‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 89 sur 285 · lie nat. Deorum, liv. 11, c · texte numérisé non relu

lie nat. Deorum, liv. 11, c

grands désastres à leur patrie. Il n*oubHe pas les apparitions mer\'eilleuses, comme celle de Castor et de Pollux aux combattants du lac Régille. La seconde cause est que l'homme se trouve comblé de biens par la nature ; la troisième, que certains phénomènes météorologiques semblent manifester une puissance redoutable. Épicure attribuait surtout à la crainte nos premières croyances en des êtres surnaturels; les Stoïciens, sans méconnaître ce sentiment, y ajoutent celui de la reconnaissance pour les bienfaits reçus. Enfin, à ces motifs intéressés, Cléauthe en joint un quatrième, le plus fort de tous, dit-il, et certainement aussi le plus noble : la vue du ciel étoile au-dessus de nos tètes ^

Mais ces dieux dont nous avons Tidèe, existent certainement. Et Chrysippe le prouve ainsi : il y a des choses dans le monde que Thomme avec tout son art et toute sa science ne pourrait faire; donc l'auteur de ces choses est supérieur à Thomme, et c'est Dieu. Niez un moment son existence : l'homme serait donc, avec sa raison, l'être le plus parfait de l'univers, et le plus puissant. Qui oserait le soutenir? Zenon va plus loin : supposant dans la cause au moins autant de perfection que dans ses effets, il attribue la vie et le sentiment au monde, parce que quelques-unes de ses parties, les plantes et les aniniaux, vivent et sentent; il attribue au monde la raison, parce que les hommes sont raisonnables. C'est conclure, on le voit, de la partie au tout, comme des effets à la cause. D'ailleurs le monde est parfait dans son ensemble : donc la raison lui appartient, comme toute perfection •. ^

Les Stoïciens empruntent aussi des arguments à la physique. Elle nous apprend que la vie est due à la chaleur du corps; qu'une chaleur semblable, quoiqu'elle n'ait pas les mêmes effets, se trouve partout, dans la terre, qui fume lorsqu'on la retourne, dans l'eau, qui, faute de chaleur, se prendrait en glace, dans l'air même, puisque l'air vient de l'eau, comme on le voit quand on la fait bouillir, enfin dans ce quatrième élément, qui est tout feu de sa nature, Téther.

1. De nai, Deorum» U?. U, c. 8, et c. 2, 3 el 4. t. De mai, Dwrum, Ih. U, c. 6-9.

Donc le même principe matériel est cause de tout dans le Hionde, principe dirigeant, s'il en fut» qui circule dans toutes les parties et assure Tunité de Tensemble. Comment n*aurait-il pas pour cela sagesse et raison^?

Reprenant ensuite des idées de Platon et surtout d*Arislote, les Stoïciens pensaient qu*un premier mouvement, tout spontané, existe avant tous les autres; ils Tattribuaieut à ce feu universel. Par lui s*explique la croissance des plantes, les appétits des animaux, la volont<> de l'homme. Or il faut toujours considérer une chose dans la plus haute perfection qu'elle peut atteindre, les degrés inféneurs n étant que diminution, dégradation de la chose, ou plutôt amoindrissement et empêchement. Mais rien ne saui*ait faire obstacle au mouvement de Tunivers et empêcher celui-ci d'être tout ce qu'il peut? Il sera donc la raison dans sa plénitude. 11 ne faut pas, disait Chrysippe, considérer les petits des animaux, chevaux ou chiens, mais le père qui est tout formé ; il ne faut pas considérer un enfant, mais un homme (ait; de même, si l'on veut connaître ce qu'il y a de meilleur, qu'on le cherche dans la perfection absolue qui doit être le but et le terme auquel tend ce qui parait bon déjà en Thomme, c'est-à-dire la raison. Ainsi la cause finale sert, après la cause matérielle et la cause efficiente^ à prouver la divinité du monde*.

Cicèron parle ensuite de la divinité des astres; ce sont des êtres vivants, qui sentent et qui ont une intelligence. La régularité si parfaite de leurs mouvements ne paraissait pas au^L anciens pouvoir s*expliquer d'une autre sorte; et on a vu avec quelle insistance Épicure revenait toujours à cette question, s'efforçant d'ôter aux astres tout caractère divin*.

4. iVatnrc des dic«x^. — Cicéron a déjà laissé entrevoir la réponse à cette seconde question. 11 rappelle que notre idée de Dieu est celle d'un être vivant, le plus parfait de tous. Puis il cherche une réalité à laquelle convienne celte

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