Diog. Laérce, X, 31 et 34 S. Diog. Lafirce, X, iU-l
S. Diog. Lafirce, X, 1S4-5-6 : Stav (liv t){X£î; <L{icv, à OàvaTo; ov naplaTtv,
t. liA prodence. — Toutes nos pensées doivent de ne se borner à la vie présente. Le moyen de la rendre heureuse est sans doute de satisfaire nos désirs. Mais la chose n*est possible que s*ils ne sont ni trop nombreux ni trop excessifs. A nous, par conséquent, de faire un choix entre ce qui rapporte un plaisir solide, même au prix de quelque peine, et ce qui, après quelques moments agréables, ne laisserait que de cuisantes douleurs. Le sage doit faire ce calcul, et sa première vertu sera la prudence, «p^vrivi^ <nifAuisTpv)<Ti;^
Reprenant certaines idées de Platon, Épicure distingue avec lui trois sortes de désirs : les uns qui sont naturels et nécessaires, comme celui de manger et de boire; d^autres, qui sont encore naturels, mais non plus nécessaires, comme celui d*une nourriture variée; les troisièmes, enfin, qui ne sont même plus naturels, comme le désir de la richesse, des honneurs, du pouvoir*. Ces derniers, avec les besoins factices qu'ils amènent, le sage doit de toutes façons en être exempt : ils rendent impossible le bonheur. Épicure est plus indulgent pour les seconds; encore ne les admet-il que rarement, comme par exception. On ne goûte réellement, dit-il, les plaisirs de la bonne chère, que lorsqu'on n*en a point rhabitude et qu*on peut s*en passer. Restent donc les désirs nécessaires, que la nature a mis en tout être vivant. Ce sont les seuls que nous permette Épicure, et lui-même, on le sait, ne demandait que du pain et de Teau pour vivre heureux'.
On conçoit qu*un bonheur, qui exige si peu de chose, reste à la portée de tout le monde. La mesure des biens est singulièremient facile h remplir pour chacun, et même à combler, dans ces conditions. « Pour qui gouverne sa vie d'après la vraie sagesse, dit Lucrèce, c'est une grande richesse que de savoir vivre content de peu. De ce peu, en effet, jamais il n'y a manque ou disette^ » Et encore : € Les