Lucrèce, De natura rerum, V
0 genus infelix hunianuml talia Divis Quom tribuil facta, atque iras adjiiiixit acerbas : Quantos tum gemilus Ipsi sibi, quanlaque nobis Voluera, quasi acrumas peperere miuoribu' noitri
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lui-même, la nature le traite comme ferait une manllrc: que dire, en effet, de ces maladies que chaque saison apporte? Que dire de la mort, qui rôde au hasard et frappe avant le temps? A peine né, Fenfant remplit aussitôt de ses vagissements lugubres les lieux d'alentour, ce conune il est juste, à rentrée de cette vie où il aura à traverser tant do maux*! »
Les diiMix, d'ailleurs, n'avaient aucune raison de créer le monde pour nous. « A ces ôlres immortels et bienheureux quels si grands avantages pouvait apporter notre reconnaissance? El comment en auraient-ils eu besoin, eux à qui rien ne manque? A moins de supposer que leur vie se traînait dans les ténèbres et la tristesse, jusqu*au moment où a lui l*aurore de la naissance des choses! »
Donc, c'est folie de croire, comme Socrate,à la providence des dieux. Non pas qu'ils ne song«>nt. au contraire, qu'à nous envoyer mille maux: lesdii»ux n'ont aucun souci ni de nous ni des choses; jamais ils ne sortent de leur repos divin pour intervenir dans le monde.
Tel est le postulat de la philosophie épicurienne, et la première rhose à admettre pour qui veut être heureux. C'est pourquoi ceux qui cherchent leur bonheur dans les jouissances matérielles ne le trouveront pas, s'ils conservent, avec leurs croyances, toutes les craintes de la superstition. L'homme vit, en effet, dans une mortelle inquiétude tant qu'il ignore ce qu'il y a là-haut, par delà les astres, ce qu'il y a dans les demeures souterraines, ne qu'il y a dans l'espace infini qui l'entoure. Ces myst«Titnises régions, son esprit les peuple de chimères, dont il s'eiïraye ensuile. Il ne peut se rassurer que si on lui montre clairemonl la réalité comme elle est. La science de la nature ou la physi<|ue sera donc nécessaiie avant tout pour la tranquilhté de rame',
3. Sa méthode. — Or Épicure pose en principe que toute explication des choses, pour être vraie, doit se trouver
1. J)€ natura rerum, V, i57-236. H faut lire ce passa?e^ qui est de la plus grande beauté. Jamaif les adversaires de la finaliU externe n'ont parlé avec plus de force, et. il faut le dire aussi, de raison.