Détail de la France sous Louis XIF
s’est accrue, et, dans l'intervalle d’un demi-siècle: on l’a vue s'élever de trente-cinq à quarante ans. On peut ajouter à ces divers indices le succès des caisses d'épargne et les réserves considérables qu’elles assurent désormais à l’ouvrier. Plus on ira, plus la situation de cette intéressante classe se dépouillera de ce qu’elle peut avoir de précaire. Avec l’aisance viendront la dignité, l'esprit d’ordre et de conduite, la tempérance, la régularité des mœurs. Le bien engendre le bien, comme le mal engendre le mal. Déjà cette amélioration graduelle serait plus sensible et plus manifeste si, dans la voie du bien-être, les besoins ne s’accroissaient pas toujours en raison des jouissances, et si toute satisfaction n'était pas immédiatement suivie d’un désir rouveau. Que d'objets, autrefois de luxe, sont devenus pour l’ouvrier des objets de première nécessité ; que de raffinements auxquels jamais il n'aurait cru atteindre et qui sont aujourd’hui à sa portée ! Cependant cela ne suffit pas, car il est dans le caractère de l’homme de prétendre toujours à plus qu'il ne possède. De là cette plainte éternelle qui ne cessera qu'avec l'humanité, et qui est aussi vieille que le monde.
* Sous bien des rapports les sociétés antérieures étaient donc en arrière de la société actuelle; c’est un fait désormais hors de doute. Il y a eu dans le cours des siècles une suite d’acquisitions lentes qui composent le lot de notre temps. Les civilisations se forment comme les terrains d’alluvion : chaque âge y contribue et laisse plus qu’il n’a reçu. L'homme s’est ainsi ennobli de deux manières, moralement par une éduca-
LA SOCIÉTÉ ET LE SOCIALISME. 45 tion chaque jour plus répandue, matériellement par un bien-être qui sans cesse tend à s’accroiître. Le pouvoir, concentré d’abord dans quelques mains, s’est disséminé de manière à intéresser la classe moyenne admise à en régler l'exercice. Évidemment ce sont là des progrès, et, à ce spectacle, toute imputation de décadence tombe d'elle-même.
Le rôle du passé étant ainsi déterminé, il ne reste plus qu’à compter avec l’époque actuelle, En le faisant, il importe de se séparer de l’école de l’exagération et de s’étudier à en éviter les données et le langage. Quand on traite de semblables matières, on ne saurait y apporter ni trop de sagesse ni trop de sangfroid. La défense des classes laborieuses ne peut pas, ne doit pas être délaissée, quoique des amis dangereux l’aient singulièrement compromise. Seulement il devient essentiel de faire des réserves très-explicites et d’assigner à ces questions des limites raisonnables. Aussi ne sera-t-il fait ici aucune concession ni à l’utopie, ni au roman, ni même à la statistique : les améliorations lointaines font toujours du tort aux améliorations prochaines, et il y a du bénéfice à se tenir en garde contre des chimères. Cette réserve exprimée, on peut se demander où en est notre siècle, pour ces trois plaies sociales, le vice, le crime et la misère, qui rongent surtout les couches inférieures de la société ? Est-il quelques mesures immédiates à prendre, quelques topiques certains que l’on puisse appliquer à de tels maux? Ce sont là des questions dignes de quelque intérêt.
Quand on parle du vice, la prostitution se présente
en première ligne : c’est de toutes les plaies sociales, celle qui affecte le plus douloureusement la pensée et qui porte aux mœurs l'atteinte la plus profonde. Un écrivain ‘ a rendu au public le triste service de l’initier aux mystères etaux souffrances de cette vie d’abjection. Les détails de cette déplorable statistique sont connus, trop connus peut-être. Une seule chose peut consoler d’un aussi affligeant tableau, c’est que la société ne pousse personne dans ce monde de la dépravation. Les chutes y sont, à peu d’exceptions près, volontaires; elles ne doivent être imputées qu'aux mauvais penchants de la victime ou aux séductions de ces odieuses créatures qui spéculent sur le déshonneur. Peut-être cette question de la prostitution n’a-telle jamais été envisagée avec assez de rigueur, On admet trop facilement que c’est un fléau nécessaire, et que le seul devoir de l’autorité est d’en régler pour ainsi dire l'exercice. On la montre comme régnant sur toute la surface du globe, à l’ombre d’une tolérance universelle, Lutter contre elle semble une entreprise pleine de dangers; on aime mieux lui donner une organisation savante, la cantonner, faire des sacrifices réguliers à ce minotaure. Ce système, que l'on croit inattaquable, est précisément ce qui préterait le plus à une discussion. Il n'est pas vrai d’abord que la prostitution soit partout tolérée et aulorisée ; elle ne l’est pas dans les pays musulmans ni dans plusieurs villes de la Suisse, où aucun inconvé-
À. De la Prostitution dans la ville de Paris, par M. Parent-Duchâtelet.
s LA SOCIÉTÉ ET LE SOCIALISME. 17 nient ne résulte de cet état de choses. Sans doute il est difficile de combattre le concubinage et les liaisons irrégulières, mais si l’action publique est impuissante pour la répression des vices, si elle ne peut imposer aux citoyens ni la continence, ni la réserve, elle n'est pas tenue à organiser le déréglement et à donner des garanties au désordre.
Le régime suivi actuellement a un autre écueil bien plus grave, c’est d'autoriser l’exploitation en matière de débauche. La police accorde, en effet, une sorte de sanction à ce trafic abject qui se pratique dans les maisons de tolérance. Elle les classe et les patente, elle leur reconnaît une vie presque légale, Quoi de plus dangereux, et quelle prime donnée au pervertissement ! Ce sont là autant de foyers de séduction que l’on crée, autant d’écoles d’infamie. L’établissement une fois fondé, il faut qu’il marche, qu’il se recrute, et nul moyen ne répugne aux créatures qui président à ces spéculations. Liées par un contrat léonin, les victimes se débattent en vain sous celte horrible étreinte ; elles doivent tout à l’entreprise, leur santé, leur pudeur, leur temps; l’entreprise ne leur doit que le vêtement et la nourriture. Contrat odieux! et la police lüi donne une sorte de valeur en brevetant l'exploitation. Vraiment, c'est trop de condescendance. Que la prostitution directe soit soufferte, puisqu'on ne peut l'empêcher, et que les natures vicieuses disposent d’elles-mêmes, mais qu'on abolisse la prostitution indirecte, la prosütution en commandite, collective et enrégimentée, On dira que l'usage a consacré cet abus, mais l’u-
sage maintenait aussi les jeux publics, et pourtant ils ont disparu sans inconvénient réel et au grand avantage de la moralité publique. Dans l’un et l’autre cas, l’objection la plus sérieuse a été la crainte de sortir de la notoriété pour entrer dans la clandestinité, et de voir des maisons dangereuses et ignorées de la police remplacer des maisons assujetties à une surveillance assidue. Quant au jeu, l'expérience a prouvé que cette appréhension est chimérique : pourquoi n'en serait-il pas de même pour la prostitution? D'ailleurs, c’est là un risque que l’on peut courir en tout état de cause : quand le vice aurait moins de sécurité, la morale n’y perdrait rien.
Si de la région du vice on passe dans celle du crime, on y rencontre cette lie sociale, déshonneur de la civilisation et fléau des grandes villes! Au premier rang figure la série innombrable des escrocs et des filous, déprédateurs redoutables et tacticiens consommés ; puis vient la classe qui ne se fie pas seulement à l’adresse pour la perpétration du vol, et qui va jusqu'à l’effusion du sang. Les forçats et les réclusionnaires libérés sont presque toujours les auteurs de ces meurtres qui ne s’exécutent pas isolément, mais er participation, pour ainsi dire. Chaque bande a un chef, des éclaireurs, des recéleurs, enfin toute une organisation mystérieuse et une hiérarchie régulière. Le partage du butin se fait avec une conscience qui étonne de la part de pareilles gens. Des cafés, des magasins de vins, des cabarets, connus de
{. Des classes dangereuses de la société, par M. Frégrer.
LA SOCGIÈTÉ ET LE SOCIALISME. 19 la police et objets d’une surveillance particulière, sont des points où ces malfaiteurs se donnent rendez-vous pour préparer leurs attentats. Un vol est considéré comme une affaire que l’on propose, que l’on négocie, et dans laquelle une prime est réservée à celui qui en fournit l’idée et le plan. Une fois en campagne, la bande prend des dispositions pour déjouer les embüches qu’on pourrait lui tendre et se mettre à abri des surprises. Chacun a un poste assigné, une fonction, une consigne, et en cas d’alerte, la troupe entière se réunit pour opposer plus de résistance ou se retirer en meilleur ordre. Ce sont de véritables campagnes entreprises contre la société, et dans lesquelles la stratégie et la tactique jouent un rôle essentiel. L'art du vol a, comme l’art de la guerre, de oran(ds capitaines et des généraux illustres. C’est ordinairement la voix du bagne qui confère ces hauts grades, et cette investiture est rarement méconnue au dehors.
Dans cette organisation savante du crime, il y a quelque chose qui étonne, c’est qu’on ne puisse pas prévenir des actes préparés dans des lieux publics et d’une manière aussi peù mystérieuse, Latéralement à ces bandes de malfaiteurs , la police entretient, avec une judicieuse vigilance, des brigades de surveillants qui, au moyen de certaines affinités et de la connaissance de l’argot en usage parmi les criminels, peuvent suivre jour par jour, presque heure par heure, les habitudes, les moyens d’existence, les projets, les démarches de cette population dépravée. Depuis le garni infect dans lequel il s’abrite le soir, jusqu’à la
taverne qu'il fréquente, on peut épier le libéré, observer quelles relations il entretient, deviner quels desseins il nourrit. Quand un attentat se commet, il est rare que la police ne mette pas sur-le-champ la main sur les coupables. Des indices certains la guident, et elle agit. Rien de mieux que cette rapidité dans la répression; c’est déjà une garantie précieuse pour la sécurité publique. Mais serait-il impossible d'obtenir plus souvent ce résultat par des mesures préventives, et d'empêcher l'exécution du crime en intervenant à propos? Si la loi n'autorise pas l’arbitraire, même vis-à-vis des hommes qui conspirent contre la société, la police, sans sortir du cercle légal, a néanmoins des moyens d’action sur les chefs de bande, sur les malfaiteurs les plus audacieux. Ils sont, en leur qualité de libérés, soumis aux servitudes de la surveillance, et comme tels ils peuvent être exilés des résidences où ils deviennent trop dangereux. Peut-être serait-il convenable aussi d'emprunter à la police de Londres quelques détails d’organisation d’une efficacité éprouvée. Les combinaisons y sont en général prises dans le sens préventif; on y voit l'intention arrêtée d’apporter des obstacles aux délits et aux crimes. Il est vrai que, chez nos voisins, ce service est établi sur la plus grande échelle, et qu’il emploie un personnel imposant; mais, pour tout ce qui touche à la sécurité et à la moralité publiques, il faut savoir se défendre de mesures incomplètes et d'économies mal entendues f.
1, Cette réforme a été en partie réalisée par une notable augmentation du personnel de la surveillance.
LA SUCIÈTÉ ET LE SOCIALISME. 2 Nul argent ne saurait être mieux placé que celui-là, et ce que l’on ajoute à la surveillance est autant d'épargné au budget des prisons et aux allocations pénitentiaires.
C’est vers ce dernier point que l'on doit surtout appeler l'esprit de réforme. Depuis que le régime des bagnes et des maisons de détention a été amélioré, ce séjour n’inspire plus au malfaiteur ni répugnance, ni crainte. L’emprisonnement a perdu tout caractère d’intimidation : on le considère comme une halte dans le crime. Dans cette enceinte où fermentent tant d’immoralités, s’ourdissent des complots qui éclateront à l’expiration de la peine, On y aiguise le poignard qui accomplira un nouveau meurtre, on y tient école des moyens d’effraction et d'escalade qui accompaeneront les attentats contre les propriétés et contre les personnes. Là se forment ces bandes qui deviennent si redoutables au dehors, ces associations qui constituent une sorte de compagnonage pour l’assassinat et le vol, Isolées, ces natures seraient dangereuses, et l’on ne craint pas de doubler, en les mettant en contact, leur puissance pour le mal. Ces êtres dépravés ressemblaient à des tirailieurs épars: en les renfermant ensemble, on en fait une armée compacte et disciplinée. Évidemment c'est dans ce système que la criminalité actuelle puise sa principale énergie. Dès qu'un homme à passé dans une maison de détention, sous les yeux et dans la sphère d'influence des meneurs de la phalange pénitentiaire, il est désormais acquis à une conjuration éternelle contre l’ordre légal; il rompt avec la société pour entrer dans un monde à
part et s’y élever, d’échelon en échelon, jusqu’à l’échafaud. Aïnsi, une première faute devient irréparable, et l’abîme appelle l’abime. Ce malheureux, une fois entré dans un milieu corrompu, n'aura plus ni la vertu ni la force d'en conjurer les atteintes; la contagion le gagnera, il oubliera ses habitudes pour prendre celles des détenus, il s’initiera aux beautés de l’argot à l'usage des malfaiteurs ; il entendra chaque jour les récits édifiants des héros du crime ; il saura comment ils conduisent leurs opérations, quelles ruses ils emploient pour déjouer la surveillance, quels complices ils rencontrent, quels lieux ils fréquentent. Triste, mais inévitable éducation contre laquelle peu de condamnés savent se défenüre, et dont les résultats se manifestent clairement dans les tableaux des récidives?
À cette situation fâcheuse il n’est qu'un seul remède, c’est l'isolement, On a, dans ces derniers temps, compromis cette mesure par des applications politiques. C’est une faute; il fallait conserver à l’emprisonnement solitaire le caractère qui lui appartient, et en faire exclusivement une arme contre les malfaiteurs. De l'avis des esprits les plus éclairés et des observateurs les plus réfléchis !, nul moyen n'est plus efficace pour nettoyer les étables du crime. La déten-
À. Du Système pénitentiaire aux États-Unis, par MM. A. de Tocqueville et G. de Beaumont. Quelques essais d'emprisonnement cellulaire ont eu lieu et malheureusement ont été abandonnés. On a cédé sur ce point à des préventions plutôt qu’à des opinions réfléchies. L’accroissement des récidives n’a fait que continuer et prendre des proportions alarmantes. La transportation même n’a pas suffi pour modifier sensiblement ces résultats (186%).
tion, comme on l'entend, comme on la pratique aujourd’hui, est un complot incessant contre la société. Elle engendre plus d’attentats qu’elle n'en punit, et ressemble moins à une expiation qu'à une menace. Tant que les détenus auront entre eux des communications quotidiennes, il en sera ainsi. $e voir et se parler, pour des criminels, c’est conspirer, c'est s'affermir dans la dépravation. La prison renvoie toujours un homme plus vicieux qu'elle ne l’a recu; les plus mauvaises natures y donnent le ton et s’y exaltent par je frottement. Il faut donc séparer, isoler les détenus; tout l'indique. C’est le seul moyen de dissoudre les associations souterraines, de faire tomber en désuétude la langue des bagnes et des maisons centrales. Entre des hommes qui ne se seront jamais aperçus, point de conjuration possible, point de pacte secret. Le libéré ne trouvera plus, en quittant la chiourme, des complices pour persévérer dans le mal, des railleurs pour le détourner du bien : il sera livré à ses instincts et à ses penchants. La réclusion cellulaire, la séparation rigoureuse des détenus, auront seules la vertu d'opérer cette dispersion de l’élément pénitentiaire que chaque jour la prison et le bagne versent dans la société. Vainement essaye-t-on d’y substituer des combinaisons ingénieuses qui laissent subsister, pour les hôtes de la même maison de détention, la complicité de la vue, du geste et de la parole !. Pour être efficace, l'isolement doit être complet et le séquestre absolu. Mettre les détenus en présence dans
1. Théorie de l'emprisonnement, par M, Charles Lucas, inspecteur é héral des prisons du royaume,
les ateliers, et leur imposer la loi du silence, a le double inconvénient de créer une contrainte odieuse et illusoire, et de maintenir tous les mauvais effets des communications actuelles. Si l’on veut sérieusement changer de regime, il convient d’écarter tousles malentendus et les fictions.
Divers reproches ont élé faits à la mesure de l’isolement systématique. Cette peine est, dit-on, un épouvantail pour le criminel : elle jette dans un sombre abattement les hommes qui supportaient avec le plus d’insouciance les fatigues des bagnes et les travaux des maisons centrales. Ils ont peur du silence et de l'oubli, ils ne peuvent s’habituer à la perspective de cette tombe anticipée. Jusqu'ici l'objection n’est pas sérieuse, elle prouve seulement que la peine a uue sanction, qu’elle inspire une terreur salutaire. L’emprisonnement en commun n'intimidait pas, l’emprisonnement solitaire intimide, c’estle plus bel éloge que l’on puisse faire de ce dernier moyen de répression, et, dans la bouche des intéressés, cet éloge a plus de valeur encore. Il est vrai qu’on accuse en outre l'isolement d'exercer une action funeste sur la santé et sur la raison des détenus, d'accroître la moyenne de la mortalité pénitentiaire, et surtout d’engendrer de nombreux cas de folie et d’hébétement. À l'appui de ce grief, la statistique expose des calculs victorieux que détruisent les calculs non moins concluants de la slalistique opposée. Cette science est coutumière de ces luttes : il faut s’en servir avec prudence, comme d'une arme à deux tranchants. En admeltant même comme vrai un fait suspeël,
LA SOCIÉTÉ ET LE SOCIALISME. 2; quand il serait aussi prouvé qu'il l’est peu que la vie cellulaire est moins favorable au condamné que la vie en commun, il conviendrait encore de «mettre en balance d’un côté l’intérêt social tout entier, de l’autre les chances de longévité du rebut de la population. Que tout homme ait droit à la compassion de ses semblables, rien de mieux; mais pour être judicieuse, cette compassion ne doit pas sacrifier le grand nombre au petit, la règle à l'exception. Le premier devoir et le premier soin de toute sociélé sont de s’épurer et de laisser aux générations qui arrivent de meilleurs éléments que ceux qu'elle a reçus des générations antérieures. C’est pour cela que le châtiment a été institué, non comme une dérision, mais en vue d’intimider et de punir.
Quand on envisage l’ensemble des souffrances humaines, on ne s'explique pas ces sollicitudes excessives pour les classes qui en sont le moins dignes. En fait de sacrifices, la société en supporte de bien plus regrettables et douloureux que ceux d’une mortalité plus grande parmi les voleurs et les assassins. Pour l'honneur du drapeau, nos soldats campent dans les marais pestilentiels de l'Afrique, et la fièvre éclaircit leurs rangs plus que la balle des Arabes. Sous nos yeux, la partie laborieuse de la population habite tantôt des logements sans air ni soleil, tantôt des ateliers insalubres : à un salaire à peine suffisant s’ajoutent pour elle la perspective d’une suspension de travail et les charges de la vie de famille. Parmi ces ouvriers, il en est qui sont voués à des métiers notoirement dangereux, comme les plombiers et les verriers, et