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(k Ei'èfi ei icapa&tÎYiiaToi. {Met,, A, 10, et Phys,, II, 3.)
êtres; iln*cstpas vrai que tous n*en désirent qu'un*. Ce qui est bon pour un animal, peut ne pas Tètre pouf une plante. Le bien pris en lui-même, dit encore Arislote, n*est d'aucun usage; ou bien, en effet, tous y participent également, ou pas un être n*y participe*. Certes, tous u*y participent pas également; et ce qui importe, c'est la participation dont chacun est capable. Mais ceci dépend de sa nature même, de sa constitution particulière. Aristote en conclut qu'il y a autant d'espèces de bien que d'êtres, et que chacun désire celui qui lui est propre, Uolqxov îotou Àya^ou 6piy txai.
Dira-t-on ensuite que les idées, ces exemplaires étemels des choses, représentent le bien propre à chaque espèce, ou sa perfection? Aristote leur reproche alors d'être séparées de ce monde, et par conséquent sans action sur lui. IMàton les a placées si haut, qu'elles sont véritablement inaccessibles. Les choses participent d'elles, leur ressemblent, ajoute-t-il. Mais que veulent dire ces mots, ressemblance, participation? Belles métaphores de poète, mais qui sont vides.
s. PaUnaaee et ac<e. — Au bien en général, Aristote substitue donc une multitude de biens particuliers^ et il les rapproche des différents êtres; c'est au sein même des êtres qu'il les place, loin de les considérer à part. Il peut le faire sans contradiction, en distinguant ce qu'il appelle être en puissance, Suvï^xn, et être en acte, èvcpYeia, être potentiel ou virtuel, comme on dirait encore, et actuel ou réel. Le germe d'un animal ou d'une plante possède la vie en puissance; celle-ci ne s'est pas encore manifestée, mais elle, subsiste latente. Que les conditions soient favorables, et le germe se développera; uneastivilè soudaine paraîtra en lui, pour pro duire peu à peu la forme de telle ou telle espèce, il était en repos, presque mort; le voilà vivant, comme s'il avait une âme. Celle-ci se révèle par toutes les actions qu'il accomplit, et la manière dont les différentes parties se disposent et s'ordonnent.
1. riovTot ta ovTa eçîsaOai Iv6;tivoç dlyoOoO oyx àXiQÔéç. {Eth,Eud.A,È.) 6|iOt(i>C. {Eth. Eud.f 1,'8 )
AUISTOm 50
Hais celle forme qu'il prend n'est pas scnlomcnl un effel, une résultante, et comme l'œuvre d'une puissance qui agit. Le germe l'avait déjà en lui-même, et c'est elle qui cause toutes ses transformations. Ainsi d une part la forme d'un être vivant est Y effel des puissances qui travaillent en lui, îpYov, ivipY£ta; d'autre part, ces puissances ne travaillent, et n'existent môme qu'en vue de celte forme, qui est cauie à son tour. Ainsi les parties d'un être vivant ou ses organes existent à cause de^ fonctions auxquelles ils sont propres; en revanche l'action de voir, ou la vision, est bien l'effet de l'œil, par exemple, son œuvre propre. A la faveur de ce mot œuvrCf ^PTOV) qui rappelle une activité intelligente, Arislote introduit l'idée de but ou de (in, xéXo;, et pour lui, le rap* port de cause effic ente à effet, comme nous dirions maintenant, devient un rapport de moyen à fin. Il le dit en propres termes, -co f^p ^pjov teXoç. Puis il rapproche par analogie les mots ^pifov et ivspT€i«, TfXoç et h^tU/ni^, Et voilà coniment sa fameuse tfîi/e/ecAte exprime l'activité agissante ou produisant elle-même un effet, mais cet effet est une fin pour elle et une perfection. 11 dira donc, d*une part, que non seulement toutes les parties du corps existent pour leurs fonctions propres, mais que le corps lui-môme n'existe que pour l'âme, xt\ TÔ aûf*o Ttoaç rîjç vj/y/îj; âvixev, entendez pour la vie de l'ensemble, pour Tactivité môme de l'être se manileslant dans toute sa plénitude et sa perfection. L'âme est l'en/eléchfe d'un corps qui possédait la vie en puissance, elle est la forme achevée et parfaite du corps, cToo; dwfxaxoç, avec toute l'action dont il est capable'.
Ainsi le monde des idées ou des formes, et^Y), et celui des choses corporelles ne sont plus séparés l'un de l'autre. Ces dernières contienni^nt déjà la forme que chaque être doit revêtir dans son espèce; non pas que les choses intelligibles soient réduites pour cela aux choses sensibles, et pour ainsi dire perdues en elles. Au contraire, elles y subsistent dans toute leur intégrité, et provoquent elles-mêmes le mouve-
1 Mét.,e,9.
% Ùt'p^ri. an., I, 5.
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mont qui pou à peu los met au jour et les réalise. Ainsi rrime, celle forme ou relie idée du corps n'esl point le corps; pourtant elle n*en est pas non plus séparée.; elle est quelque chose de lui; on peut même dire qu'elle est ce qu'il y a dp meilleur en lui, puisqu'elle fait son êlre même et son aclivilé*. Quant à ce corps ou celle maiière qui prend peu à peu une forme, il rsl puissance ou possibilité; et tandis que des choses réelles s'excluent en efftît Tune faulre, dans le possible plusieurs choses peuvent coexisler sans contradiction.
Cette défmilion de Tâme s'appliqm* à foules les âmes. Mais Arislole dislingue celles-ci suivant les puissances ou facultés qu'elles possèdent, Suvoiusu. Certainis âmes n'en ont qu'une, celle de nourrir le corps, tô ft^cTctDtov, comme dans hîs plantes. A la nutrition se joint la reproduction, qui n'est que la continuation de chaque être dons un 'autre lui-même, puisqu'il ne peut durer loujours individuellement. I^es animaux ont en ouUe un principe qui les fjiil sentir, to aîffOrjrixdvj et se mouvoir, t6 xivr,Ttx6v. L'homme possède de plus le pouvoir de penser, tô vor,Tixov. Mais ces différents pouvoirs ne sont pas séparés dans l'être qui en réunit plusieurs : ils servent au contraire l'un à l'autre, connue déjà le corps sert à l'âme. Le pouvoir de sentir ne saurait être sans celui de se nourrir, ni le raisonnement sans les autres facultés (|ui précèdent. A la laveur du môme rapport de moyen à tin, Arislole, en suhurdnnnant ces différentes choses, établit entre elles la plus intime union*.
Il résulte de là que chaque êlre a sa vie propre, pour laquelle il est fait uniquenient. Kl celle vie est son bien. Elle consiste dans les seules actions dont sa forme ou sa nature le rend capable. Mais le plaisir résulte aussi de son activité, et un plaisir parliculier, qui n'est pas le même pour tous. Ainsi les actes propres à une espèce, ne sont point ceux d'une autre espèce, ni ses plaisirs n»n plus, et ce serait pervertir l'ordre naturel que de chercher pour un être des plai-
1. Mnt* Sytv (ru>[L(xxoi iTvat (jLr,Tfi-aùpLa ti yj ^^xh* ^^V^ |<^v ykf oCx tcxi» a(o(AaToc U xi. (De An»^ U, S.) t. ih: an., U, 3.
sirs qui ne sont point les siens. Un être est capable de certaines actions : donc lorsqu*il les accomplit, elles seront bien faites, puisqu'elles lui sont naturelles, et lui-même aura du plaisir à les taire. La théorie de V action propre, olxeîov Isyov^ est donc le^ fondement solide sur lei|uel Atislote établit à la fois celle du bien, l6iov àfafiôv, et du plahir, ol^sia ^^ovr^, particulier h chaque être, et ces deux idées n'en font qu une grâce à l'idée de perfection ou de fin qui domine tout, I'Ts- ÀE/eta. Le plaisir t-n ellei achève ou perfectionne Tnclivité, et Tactivité parfaite est bunne, excellente même. De 1;>, pour le philosophe^ identité de toutes ces expressions^ bien, perfection, plaisir ou bonheur.
§ m. — VERTUS PRATIQUES.
\je bonheur ne se trouve que dans Taclion, et encore dans celle que nous aimons pour elle-même, sans avoir rien d autre en vue. Oi, parmi* les différents modes de notre activité, deux seulement n*ont d'autre objet qu'eux-mêmes, le jeu et la vertu*.
« . Le Jeu. — Nous aimons en effet à jouer, pour jouer, et Don pour autre chose. Le bonheur pourrait donc être un jeu continuel. Mais, dit Arislote, il n'y a que les enfants ou les tyrans qui passc^nt tout leur temps de cette façon. El il les récuse comme mauvais juges de ce qui convient vérilablL'nieut à l'homme. L'enfant ne c «nnait encore que les plaisirs de son âge. Mais (jui de nous voudrait n'en avoir jamais d'autres, et rester toute sa vie un enfant? Quant aux tyrans, eux aussi ne connaissent que des plaisirs de tyran. L'homme en a d'autres, du moins l'honinie qui a réalisé toutes les promesses de sa nilure, et qui se monire un représentani accompli et parfait de l'humanité. Seul son jugement fait loi, et il aurait raison même contre loul kinonde. C'est que, comparés à loi, h's autres hommes sont tout au plus connue des enfants à coté d'une personne mûre;