Lucrèce, V, 9>i U'OO
t' Lucrèce, ?, 1000-lChi7.
S. Lucrèce V, 10i7-i09a.
venue aux hommes, en voyant les fruits pendant l'été s'adoucir et se cuire par 1 effet de la chaleur *.
Ensuite, les hommes réunis en société ont eu besoin d'être gouvernés. Ils ont dû choisir comme chef le plus fort ou le plus beau, plus tard seulement le plus riche. De là, des ambitions et des luttes qui devinrent bientôt sanglantes. De là, le désir de substituer à la volonté d*un seul, souvent capricieuse et tyrannique, quelque chose de fixe, comme les lois. Celles-ci ne furent pas inventées tout d*abord, ni ap> portées aux hommes par une. divinité bienfaisante. Ces* seulement après avoir fait la dure expérience de la tyrofnnie et de Tanarchie que les hommes songèrent d'eux-mêmes à se concerter pour y mettre fm. Le règne de la force brutale précède et explique, par l'intérêt que tous eurent à le faire cesser, le règne du droit. Le fondement de celui-ci est donc l'utilité commune '.
Lucrèce explique enfin la religion. Son origine n'a rien non plus de merveilleux ni de surnaturel. L'imagination des premiers hommes crut voir dans la nature des fantômes, comme maintenant -encore chacun en voit dans ses rêves. En outre, on ignorait la cause des phénomènes célestes, et cette ignorance même les faisait rapporter à une action mystérieuse et toute-puissante. Encore maintenant, les esprits les plus libres de préjugés se laissent dominer par ces antiques croyances, lorsqu'ils contemplent le ciel. Quant aux esprits vulgaires, les orages, et surtout les tempêtes sur la mer, les tremblements de terre, voilà plus qu'il ne faut pour les frapper d'une terreur superstitieuse. Et ils espèrent flécliir par leurs prières les dieux qu'ils croient irrités Vain espoir ! la nature n'en poursuit pas moins son cours impitoyable *.
4. La elYili«acioi|. — Lucrèce a d'abord insisté sur ce qu'on peut appeler le progrès social. Il ne parle qu'ensuite d'un progrès dans l'industrie et la science. Certaines institutions, en effet, ont été nécessaires, comme le fonde-