblent? Et le nom exprime précisément ce qui est commun à toutes, l'idée générale qui sert à les comprendre, et qui est comme un modèle dont elles ne seraient que les copies. Ainsi c'est l'idée de la justice qui fait que les choses jusles sont telles, et non point autres ; c'esl par l'idée de la beauté que les choses belles sont belles, TÔi xaÀw Ta xaXà xaX»'.
0, Met.., A, fi: 01 lIuOaYopstoi eivai àpiOjj.où; £iioîr,ffav xi ovrae, o-j; ôé. — 1/^/., M, 4: 0 iltoxpaTr,; xà xaOôXou oy x*»*P''^* iè xoO; ôpi(j(jLou!;* ol o'r/rupcaav, xat xà xoiaOxa xwv ovtwv !Ôla; lî^OdTtYÔpEuaav. — Met., a, 6: xb pLSv o'jv xb êv x«t xoù; oipt^^où; rtapà xa «pctYiiaxa itotr,ffai, xai jit) oxjTrsp ot ri'jOayopEtoc, xoli rj t«v iiôtbv ct^aYwyri Siat xf,v év xoîç Xoyoi; <jxl'{/iv (o't yap irpôxepoi ôtaXs*
^1. Ariîjlolo, Met., A, O'j ycDpicrxo-j.
ènotti, oùoè xoù; ôpi(j(JLou;* ol o'r/rupcaav, xat xà xoiaOxa xwv ovtwv lÔla; ' » - .
EÎÔtbv
xxixYj; oO |iETet*/ov).— Enfin Mél., E, 2: Ôib ïl/axwv xpoTzov xivà'oOxaxAkc
TT,v (loçiffxixV ^^9^ w (An ov ixa^ev Et Met,, K, 8: xbv ao^iarr^v iwpi
To \ir\ ôv StaxpîSstv.
2. PUton, Réf., V i mppiatt II, 287 D, 2Si» B; Phedon^ 100 G, D. — Phéén,
S. licars earactèrea. — Plalon donne différents noms à SCS idées, I5ia, «T*©:, y^^o;, TrapotSetYua, ap/;q, oihii. On voit par là le double caractère qu*il leur attribue. G*est d*abord la généralité logique, en souvenir de Socrate sans doute et de ses définitions. Hais de généralité en généralité on arriverait fatalement à Tidéequi est la plus imparfaite de toutes, Tidèe de Têlre en général, qui est presque Tidée du non-être, tant elle reste vague et indéterminée. Or Platon suppose entri- ses idées une hiérarchie qui se tt^rmine au sommet par l'idée du bien, ou celle qui posst»iie le plus de peifeclioii. Les idées sont donc des modèhs divins à rinmge dosquels toutes choses >e font dans la nature. Klles ont comme une individualité concrète et vivante, semblab'es à ces ligures de Phidias, type idéal de Thumanité. En même temps elles ont une plénitude d'existence qui les rend capables dètre cjmse. Telle est leur caractère véritable, esthétique et moral, et en môme temps métaphysique. Plalon n'explique pas d'ailleurs comment elles agissent sur ce monde visible. Tanti^t il parle d'une ressemblance (ôuo-ojau) entre les choses et les idées, tantôt, et ce mot lui est propre, d'une participation (jt6£;i;) des choses aux idées*. Et cela se fait, semble-t-il, par une condescendance du principe suprême de ce monde intelligible. Dieu est bon; il n'envie à personne l'existence que lui possède dans toute sa plénitude; il y fait donc participer le plus d'êtres possible. 'Ayoïôo; tqv i^ahM 51 «ïuoctç itipi oùctvcç oùoÉiroTfi iyfiyyizai çp6dvo; • toutou o* éxtÔ; wv icâvTa Sti [lÔlm^xol '^l'iiaOcu éCouXtjOï) 7iaf;a.-Ay^aia sotoTw*.
249 : ΀Πyàp avOpwTcov Çuviévat xat' elooç >eYÔ(i£vov, ex 7ïo).).Ô)v îôv atOr,aécûv eU 8v XoYKrpi^ Çuvaipoujievov.... — Kt 2(»5-H: elç pitav te îSsav (tjvopôvTaayeivTàwoXXaYTjôieanappLiva, ?v*Exa«TTovôptC''>|Aevo;or,>.ov7:oir).... — Bép., VI, c. XTiii : TtoAAa xa).à %i\ '3To)>.à avaOà xai exaaia outo);* e'ivai çat|iev...» xa\ arjTO ôyi xaAOvxa\ «ù-o àyxOôv xa\ oCtcd Tiepi Tràvtwv, à tits w; «oixà èrtôeijiev, icâXtv au x«t* lôéav (jitav ixct«r;ou, oiç jiia; ovor^; TiOévrs; h fo-rtv îxatrrov itpoo^aYopeuojxsv. — Arislote, Met., A, 6 : xaxà [leOî^iv yàp tlvai ta TCoXXà Tœv ayvwvjjxtov xoî; eî'Se'Tiv.
2. Aristole, Hé/., A, 9 : ev 8? tw *ï»aî6o)vt oOtco; XÉysTai, a); xa\ xoO elvai x«\ ToO yivt«T(»at «rxia xà ei'ÎT, èaxiv. -- l/e*/., A, 6 : ol |xèv IluOayopsioi |uiir,i7Si ta ovxa 9a9\v eîvai xwv àp'0|jL('ov, IlXaxwv ce {aeOI^sc, xoj'vojxot ftrraéoiXwv. Tt,v |xévToi ye jjiOs^iv rj xtjV (jLt|j.r^<7iv rixi; âv eiVj xwv £iôa>v, ct^eTaav iv xoivû Ct^teîv»
^ 7iin.,p.29Ô.
4. Le Bien. — Ne croyons pas cependant (rop vite que ce premier principe, qpi est l'idée du Bien, contienne en soi toutes les autres idées, comme le Dieu de saint Augustin les renferme dans son entendement. C'est plus tard qu'on a difficilement conçu des idées sans une intelligence en qui elles subsistent. Mais Platon leur attribuait sans douto une existence propre et indépendante en elle-même. Elles dominent tellement notre pauvre esprit, qu'elles n'ont besoin ni de lui ni d'aucun autre pour exister; c'est lui plutôt qui doit à leur présence et à leur bienfaisanle influence de se sentir vivre parfois. Platon représente donc les idées comm** se suffisant chacune à elle-même, quoique subordonnées les unes aux autres d'après leurs degrés de perfection. Toutefois l'idée du Bien, dit-il, est comme le soleil de ce monde intelligible; et de même que, dans notre mon<le visible, le soleil n'éclaire pas seulement les objets, mais leur donne l'accroissement et la vie, de même cet autre soleil ne communiquerait pas seulement aux idées la clarté dont elles resplendissent à notre esprit, mais elles lui devraient encore toute leur substance. Il serait lui-même plus qu'une idée, plus qu'une essence intelligible, quelque chose de supérieur encore, le Bien absolu *.
Tel est le monde intelligible, que les sophistes n'avaient pas su découvrir, et, faute duquel, ils croyaient la science impossible. L'originalité de Platon n'est pas seulenr^nt de l'avoir découvert, mais surtout de le réaliser à pari, audess rs des choses sensibles, et comme le seul qui possède une existence véritable.
1. Plus tard Malebranche écrira : « Ces idées sont en Dieu, et si Platon n'a-, ▼ait point cru que les idées étaient scp;trées de l'essence divine, comme on Ven accuse, saint Augustin en cela seraitPlatonicien. » — Voici touterois un texte mportant, cité par Ch. Zévort et Al. Pierron dans leur traduction de la Métaphysique d'knsiole: Alcinoûs (Platonicien qui vivait vers le n* siècle avant J.-C.) dit: « L'idée est, par rapport à Dieu, son intelligence; par raj>port A nous, le premier objet de l'entendement; par rapport à In nuitiôrc, la mesure; par rapi)ort au monde sensible, l'exemplaire; par rapport à elle-même, Tes-
sence L'existence des idées, Platon l'établit ainsi : que Dieu soit esprit ou
qu'il soit intelligence, il a des pensées, et ces pensôes sont étemelles et immuables; de là suit l'existence des idées. > liitrod. à la Philon. de Plalon, c. ti. — Les traducteurs citent ce texte, p. xui de leur Introduction. — Lire Rép.^ Vf, tYi, iTii, xvni, etc.
PUTON,
ro
5 IV. — inÉORIE DE LA CONNAISSANCE.
t. Qnaire degrés. — L*objct de Dotrc connnissancc élnnt ainsi déterminé, voyons quels sont nos différents mojTns de connaître. Ils se trouvent en conformité parfaite avec les difTérents degrés de réalité que Platon a distingués dans les choses. Supposons, dit-il, une ligne droite, que Ton coupe en deux : une partie représentera le mon<ie visible, T^ bpaxi, et l'autre le monde intelligible. Ta voriiâ. On coupe encore chacune d'elles en deux parties, dont l'une est obscure et l'autre lumineuse. La parlie obscure du monde visible représente les ombres des cboscs ou leurs images, i?xovt; ; la partie lumineuse représcnle c«'s cboses ellesmêmes, atîOîjTflt. Notre connaissance du nionde sensible a donc aussi deux degrés : la vraisemblance ou conjeclure, iUoi9:a, ou la sensation pure et simple, oioôtiTi;, qui ne sait pas si quelque objet y correspond ; puis la croyance ou le jugement, irîaru, qui e>t vrai parfois, mais sans pouvoir en donner les raisons, ôo;^ aveu Xovou.
Le monde intelligible, à son tour, comprend d'abord les figures et les nombres, fxa6r,fjLaTtxct, (jui ne sont que Timage ou l'ombre des idées, puis les idées elles-mêmes, tt'\. Or les mathématiques sont l'objet d'unie connaissance sûre et qui peut se justifier, mais qui vient du raisonnement, oiofvoia; les idées s^emblent être connues immédi.jteniciil en elles-mêmes, par une intuition inlellecluelle, vcr.ais*.
1. Rép., flndiiliv. VI et comrnonc<Mnent du liv. VII, bleau <ït^ différents degrés de ivalilc et «les oiRialions rapportent ;
T3t VOYJtdt <
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p. 5(U>-ri
>3. Vni<i k' taliiollfs (|ui s'y
atoOriTa
Ta opata <- IX semble que 1m deui divisions du monde >ensiLIc ne suent là iiuo pour lo sy-
40 niILOSOPIIES ANCIENS.
«. Allfçorlfi de la caserne. — A vrai dire, ces qu degrés de connaissance se ramènent à doux, un pou monde sensible en général, le jugement ou Topinion d multitude, cô^x, l'autre pour le monde intelligible science, ÊTri^Trur,. Comment se fait le passage de i'u Tautre ? Y a-t-il une transition insensible? Il ne le sei pas. Platon avait séparé les deux mondes Tun de l'autri faut donc détourner tout d fait les yeux des choses visil pour e(»nt»»inpler les idées, l'ne allégorie célèbre de PI nous représente des prisonniers enchaînés dans une cave de f^çon ({u'ils aient le dos tourné à la lumière, et ne vt que li^ fond obscur. Seulement on allume un grand ieu rière eux, et devant la flamme brillante passent et re sent des personnages qui parlent, gesticulent; leurs oni se projettent sur le fond de la caverne, et les prisonnier peuvent voir que ces ombres, qu'ils prennent pour des t réels. Si Ton détache l'un deux, et que, se retournan aperçoive pour la première fois les personnages vivant le grand feu qui les éclaire, il n'en peut croi;*e ses ] éblouis; et il lui faut du liîuips pour s'accoutumer i nouveau sfieetacle. Puis il va re.lrouver ses compagn leur raconte ce qu'il a vu, et s'efforce de les détrompe leur illusion; mais eux le traitent de visionnaire, et tiennent obstinément aux ombres qu'ils aperçoivent. A fait la niiillitude ignorante à l'égard du philosophe q vu les idé.s*.
Platon recommande qu'on ne fasse pas regarder d'aï au prisonnier délivré les objets eux-mêmes, mais seulei leurs imaLies dans l'eau et les corps polis; ainsi peu à sa vue s'affermira. De niémt% avant de s'élever à la cou
mélrie, ou pour faire comprendre par une comparaison la diffcrence eut idi^cs ot les ei»scn<-e!< inatlicMnalii]iios. U'autant plus que les anciens altribi à IMaton une division de toute la réalité en trois parties sciilornenl : jjiaOT,{jiaTtxâ ot alffOTjTâ. (^pendant Platon Ini-nn^inc dans lo Théélètt lingue la scns'ition pure et simple, 'xïa^f,<jt.z, le ju:,'erneiit vrai, mais qui U) rendre raison pourtiiioi il est vrai, à).r,Or^; ôôÇa à'vc'j //iyo'j, puis un juj^r vrai et mî s-ichanl toi, àXr/jf,; Sô;a p-sra 'tJjyo'j- Ces trois de<;rûs expli à merv.'ilii' ri-y-aTia, la TtiTTî; et la 6:ivoia. l'iaton s'arrêterait i la v^ sans en | :u i«'r dans ce dialojjue.