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ou pittoresque ne se mêlait au travail toujours spontané de son cerveau; et quand, par hasard, il rencontrait dans un livre quelques passages qui s'accordaient avec ses propres vues et relevaient de son système d'investigation, il poussait un cri de surprise comme un homme qui découvre un diamant parmi des rubis. Au nombre des spécimens de composition latine que renferment ses mémoires, il est une pièce surtout qui prouve à quel point, chez Bentham, le fond dominait la forme, et combien l'enseignement classique avait glissé sur son esprit. C'est une lettre écrite à un Allemand sur une question d'économie sociale : elle est en latin, et Bentham adopta sans doute cette langue pour se faire mieux comprendre de cet étranger. Or ce latin est tout simplement de l'anglais latinisé, et de l'anglais de Bentham, lequel a aussi une couleur particulière. Ainsi, sous l'enveloppe de cette langue morte on pouvait reconnaître à la fois l'idiome et le style de l'auteur. C'est là, du reste, le cachet de tous les hommes véritablement originaux.
Le père de Bentham, membre de la compagnie des notaires de Londres, était un homme actif, ambitieux, remuant, doué de l'activité et de l'intelligence nécessaires pour arriver à la fortune et s'élever aux honneurs. Son âme s'épanouissait d'orgueil aux succès précoces de ses deux fils, Jérémie et Samuel. Samuel Bentham, moins connu que son frère, mais qui jouit parmi les savants d'une réputation méritée, était un sujet d'élite dont un père pouvait à bon droit être fier. Il partageait avec Jérémie ce don d'originalité qui est l'apanage du génie. Doué d'une activité inquiète, il
usa sa vie en inventions et en projets dont l'Angleterre recueillit les fruits par la création des docks de Portsmouth, tandis que Samuel y compromettait sa position et y engloutissait sa fortune. Cependant, malgré des titres pareils, Bentham le père comptait beaucoup plus sur Jérémie pour fonder l'honneur et la richesse de sa maison. Il récapitulait les victoires du jeune homme dans le cours d'une éducation brillante, et ne doutait pas que cette 'supériorité ne se maintînt dans les carrières sociales. Mais, dans ces rêves d'ambition, le vieux notaire eut la main malheureuse. Il envisagea le barreau comme le marchepied le plus direct pour l'élévation de son fils aîné, et la profession la plus compatible avec la nature de son talent. Dans es choix, il se détermina moins par le goût du jeune homme que par des impressions et des influences personnelles. Aussi quel ne fut pas son désappointement quand il s'aperçut que Jérémie ne montrait que de la répugnance pour des fonctions antipathiques à ses goûts et à ses doctrines ! Dès l'abord, cet esprit philosophique s'était mis en révolte ouverte avec les lois écrites, et, loin de vouloir en soutenir l'application, il n'aspirait qu'à en combattre le principe. De là cette incompatibilité qui se déclara dès le jour du début du jeune avocat, et ne cessa que lorsqu'il eut quitté la robe. Le vieux Bentham vit bientôt qu'il s'était trompé. Il avait épousé en secondes noces madame Abbott, mère de Charles Abbott, depuis lord Colchester. Jérémie et Charles débutèrent au barreau presque qb même temps, et le père suivait avec le plus grand intérêt cette rivalité de famille. Ses vœux inclinaient natu-
Tellement pour l'enfant de son sang, et prévenu comme il l'était en faveur de Jérémie, il ne concevait pas le moindre doute sur l'issue de la lutte. Cependant les illusions paternelles durent céder à l'évidence. Charles Abbott marchait dans la carrière d'un pas ferme et heureux, signalant chacun de ses essais par un triomphe, pendant que Jérémie, sur qui reposaient lant d'espérances ; Jérémie, qui devait être la gloire du barreau ou de la magistrature, conquérir les sièges les plus élevés des cours de justice, et arriver même jusqu'aux sceaux de l'État, loin de justifier ce favorable augure ; ce Jérémie, l'orgueil des siens, perdait chaque jour du terrain, et, désertant la jurisprudence, inclinait involontairement vers l'improductive étude de la philosophie. Tel était l'affligeant spectacle qui s'offrait aux yeux du vieux notaire ; son fils résistait à la vocation, il fuyait les grandes destinées qu'un père prévoyant lui avait préparées.
Cet incident pesa d'une manière assez lourde sur la première période de la vie de Bentham. Sa position domestique devenait embarrassante ; il s'y sentait mal à l'aise : doué d'un bon naturel, il souffrait de la peine des autres, et supportait avec quelque impatience l'idée de n'avoir pas tenu ce qu'on attendait de lui. Peutêtre aussi était-il alors en proie à un combat intérieur et à ces hésitations qui ébranlent les âmes les plus fermes. Il entrevoyait un but digne de ses efforts ; mais n'était-ce pas seulement un appel de la vanité et un piège de la conscience? Le dessein était vaste en effet, l'entreprise pleine de grandeur et de périls. Pauvre et obscur, il s'agissait de s'élever, avec les
seules ressources de l'esprit, vers une philosophie morale et politique qui fût le fruit de la réflexion et non de l'habitude, science à naître encore et qui ne pouvait se fonder que sur la ruine de beaucoup de passions et de préjugés. Jusqu'alors l'observation froide, l'induction rigoureuse n'avaient pas été appliquées à ce genre d'études livré à une sorte d'empirisme. Machiavel et Blackstone y régnaient sans partage, et il y avait quelque témérité à vouloir renverser l'édifice construit par de telles mains. Aujourd'hui que les matières politiques ont été approfondies dans tous les sens et par toutes les méthodes, ce projet n'a rien qui étonne; mais quand on se reporte à l'époque où il fut conçu, on reconnaît ce qu'il fallut de courage pour envisager cette lâche. Personne alors n'écrivait sur la politique, si ce n'est dans un intérêt de parti. La science de la législation en était au même point que la méthode de l'observation expérimentale avant Bacon. Si Galilée vivait dans un temps où l'inquisition punissait Le génie qui dérobait à l'univers le secret de ses mystérieuses lois, Bentham vivait à une époque où la liberté de la pensée n'existait en matière politique que sous la double menace d'une pénalité rigoureuse et d'une sorte de réprobation sociale. On ne comprenait pas l'étude de la politique pour elle-même, en vue de la justice et de la raison. La tactique régnait partout ; la conscience n'était nulle part. Les traditions de Walpole avaient contribué à jeter un nuage sur les questions de cet ordre, et le mot de politique semblait avoir perdu toute valeur, hors des manœuvres parlementaires et ministérielles, Voilà dans quelle situation
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se trouvait cette science quand Ben tham résolut d'y porter le flambeau. Le premier résultat de ce dessein fut le Fragment sur le gouvernement, dans lequel les sophismes de Blackstone furent démasqués avec une vigueur peu commune et un mérite de forme assez rare. C'est en effet à ces premiers travaux de Bentham qu'il faut recourir quand on veut le juger comme écrivain. On y trouve une langue aussi élégante qu'expressive , et la simplicité unie à la distinction. Le philosophe était fort inégal dans son style, qu'il regardait comme un objet secondaire; mais, toutes les fois qu'il a voulu donner quelque soin à cette partie de sa composition, elle a acquis, sous sa main, une valeur et des qualités très-recommandables.
Bentham avait l'habitude de consigner sur un registre particulier ses pensées fugitives à mesure qu'elles se présentaient à lui. En se reportant à la date de 1772 à 1775, voici ce que l'on trouve sur ce mémorandum. Il n'est pas sans intérêt de fixer ici, par quelques citations, les dispositions d'esprit du jeune philosophe, et le travail intérieur auquel il était livré :
Abus et usage.
« L'abus d'une chose est tout autant l'effet de la possession que l'usage d'une chose. Quand un objet a divers emplois, les uns bons, les autres mauvais, ce n'est pas en donnant à ces derniers le nom d'abus qu'on parviendra à invalider le droit d'y recourir. L'abus est un mauvais moyen ; mais c'est un moven
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légitime, aussi légitime que l'usage. Quel que soit l'objet, l'abus est la conséquence forcée de l'usage; quel que soit l'objet, il faut tenir compte des effets mauvais ou bons, sans attribuer à ces derniers plus de valeur intrinsèque qu'aux autres. Le vrai mérite du penseur est de ne pas laisser fléchir son opinion sur ce point ; mais s'il y a une distinction à faire dans ces deux droits, c'est principalement la nécessité de mettre en relief celui que l'on peut le plus facilement méconnaître.
» Il ne faut pas juger une institution sur les abus qu'elle entraine, caries abus comme les bienfaits d'une institution en font partie intégrante et servent à en fixer le véritable caractère. »
Préjugés en faveur de Vâfitiquûé.
« Il est à remarquer qne les personnes les plus disposées à exalter la sagesse des anciens au préjudice de la sagesse des modernes, sont aussi celles qui proclament le plus haut la supériorité des hommes âgés sur les jeunes hommes. Ce qui semble, en ceci, les influencer, c'est une confusion de mots ; car, s'il est des motifs qui peuvent être invoqués pour prouver la prééminence des vieillards sur les adolescents, ces mêmes motifs militent pour la prééminence des temps modernes sur les temps anciens. Ces motifs ont même, dans ce dernier cas, une valeur plus giande; car la décrépitude, appliquée aux personnes, csi réelle; appliquée au temps, clic est imaginaire. L'homme, tout en acquérant de l'expérience, perd
souvent les facultés qui en doublent le prix et lui donnent une sanction. Il n'en est pas de même du temps : la somme de sagesse acquise par les siècles est un legs qu'une génération valide transmet à une autre génération valide, tandis que la somme de connaissances qu'une période de la vie humaine transmet à une autre période éprouve à la longue un affaiblissement et des déchets notables par suite des atteintes de l'âge et des infirmités. »
Termes familiers employés plutôt machinalement que rationnellement.
« On croit comprendre ce dont on parle habituellement , précisément parce qu'on en parle habituellement. Entre les mots et les choses , il y a une telle connexion que l'on est souvent porté à prendre les uns pour les autres : quand on a des paroles dans l'oreille, on croit volontiers avoir des idées dans l'esprit. Un mot inusité se présente-t-il, le premier mouvement est de s'en défier; on l'examine avec soin pour savoir quel sens peut y être attaché ; mais quand un mot familier revient dans la conversation ou dans la composition , on le laisse passer sans contrôle comme une vieille connaissance.
» Cette longue habitude que l'on a d'user de telle ou telle expression laisse croire que l'on en a vérifié la valeur. C'est exactement le rôle des douaniers qui, après avoir mis sous plomb certaines marchandises, se tiennent pour dispensés d'en reconnaître de nouveau la nature. »
Marche de l'intelligence dans le travail de la composition.
«Quand, à l'aide de quelques mots, fussent-ils impropres, on est parvenu à fixer une idée sur le papier, on peut facilement travailler à en améliorer l'expression, et chercher à loisir les formes les plus heureuses et les plus convenables. C'est ainsi que lorsqu'on a fixé, à l'aide d'un étau, un bloc de bois, on peut le polir à l'aise, tandis que si on ne commence pas par l'assujettir, il glisse entre les doigts et devient rebelle sous la main de l'ouvrier. »
Pensées.
« Le peuple est mon César, et j'en appelle du César actuel à un César mieux informé.
» L'indépendance n'est pas dans la fortune , mais dans l'esprit.
» Les intérêts de mes amis me sont chers, mais l'intérêt public passe avant tout. C'est ainsi que je sers mes amis; c'est ainsi que je veux être servi par eux.
» Il n'est point de fléau pire pour un Etat que le zèle religieux dépourvu de moralité.
» Je me passe volontiers de la compagnie du peuple; mais je ne puis me passer de son estime.
» L'invention es! de l'érudition digérée; les citations sont de l'érudition indigeste. »
La publication du Fragment sur le gouvernement eut lieu en 1770. Cet opuscule, d'abord anonyme,
fut envoyé à toutes les célébrités du temps , à lord Mansfkdd, à lord Camden , à lord Ashburton. Blackstone n'avait jamais rencontré un adversaire plus vigoureux, et le Fragment fit scandale. On se demandait quel était l'auteur qui s'attaquait à une réputation si solide et ne s'inclinait pas devant une si grande autorité. Bentham ne voulait passe nommer, mais la vanité paternelle le trahit. Le notaire ne put dissimuler sa joie, le jeune; auteur ne jouit pas longtemps de l'incognito. Dès lors il se vit en butte à une foule d'anathèmes. On lui reprochait , en politique et en morale, des opinions peu orthodoxes ; on accusait ses intentions, on incriminait jusqu'au mystère dont il s'était d'abord enveloppé. Plusieurs libelles de l'époque furent mis sur son compte, et entre autres une traduction du roman de Voltaire intitulé le Taureau blanc. Il faut dire que cette dernière imputation ne manquait pas entièrement de vérité. Bentham n'avait fait d'abord qu'indiquer à Lind la fantaisie originale de l'auteur français , mais Lind était si indolent , et sa traduction si peu satisfaisante , que Bentham , à force d'amender la version anglaise et d'y ajouter quelques paragraphes, en devint le véritable auteur. On en parla dans ce sens, et les critiques mêlèrent le nom de Bentham â l'appréciation de l'opuscule. Cette traduction ne fut pas la seule dont notre philosophe eut à s'occuper. En 1777 , il fit passer dans la langue anglaise un volume de nouvelles de Marmontel, qui lui fut payé par un libraire du Strand, à raison de trois guinées la feuille. Quelques lettres de d'Alembert et du chevalier de Chastellux prouvent qu'il avait?
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dès ce temps, des relations suivies avec les savants et les beaux esprits de France.
Cependant une circonstance décisive allait fixer la carrière de notre penseur; en 1781 , on le voit devenir l'ami, le commensal de lord Shelburne, depuis marquis de Lansdowne. C'est à Bowood, dans la résidence de ce seigneur , que Bentham fréquenta les hommes les plus célèbres de ce siècle sur le pied d'une infinité familière. Lady Shelburne, qui mourut en 1789, prit le jeune auteur sous son patronage et l'honora d'une amitié puissante. Si Bentham avait eu une ambition vulgaire , le chemin des honneurs et des dignités lui était ouvert. Ancun obstacle ne lui en fermait l'accès , un monde nouveau se déroulait sous ses yeux et l'éblouissait par mille prestiges. L'homme qui le comblait d'amitiés et dont il fut le seul confident dans les douleurs de famille , lord Shelburne, fut nommé premier ministre peu de temps après, et devint le dispensateur de toutes les grâces et le centre de toutes les ambitions. Les célébrités de ce règne se donnaient rendez-vous à Bowood. On y voyait Gamden, le jurisconsulte célèbre, et Dunning, son collaborateur; Bankesprèsde Jekyllet Barré près de Chalam , sans compter une foule de noms de grande famille, quoique plus obscurs. Le jeune William l'itt y venait aussi et affectait déjà ces airs sombres et réservés qui devaient le suivre dans sa grande et brillante fortune : on eût dit qu'il y préparait ers vastes plans d'ambition personnelle dans lesquels il engagea l'honneur et les richesses de la Grande-Bretagne. C'est une circonstance pleine d'intérêt que
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celle renconlre, au début même de leur eau
entre deux esprits qui devaient envisager la politique sous un aspect si différent. 11 y a quelques annéi core, il eût semblé puéril de demander lequel di deux hommes a exercé le plus d'inlluence sur les tendances du siècle. Alors , l'un n'était considéré que comme un rêveur solitaire , tandis que l'autre était le hardi pilote qui avait sauvé du naufrage le vaisseau de l'État. Aujourd'hui on dirait qu'un retour d'opinion commence à se faire sentir. L'auréole qui entourait le nom illustré par la lutte continentale a déjà pâli; on comprend que les événements auxquels il se lie sont une exception dans la vie d'un peuple, et que tendre à ce point les ressorts d'une nationalité, c'est les affaiblir pour longtemps. En revanche, il n'est point de jour où l'on ne sente mieux le prix des savantes études sur la législation dans lesquelles les pouvoirs publics vont puiser les éléments des plus précieuses, des plus fécondes réformes.
liowood était le siège d'une hospitalité magnifique, et cette hospitalité s'exerçait indistinctement à l'égard de lous ceux qui étaient admis dans cette résident. Les conviés qui n'avaient même pas un logis à eux y jouissaient de tous les honneurs, de tous les raffinements de la vie d'un palais. La classe que, dans la haute aristocratie, on a qualifiée d'aventuriers poliliques et littéraires, voyait s'ouvrir les salons de Bovvood pendant que les portes des autres châteaux lui étaient fermées. Là se rencontrèrent Romilly et Etienne Dumont de Genève, qui devait être à la lois L'éditeur et le traducteur de Bentham. Dumont avait
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trouvé chez lord Lansdowne un asile et du pain : il était alors bibliothécaire du marquis. Dans les mémoires de Franklin, de Priestley, de Linguet, de Morellet, on retrouve çà et là des réminiscences d'un séjour a Bowood : la rivière animée par des chutes d'eau, les arbres séculaires du parc, les tableaux, la bibliothèque, les voitures et les chevaux de prix que le lord mettait à la disposition de ses hôles. Quiconque venait à Bowood et avait en lui le sentiment de ce qui est bon ou de ce qui est grand , était non-seulement le commensal de lord Lansdowne, mais encore son ami. Un devine que ces relations devaient avoir un autre avantage. Le voisinage d'un premier ministre n'est jamais stérile pour les personnes qui l'approchent. Une conformité d'idées, de convictions politiques naît de cette intimité, et il est assez naturel que, dans la vie publique, l'homme d'État aime à s'entourer de ceux qu'il a pu connaître dans la vie privée. Le marquis de Lansdowne avait, comme un autre, sa petite phalange de créatures. Tous ceux qu'il avait distingués n'étaient pas sans doute des hommes supérieurs, mais ils n'en montraient que plus de zèle à justifier les faveurs dont ils étaient l'objet :
habeo ingenium; César sed jossit, habebo.
Bentham seul ne put fournir la [neuve de ce genre de mérite; on a vu combien il était entier dans ses idées el avec quelle difficulté il s'assimilait celles des autres. Cette disposition d'esprit ['éloignait de la vie
politique, ou la discipline est une condition si essen-