‹ Études sur les principaux philosophes, rédigées confermément aux programmes officials du 31 mai 1902, à l'usage de la classe de philosophie et des candidats au baccalauréatChapitre 95 sur 285 · I. IH nat. Ih9rumt llv. II, o. %L · texte numérisé non relu

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stoïcisme. 107

S. I«a FroTideiice dan* le* eboftei* hnmalneii '• — Déjà Cicéron, après avoir passé en revue les corps célestes, puis les plantes et les animaux, s'était demandé pour qui tout cet univers existe, et il avait répondu : pour Thomme '. Mais la réponse était prématurée, et il fallait savoir auparavant ce qu'était l'homme et s*il méritait réellement un tel honneur. C'est pourquoi Cicéron Va soumis, comme les autres êtres, à un long examen, dont TelTet a été de lui faire reconnaître en lui Tenfant privilégié de la nature. On comprend ensuite qu'elle ait tout fait pour Thomme. Ou plutôt les Sli îi:icns disent seulement que tout a été fait pour les êtres raisonnables, hommes et dieux. Ceux-ci forment ensemble une société, un État, dont le lien est la raison. Les astres avec leur cours si régulier n'existent que pour offrir un spectacle à notre admiration, et en même temps une matière digne d'exercer notre esprit. Les végétaux n'existent que pour les hommes, qui seuls sont capables de semer et récolter quand il faut. En général on peut dire qu'une chose n'est faite que pour ceux qui savent s'en servir, la flûte, par exemple, pour le musicien seulement. En vain on alléguera que les bêtes mangent aussi bien que l'homme telles et telles graines. Les rats peuvent manger un peu du blé que le cultivateur a mis dans son grenier : ce n'est pas pour eux, cependant, c'est pour sa femme et ses enfants qu'il a fait des provisions. Mais les animaux eux-mêmes, pour qui l'on prétend que certaines choses ont été faites, n'existent que pour l'homme. On ne le niera pas de la brebis, du cliien, du bœuf. Quant aux bêtes féroces, elles servent en même temps à notre nourriture et à l'exercice de la chasse, qui est l'iniajre de la guerre*. Biais la meilleure preuve que la Providence s'occupe de l'homme, c'est encore la divination. En finissant, Cicéron insiste sur cette faveur des dieux, comme il avait fait en commençant. Que de dangers les avertissements des devins n'out-ils pas écartés de nous, que d'avantages ne nous ont-

1. D€ nai. Deorum, liv. Il, c. 61. fi 151 à la An. t. De naL Deorum, liv. II, c. 55, i 133. S. J)€ mil. Ihorum, Uv. II, c. 92-«tt.

ils pas procurésM Bien plus, les dieux ont, sur la terre, des endroits de prMileclion comme Rhodes, Sparte, Athènes, et Rome surtout. Us se plaisent à y susciter des hommes providentiels, comme ont élé tous les grands capitaines de la république : Curius, Fabricius, dans la guerre contre Pyrrhlis, et tant d'autres, dans les guerres puniques. Il n'y a point de grand homme, dit Cicéron, sans un souflle divin; et à ces mortels chéris des dieux, comme l'avait dit Socrale, les choses ne manquent jamais de réussir *.

Tel est le second livre du De natura Deorum. Les deux dernières parties, on le voit, sont étroitement liées ensemble. Socrate avait dit déjà que tout, dans le monde, a élé fait pour rhomme, et Cicéron connaissait bien les Mémorables de Xénophon. Aristote avait montré d'autre part que chaque être, animal ou plante, était fait pour soi d'abord, c'est-à-dire pour se conserver et aussi son espèce; tout en lui, organes et appétits, avait pour but cette double conservation. Les Stoïciens reconnurent celte finalité interne , comme on dira plus tard, ou bornée à l'individu, et en firent le fondement de la finalité externe, qui n'est que l'utilité d'un être pour un autre. Les dieux ont fait les corps célestes et tous les êtres organisés : l'ordre et l'artifice qui s'y révèlent le prouvent surabondamment. Les dieux ont fait l'homme, esprit et corps*: la preuve n'en est pas moins certaine*. Quoi d'éton-

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