Lucrèce, V
î. Liurèce, V, 555-770. — Il faut lire surtout d«>ux dcxplupjicmeuis de toute beauté sur les lois de la nature : 665-079 et 736-751), qui se toruiinoul aiusi ;
^uo minus est niiruiii. nsI ccito lem|>ore luna Gigiiilur, et cei to dclctur tonipore rursus, Quom ûeri possuut tara certo leuipore mal ta.
exclure du monde, comme perturbatrice, toute intervention des dieux. Douter un seul moment de ses explications^ ce serait, suivant lui, déchoir de Tétat de certitude et de paix où la science nous élève, pour retomber dans une myth(»logie, bonne à effrayer les esprits faibles ^ Toutefois cette im« mutabilité des lois naturelles n*est pas absolue; ce serait introduire dans le monde une nécessité non moins préjudiciable parfois au bonheur de Thomme que la malveillance des dieux. L*avenir n^est pas rigoureusement déterminé, an point qu*on puisse le prévoir à coup sûr; les oracles sont menteurs, et Épicure rejette la divination. 11 ne veut pas plus d*un enchaînement nécessaire des phénomèneSi que du caprice et de Tarbitraire divin*.
C'est pourquoi il imagine les atomes autrement que n*a- Taient fait Démocrile et Leucippe, ses devanciers. Démocrite ne mettait en eux que des différences de grandeur et de fi» (jure ou de forme; \\% étaient mus en tous sens par suite de leurs chocs. Mais Épicure leur attribue en outre la pesan^ ie^ir; ils ne se meuent donc plus qu'en ligne droite, comme des gouttes de pluie, et tombent dans les profondeurs du vide. Comment alors leur rencontre peut-elle se faire? Épicure admet qu*ils dévient quelque peu de la ligne droite, en vertu d'un nouveau mouvement qui leur est propre, et qui ne vient pas d*une impulsion extérieure. Cette déviation ou déclinaison {clinamen) les fait se rencontrer, et ils forment ensuite toutes sortes d'assemblages '. Mais, s*il en est ainsi, aux mouvements nécessaires, les seuls que reconnaissait Démocrite, se mêlent des mouvements libres, ou tout au moins spontanés. Une telle doctrine a de graves conséquences à la fois dans la physique et dans la morale : d'une part, la cause d*un phénomène n*esl peut-être pas unique, et on peut légitimement en concevoir plusieurs; d'autre part, la connaissance de Tavenir n'est jamais certaine absolument, et l'homme n*a pas à craindre une fatalité
1. Diog. La£rce, X, 97 : xoi\ y\ 6eia çyaiç «pb; taOra itYjSapiTj irpoaayéaBwt et 104 : (ji6vov & piOOoc aiclorci).
t. Diog. Laérce, X, 127 et 137; et surlout 153-1 S. Euai tur la Métnphytiquet t. U« p. 80.
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plas insupportable encore que le courroux des dieux^ parce qu*aucuue prière ne saurait la fléchira
§ in. — L'HOMMK.
i. SoB orlf^Be. — Lucrèce n a point recours à de nouveaux principes pour expliquer les plantes, les animaux et rhomme*. C*est la terre qui les a formés. Encore maintenant né voyons-nous pas des êtres animés sortir de son sein, lorsque la pluie et le soleil lui ont donné la chaleur et rhumidité convenable ? Autrefois, lorsque le monde était encore dans sa florissante jeunesse', ces conditions se trouvaient réalisées plus souvent qu*aujourd*iiui. La terre a donc produit toutes sortes d*étres vivants, non pas successive* ment, et par une transformation graduelle des espèces, comme pense le darwinisme moderne; mais une multitude de formes diverses semblent être apparues à la fois. A vrai dire, toutes n*étaient pas également viables, et beaucoup périrent en peu de temps. Celles que préservait leur force, leur agilité, leurru^e même, survivent seules aujourd'hui. Une sorte de sélection naturelle s*est ainsi opérée ; Lucrèce semble même avoir entrevu la lutte pour la vie, lorsqu'il montre comme une rivalité entre toutes les piaules, la victoire étant à celle qui croîtra le mieux et dépassera les autres^. Quelques espèces cependant qui n'auraient pu subsister, abandonnées à elles-mêmes, ont été confiées, pour ainsi dire, à la protection de Thomme, qui les nourrit et les conserve en échange de leurs services'.
1. Diog. Laêrce, X,, 41 : « Mieux vaudrait encore, dit Épicure, être asservi aux fables Tulgaires tar les dieax qu'à la fatalité des physicieus. Encore pcul-oo espérer de fléchir les dieux ; mais la nécessiié est inexorable. >