‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 85 sur 285 · Diog. Ladrct, 11, tiu · texte numérisé non relu

Diog. Ladrct, 11, tiu

ËPICURISME. 03

consister le bien et le mal dans le plaisir et la douleur. Il définissait le plaisir un mouvement doux, et la douleur un mouvement rude. Mais un mouvement est toujours quelque chose d*acluel et de présent. S'il en est ainsi, point de plaisirs passés ni futurs, ce seraient des mouvements qui ne sont pas encore ou qui ne sont plus. Point de bonheur non plus, ce serait une succession continuelle de plaisirs ; mais, parmi tant de mouvements qui se causent Tun Tautre, ce serait merveille si toute une vie ne se composait que de mouvements doux; il n*y faut point compter, à moins delà volonté expresse des dieux; mais ceux-ci n'interviennent pas dans le monde.

Aristippe eut des successeurs qui tirèrent hardiment les conséquences de ses principes. Les uns supprimèrent ces dieux inutiles, et enseignèrent, comme Tlièodore, l'athéisme. Les autres déclarèrent que, si le bonheur est impossible, ce n'est plus la peine de tant tenir à la vie, et prêchèrent ouvertement le suicide. Hégèsias reçut même le nom de ])récheur de la mort, nei<iiO«vaT&ç*.

11 semble qu'Epicure ait voulu éviter de tels excès. Pour lui, la vie est bonne, et les dieux existent certainement. Mais aussi Épicure n'admet point les définitions du plaisir et de la douleur que propose Aristippe. Certains plaisirs sont, en effet, des mouvements, mais d'autres sont plutôt un repos, ^5ov^ xatocmifiiaTix^. Ne pas souffrir est déjà un plaisir suffisant, et le seul, si l'on y prend garde, que la nature réclame. On ne pense expressément au plaisir que lorsqu'on souffre; quand on ne souffre pas, on n'y pense plus, parce qu'on le possède, sans doute, et qu'on se trouve à l'aise. Or cette absence de douleur est plus facile à réaliser que le plaisir en mouvement. Si donc elle doit être tout notre bonheur, celuici devient possible, et Épicure y croit ^ D'ailleurs il admet,

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