‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 77 sur 285 · Lucrèce, V · texte numérisé non relu

Lucrèce, V

Arboribnsque datum est variis exinde per auras Crescendi magnum immissis cerlamen liaboois.

t. Lucrèce, V, 85 i-8Cl.

84 FIIILOSOPIIES ANCIENS.

Toutefois n*allons pas croire que la nature puisse produire et faire durer ces mélanjj^es de formes, comme les Centaures, les Salyres, les Chimères, moitié hommes, moitié chevaux ou boucs, etc. L'imagination populaire s'effraye de tels monî>ties et les prenii pour des demi-dieux malfaisanis. Lucrèce combat cette croyance superstitieuse. 11 y a eu des monstres naturels, mais impuissants et destinés à périr, à cause de leur inoustruosilé même. Quant à ces divinités étranges, comme J^an, Polyphéme, et tant d'autres, elles sont impossibles. La nature ne saurait assembler dans un même élre plusieurs formes incompatibles, et surtout en faire un composé durable. « Kn effet, de tant d'herbes et de plantes que la terre produit encore en abondance, il ne résulte pas de productions complexes; chacune suit à part son développement propre; fidèles aux lois de la nature, elles maintiennent toutes leurs limites*. »

t. Écai primitif. — Lucrèce nous dépeint ensuite les connnenccments de notre race. Les hommes n'étaient pas des êtres privilégiés, et conmie les favoris des dieux. Ils menaient, en troupes, la vie errante des bêtes. Ils ne cultivaient point le soi, ignorant encore l'usage du fer; pour toute nourriture, ils avaient les fruits sauvages; pour toute boibson, l'eau des rivières. Point d'indusirie non plus chez eux, et, par suite, ni vêlements ni cabanes. Point de société véritable, ou d'association en vue de riulèrêl commun, chacun ne voulant employer sa force et vivre (|ue pour soi. Pas même de famille enfin, mais d«\s accouplements au hasard, comme chez lés animaux. iNéaniuoins les hommes primitifs ont pu vivre, et poul-êlre la mortalité n'était guère plus grande alors qu'au siècle où nous sommes. Ils avaient à craindre surtout les bêtes féroces; mais la chasse qu'ils leur donnaient n'était rien en comparaison de nos grandes

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