De nat. Deorum, liv. U. c
S. De nat. Deorum, liv. l\, c. 52, § m-, c. 53, ft 133.
^ De nat. Deorum, liv. Il, e. 54-56.
i. De nat. Deorum, Uv. Il, c. 56-58.
finesse bien plus grande. Et laissant là le physique, Gicôron examine enfin le moral.
D*abord nous devons à notre vue et à notre ouïe de sentir et de goûter le beau dans les formes et les couleurs ou dans les sons. L* odorat môme est susceptible de plaisirs analogues. Mais ce n*est point tant un sens ou Tautre qui fait notre supériorité, que la raison. EtCicéron la célèbre dignement, comme le principe de tous les arts utiles ou agréables. Il ne sépare pas d*elle le langage, autre privilège de rhomme, et sans lequel n*eût été possible ni société ni civilisation. Aussi avec quel soin la nature n*a-t-elle pas disposé les organes de la voix dans le corps humain ^ !
Voilà l'homme bien muni et pourvu de tout par la Providence. Cicéron le montre ensuite à Tœuvre. Il agit d*abord sur tout ce qui Tentoure, et par son travail transforme véritablement la nature. Hais il n*eût rien pu faire sans la main. Cet organe était nécessaire aux inventions de Tintelligence et aux perceptions des sens. C'est lui qui nous permet de cultiver le sol, pour améliorer notre nourriture ; de dompter certains animaux, et de les dressera notre service; de forger le bronze et le fer, de construire des navires, et, sur terre, de régler le cours des eaux. La main n'cst-clle pas en toutes ces choses le digne instrument de l'inlelligence'?
Cicéron ajoute quelques mots sur la science, celle des astres surtout, qui fait pénétrer la raison humaine dans les profondeurs du ciel où elle ne manque pas de trouver Dieu. Une telle science mène donc naturellement à la piété*. — Telles sont, conclut Cicéron, les choses qui rendent Thomme supérieur aux animaux. Osera-t-on dire après cela que son esprit, pas plus que son corps, n'est l'œuvre de la Providence? Chez Épicure et Lucrèce, on voyait la science sans cesse aux prises avec la superstition ; chez les Stoïciens et Cicéron, on trouve une science non moins sûre et plus étendue qui sert de fondement solide à la religion