RAPPORT DE M. VILLEMAIN
fectionnement social n'empêche pas le nouvel observateur de juger sévèrement ce qu’il y avait de vain et de coupable dans des théories plus récentes.
Il est des illusions paisibles qui charmaient quel ques imaginations, sans agiter le monde, il en est de ménaçantes qui ne tromperaient aujourd'hui la société que pour la corrompre, la posséder violemment et la détruire. C’est là ce que l'historien des nouveaux réformateurs a voulu combattre, sans prévention injuste, sans animosité personnelle, mais avec une logique inexorable pour les faux principes. Ce qu’il repousse, ce qu’il attaque comme une stérile et dangereuse chimère, c’est l'excès d'indépendance dans l’ordre moral, l'excès d'égalité dans l’ordre civil : il montre qu'à ce prix ni la famille ni l'État n’existeraient, et que les tentatives pour y substituer la communauté sans abnégation religieuse, et dans la seule vue de l'intérêt personnel, sont contradictoires avec elles-mêmes, et n’aboutissent qu’au désordre et au néant.
C'est dans l'ouvrage de M. Reybaud qu'on trouvera l'histoire impartiale et piquante de ces plans de société et de religion nouvelle que nous avons vus passer près de nous, comme un spectacle; c'est aussi là qu'il faut lire la vie plus sérieuse d’un réformateur étranger, auquel n'a manqué ni la force d'esprit, ni la ténacité d'espérance, ni la foi en lui-même, et qui, depuis longues années, multiplie dans l’ancien et dans le nouveau monde ses efforts toujours impuissants pour établir une éducation sans culte, une société sans famille et sans propriété, un peuple sans gouvernement. L'orgueil, un orgueil illimité, est le droi divin de ces nou-