IV. — MORALE ÉPICURIENNE
i. l<*Abseiiee de erainfe. — Examinons maintenant la morale d*Épicure. Quelle est, suivant lui, la règle de notre conduite? De même que la marque distinctive, xpni^otov, du vrai ou du faux se trouvait dans la sensation seulement, tt(<iOr,<rtc, celle du bien et du mal est tout entière dans l'affection qui en résulte, Tcdôo;. Celle-ci est agr«^able ou douloureuse ; elle fait naître dans le premier cas le désir, dans le second la crainte. Ce sont donc nos craintes et nos désirs qu*il faut savoir régler'.
Le sage n'aura plus, comme le vulgaire, la crainte des dieux. La mort ne devra pas l'effrayer davantage. Car nous la redoutons surtout parce qu'elle nous fait tomber, croyonsnous, entre leurs mains. Mais notre âme, composée d'atomes un peu plus subtils que ceux du corps, cesse d'exister, lorsque celui-ci se décompose; et il ne resie rien de nous qui ait encore quelque sentiment. Ainsi la mort ne nous regarde pas, à proprement parler: tant que nous sommes en vie, elle n'est point encore lA ; et lorsqu'enfin elle est venue, c'est nous qui ne sommes plus là pour la sentir '.