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maîtresse en litre et qu'il existait dans chaque diocèse une taxe que les prêtres avaient à payer pour cela. L'on assure que plusieurs évéques en tiraient un revenu de quatre mille écus (45). L'on a conservé le nom de plusieurs curés qui habitaient leur maison curiale avec leur famille : ceux-là étaient lés meilleurs. On lit dans les constitutions de Téglise de Constance, rédigées en 1499, un décret sur les enfants des prêtres : ce décret interdit seulement de les faire succéder à leur père (44). Réclamer le mariage des prêtres, c'était donc substituer lasaînteté d'un lien perpétuel, d'une foi réciproque, à Fimmoralité de ces unions passagères. C'était relever la première et la plus sacrée des institutions sociales, le mariage, de cette sorte de dégradation que lui infligeait une doctrine contre nature : au lieu de ces femmes perdues, de ces enfants abandonnés,
— 28U — c'était entourer le prêtre du lien le plus solide de la moralité humaine ; une famille.
Nous verrons bieolôtZwlagli s'élever à ces pensées. Mais à ce moment, il n'avait pas encore le courage nécessaire pour une telle résolution. Trop faible pour résister aux feotatioQ d'une nature impétueuse, il n'avait pas encore l'audace de briser une loi injuste et absurde, a Que ceux qui n'ont jamais pécbé lui jettent la première pierre ! » Cependant il ne faut rien dissimuler. On l'accusait (à tort) d'avoir séduit une vierge. 11 se justifie pleinement de ce qu'il y avait de plus grave dans cette accusation ; mais sa défense n'en est pas moins douloureuse à lire par je ne sais quel ton d'hypocrisie sacerdotale (45). J'aime à croire que cette lettre a pesé sur sa conscii'nc?, quand son âme se fut élevée dans le sentiment de sa force et de son droit, et l'in-
domptable énergie, la noble franchise avec laquelle il réclama plus tard le mariage des prêtres , furent peut-être à ses propres yeux, comme elles le sont pour nous, Texpiation de sa faute.
Je n'ai pas voulu taire cette circonstance; je ne Fai pas dû. Elle me parait importante pour caractériser Zi^ingli. La biographie des grands hommes serait d'un médiocre exemple si elle n'enseignait pas qu'un travail i..';ilble de l'âme sur elle-même, les a seul fait triompher des infirmités de nature ou des vices d'éducation.