‹ Études sur les réformateurs, ou socialistes modernesChapitre 41 sur 59 · II. — 7» édition · texte numérisé non relu

II. — 7» édition

niques, des fabriques de sucre de cannes et de betteraves, des papeteries, des poteries, des draperies, des tissages, des chapelleries. Placé bien loin du rayon des échanges, et avec des communications difficiles, l'Utah a dû prendre à tâche de se suffire en tout et pour tout : il devait être son propre fournisseur sous peine de rester dépourvu. Il y a réussi ; aucun besoin sérieux n'est en souffrance ; il prépare même des armes pour sa défense, forge des canons et coule le bronze. Son bétail ne le cède à aucun autre ; il peut le multiplier à l'infini avec les pâturages dont il dispose. Aussi quelle activité dans les villes et dans les champs! Quelle énergie dans les bras ! Le globe a rarement vu un peuple plus industrieux et plus ferme. Parmi les maximes à son usage, il en est une qui mérite une mention ; elle exprime bien les degrés de puissance de la volonté. « Je ne puis le faire, disent les Mormons, n'a jamais rien produit ; j'essayerai a donné de bons résultats ; je le ferai a opéré des merveilles. » Leur caractère se réfléchit dans ces mots. Dans les déserts où ils s'établissaient, ils étaient directement aux prises avec la nature ; ils l'ont domptée et assujettie. Ils étaient séquestrés par de grands espaces, domaine des Indiens ; ils ont diminué les obstacles et les périls du trajet. Rien de plus ingénieux que la manière dont leurs caravanes sont organisées. Des dépôts, des abris ont été ménagés sur tous les points qui en étaient susceptibles. Des bateaux à vapeur, frétés en Angleterre et en Irlande, y prennent, par chargements complets, les nouveaux convertis qui, à leur arrivée, sont dirigés sur Florence, petite ville

du Nebrawska où se composent les convois. Quand le bétail, les vivres et les chariots sont prêts, les émigrants parlent au nombre de cinq ou six cents. C'est une marche militaire par escouades, avec un capilaine à leur tête, un vétéran des prairies. Il veille à ce qu'aucun chariot ne s'écarte, et, le soir, forme le corral, sorte de camp retranché, de forme ovale, fermé par des chaînes de peur de surprise. Autour de cette enceinte les tentes se dressent, les repas se préparent, tandis que les bœufs vont au pâturage sous la garde de leurs conducteurs. Dans la région des bisons des chasses leur sont données, et, quand il en tombe sous les balles, leur chair fournit un supplé-. ment à la ration ordinaire. Des cerfs, des antilopes, traversent la plaine effrayés par la mousqueterie. A la chute du jour des hymnes chantées en chœur égayent le bivac, et les danses se prolongent jusqu'à minuit. A chaque campement, ces fêtes se renouvellent et les alertes des Indiens y répandent quelques diversions imprévues. La vue des carabines suffit pour les maintenir à distance ; on n'a que le spectacle de leurs évolutions. En soixante-quinze jours, la distance entre le Missouri et le Lac-Salé est franchie ; les étapes sont de cinq à six lieues ; elles deviennent plus courtes dès qu'on s'engage dans la région des montagnes. Le coût du voyage de Liverpool à l'Utah ne dépasse pas cinquante francs. Il sera réduit d'un tiers par un nouveau tracé qui est à l'étude.

La persistance de ces émigrations est une preuve du zèle des missionnaires envoyés en Europe. Quand on parcourt le nord de l'Angleterre, on s'assure de

leurs succès; ils y comptent, àLiverpool surtout, un assez grand nombre de prosélytes. On en retrouve par plus petits groupes dans le comté de Lancastre, en Ecosse , dans la Cornouaille et le pays de Galles. L'Irlande en fournit des milliers dans ses périodes de misère ; il y en a en Suisse, dans le Tyrol allemand, dans la Prusse rhénane, en Belgique et en Hollande. La réussite de leur grand établissement ne tient donc ni à l'origine, ni à la qualité des races. C'est une mosaïque où l'harmonie ne naît pas du mélange des couleurs. A quoi tiennent le génie, la vigueur, l'habileté qu'ils montrent! Estrce à la discipline, au lien religieux? Oui, jusqu'à un certain point; mais tout n'est pas là. L'arbitraire, même servi par la foi, est d'un maniement difficile ; la crainte n'y est agissante qu'en compagnie de l'ascendant. On n'obéit qu'à ceux que l'on respecte. Brigham paraît avoir trouvé le secret d'être aimé tout en s'imposant. Si, pour la foule, il fait parler les anges, il a d'autres moyens de séduction pour les esprits moins crédules. Aux extases de Smith il a ajouté le bénéfice d'un gouvernement régulier et d'une sécurité maintenue ; il a fait la fortune de ce peuple sans négliger son salut ; il l'a préservé, mieux que son prédécesseur, des brutalités de la conquête. Tous ces titres lui sont comptés. Personne mieux que lui ne sait comment il faut prendre les Américains de naissance ou d'adoption ; il est chef d'Église et spéculateur. LTtah lui doit une sorte de banque dont le capital a été emprunté aux revenus ecclésiastiques ; il l'administre et préside au mouvement des fonds ; sa signature a cours sur les places

de l'Union et passe pour des plus solides. Les crédits qu'il ouvre à ses agents valent des lettres de change. Une industrie est-elle à fonder ? il la commandite en prenant des garanties. L'agriculture a-t-elle besoin d'avances ? ses coffres s'ouvrent pour les ressortissants solvables. Le commerce souffre-t-il de l'état des communications? il détache des ingénieurs à sa solde pour les améliorer. Les arts ne le trouvent point indifférent, il les encourage. Cette conduite explique l'affluer) ce de ses adhérents. Toute exagération écartée, on peut évaluer à deux cent mille le chiffre des Mormons avérés, cent mille dans l'Utah , cent mille disséminés. Ce serait une puissance si, avec le nombre, le relâchement n'était venu. A l'origine ce n'était qu'une bande d'hommes grossiers, prêts à tout croire et à tout oser. Quelque sort qu'on leur W, il ne pouvait être pire que celui d'où on les avait tirés. Telle était leur misère que le premier imposteur venu pouvait s'en rendre maître. Smith flatta leurs sens ; ils lui livrèrent leurs âmes saris y attacher un grand prix. Avec l'aisance, les conditions ont changé ; des intérêts sérieux sont nés et on ne les commettrait plus impunément dans des aventures. Brigham Young est, diton, atteint de l'épidémie de séparation qui affecte aujourd'hui les Etats-Unis. Il vise à l'indépendance. Ce serait un jeu périlleux, et, s'il s'y engage, il se pourrait qu'il y trouvât le terme de ses triomphes.

De ce récit il y a une conclusion à. tirer. L'impression qu'il laisse est triste et bouffonne à la fois.

Il ne tourne point à l'honneur d'un siècle qui a tant de prétentions au perfectionnement. Le voilà chez les Mormons, cet homme parfait, dans son expression la plus crue. En quelques années, il a pu s'approprier tout ce que la science a découvert, tout ce que le travail des mains, l'esprit d'invention ont trouvé de plus ingénieux. L'instinct l'a servi ; il s'est emparé de tout cela en se jouant. Il a un temple qui coûte sept •millions et dont on dit des merveilles, des villes que des palais décorent, des manufactures florissantes, des campagnes arrachées au désert et que couvrent des cultures ou du bétail; il n'est resté étranger à aucun des raffinements qui datent d'hier ; il n'est en retard, malgré les distances, ni pour un service de postes, ni pour un télégraphe électrique; il compte sur un chemin de fer. Tout ce que la nature des lieux lui offrait de richesses et de forces il l'a mis en valeur, il a réglé le cours des eaux et s'est ménagé des chutes ; il a découvert les gîtes des minerais et les exploite ; les forêts voisines lui ont fourni des bois qu'il charpente, façonne et sculpte ; la zone étendue qu'il occupe lui a permis de varier ses exploitations et de réunir ce qu'ailleurs les climats séparent : ici les prairies et les champs de blé, là les vignes et les oliviers, la betterave non loin delà canne à sucre, les orangeries dans les vallées chaudes, les pommiers sur les plateaux. Ses ingénieurs, ses chimistes, sesmécaniciens se sont montrés aussi habiles qu'aucun de ceux d'Amérique et d'Europe, et les ont surpassés en activité. Une fois pourvu du nécessaire, il a songé au superflu et a eu quelques arts de luxe ; ce que les lieux

ne lui fournissaient pas, il l'a demandé à l'échange, s'est fait commerçant et financier; des institutions politiques et judiciaires ont achevé cet enfantement; il a des chambres électives, des tribunaux, une armée de réserve, un matériel de guerre. Pour tout ce qui touche à la civilisation matérielle, il est à peu près constitué; en douze ans il aura accompli l'œuvre d'un siècle. Il est donc mûr comme corps de peuple; ses aines pourraient le reconnaître et l'applaudir, si pour l'âme il n'était resté un enfant. Affligeant témoignage à ajouter à tant d'autres, que les nations peuvent être à la fois grandes par les faits et petites par les idées! Ces mêmes hommes qui ont su emprunter aux arts et aux industries ce qu'ils ont de meilleur et de plus avancé, se contentent, en matière de religion, du plus plat archaïsme qui soit jamais sorti de l'imagination humaine.

Reportons-nous à ses origines. C'est un garçon de ferme qui trouve un jour la houe trop lourde pour ses bras, trop humble pour son ambition, et qui jette la veste du cultivateur pour prendre un manteau d'apôtre. Il se dit visité par des esprits et l'insinue à ses proches, naturellement associés aux bénéfices de ses opérations. De là un premier groupe qu'il s'agit d'accroître. Il en parle au dehors ; les passants haussent les épaules. Il insiste tant qu'il parvient à rassembler quelques illuminés de bas étage, pauvres comme lui, ignorants comme lui. Il ne leur est supérieur que par l'astuce. Il forge alors la fable que l'on connaît, un livre enfoui, dos caractères égyptiens et des lunettes pour les traduire. Ses familiers de l'Empyrée lui mit

indiqué le lieu du dépôt et la manière de s'en servir. Ce merveilleux séduit un millier d'idiots; c'est le moment d'y ajouter une doctrine. Métré, il a recours à quelques clercs qui lui prêtent leur plume, et, d'un amalgame de la Bible et de l'Évangile, ceux-ci composent une religion assortie à l'intelligence de leurs clients. Une risée universelle salue cette fantasmagorie ; mais qu'importe ? elle est du goût des convertis et tente les cerveaux faibles ; les lames d'or ont leur prestige et il ne leur déplaît pas d'être en communication avec les anges, même indirectement. Les recrues arrivent. Dès lors il se forme dans la religion deux camps distincts, l'un d'hommes avisés qui s'y engagent par calcul, par vanité, par esprit de domination ; c'est le camp des exploitants ; l'autre d'hommes timorés ou crédules qui n'ont qu'à se soumettre et à payer tribut. L'instrument est monté, il n'y a qu'à en adapter les rouages aux besoins nés ou à naître. Pour cela, on tient commerce de révélations; il y en a de notoires, il y en a de secrètes. Smith en a laissé un approvisionnement complet, en indiquant celles qui devaient être mises en réserve ; Brigham en tient la clef; il le déclare et ne les livre qu'en temps opportun. La polygamie est restée dix ans sous les scellés. Il est à croire, et j'y insiste, qu'elle a été le produit de mauvaises moeurs qui, pour se satisfaire, n'ont pas attendu d'ordre. Parmi les Mormons, il s'en est rencontré, au début, qui ont jugé commode ce genre de débauche; le prophète lui-même n'y répugnait pas< Ces exemples ont répandu dans le troupeau une infection morale, et, souspeinedele voir se disperser, il a fallu

changer un viceensaintetéet convertir en loi cequin'était qu'une dépravation. Ainsi du reste. La religion a pris ses modèles sur les instincts les plus abjects et les a réhabilités par d'audacieuses parodies. Ces profanations étaient calculées et agissaient inégalement sur les consciences. Chacun en prenait ce qu'il voulait. Ceuxci y voyaient une excuse pour les écarts de leur tempérament ; ceux-là trouvaient, dans ces paraphrases bibliques, un frein contre les sentiments les plus naturels. C'est surtout aux femmes que s'adressait ce dernier mode d'influence, et seul il explique comment elles ont pu se prêter à un si manifeste avilissement. Dans le nombre, c'est à croire, il en était qui se rattachaient, au moins par le souvenir, aux contrées où la femme est la compagne et l'égale de l'homnTe, où un lien, quelque violé qu'on le suppose, consacre le couple et exclut le mélange, où la coutume aussi hien que la loi maintient entre les deux sexes la dignité et la décence des rapports. Sur ces révoltes intérieures pesait l'appareil surnaturel avec ses pièges et ses menaces. Sa fonction était d'exalter et de comprimer, de couvrir de beaux noms et de prétextes spécieux les turpitudes des sens, d'énerver et d'abrutir lésâmes dansun mysticisme charnel et de les pousser, avec un art perfide, vers l'hallucination pour aboutir à l'anéantissement de la volonté.

Ceci explique comment dans le pays le plus libre du monde, quelques imposteurs se disant inspirés ont réussi à établir un régime disciplinaire qui n'a d'analogue que dans les servitudes les plus dégradantes de l'antiquité. Le monde marche, dit-on, il marche

d'un pas à causer des vertiges ; la nature a beau se défendre, elle est de plus en plus pénétrée ; soit, mais voyez à quelles souillures l'âme humaine peut encore descendre. Près de cette prospérité matérielle que de misères morales ! Ce spectacle vaut la peine d'être étudié, ne serait-ce que comme préservatif contre l'orgueil. Un tel abaissement dans les idées et les sentiments ne semblerait pas compatible avec l'intelligence quia conçu et exécuté des prodiges d'industrie ; cela est pourtant, le contraste subsiste, il est flagrant ; tout est glorieux dans ce tableau si ce n'est l'âme qui déchoit. Pour l'amener là, il n'a fallu ni théodicée profonde, ni savantes exégèses ; la fable la plus grossière a suffi, une communication avec des esprits supérieurs. Tout le venin était dans ce germe; le reste n'est qu'un arrangement aussi grossier que la fable dont il découle. Une remarque est à faire. Tant que les ordres d'en haut ne se sont adressés qu'à des cas de conscience, ils ont été obéis; ils n'ont rencontré de résistance que lorsqu'ils ont touché aux intérêts. Il entrait dans les goûts et dans les calculs des promoteurs de se réserver le monopole et la gestion des fruits du travail pour mieux assurer leur empire. Qu'en coûtait-il ? Une révélation de plus ; ils l'ont lancée, elle est demeurée une lettre morte. Ceux qui livraient le plus délibérément leurs âmes ont refusé de livrer leurs biens. Où la polygamie avait réussi, le communisme a échoué. C'est que, dans ce vertige, les intérêts gardaient seuls leur clairvoyance, et sentaient où devait les conduire cette nouvelle forme de la promiscuité. Plutôt que d'abdiquer au profit de

l'Eglise, les intérêts allaient jusqu'à la menace d'un schisme. Les chefs n'ont plus insisté ; ils se sont contentés de gémir de ces défaillances de la foi.

Ces symptômes indiquent ce que l'avenir réserve à une civilisation éphémère, qui jure avec les civilisations fondées et repose sur le dérèglement des mœurs. Le temps l'a déjà entamée et l'entamera plus profondément encore. Avant peu, cette génération d'illettrés qui a cru aux miracles, aura fait place à une génération plus éclairée et par suite moins confiante. Les apôtres des premiers jours le sentent si bien, qu'ils s'en tiennent dans leurs écoles aux notions élémentaires et en écartent les fortes études. Il leur faut des esprits soumis et non des raisonneurs. Ces raisonneurs sont venus ; ils tranchent sur la masse et n'ont ni la ferveur, ni l'aveuglement de ceux que l'on nomme des Saints; ils discutent les révélations passées et contiennent par leur attitude le jeu des révélations à venir. Les masques tombent, et bon gré, mal gré, ce gouvernement sacerdotal en est réduit à n'employer que des moyens purement humains. C'est un commencement de dissolution dans une communauté dont le nerf était l'obéissance. Il n'y a ni à l'aider, ni à s'en occuper; toute ingérence aurait pour effet de resserrer des liens qui se relâchent. La violence a mal réussi, on l'a vu ; l'oubli a plus de chances de réussir. Mieux vaut compter sur le réveil du sentiment moral chez un peuple dont la conscience n'est qu'engourdie, qui chaque jour se connaît, se juge mieux et où Faisance et les lumières répandent, avec le goûl d'agir, le besoin de se défendre contre les hommes qui l'abu-

sent. De toutes les manières, l'Amérique recueillera le bénéfice le plus net de cet élrange épisode de son histoire. Nulle autre main que celle des Mormons n'aurait pu changer en oasis ces vastes solitudes; six siècles se seraient écoulés avant d'avoir l'équivalent de la sève qui y coule, de la vie qui y éclate. Pour opérer ces changements à vue, il fallait l'ardeur des bras qu'anime la persécution, la patience de pionniers qui, retranchés volontairement du monde, n'en regrettaient ni les. jouissances, ni les raffinements. Même en les condamnant, on est forcé de les admirer. Ils ont eu, au plus haut point,. une qualité qui rachète bien des faiblesses, la passion et l'intelligence du travail. Vis-à-vis de l'Union, ils se sont montrés fermes sans jactance, utiles sans réciprocité. Aux ruines qu'on leur infligeait, ils ont répondu par la création de richesses nouvelles, aux violences par des services ; le mal qui les infecte passera, le bien qu'ils ont fait restera; leur nom, honni ou régénéré, est désormais inséparable de leur conquête.

lUJNf.USluN. 361

Me voici arrivé au bout de la lâche que je m'étais assignée.

Si cet ouvrage a rempli son but, il sera l'histoire des vertiges du temps, étudiés d'abord avec indulgence, puis jugés avec fermeté. Tous les rêves, tous les systèmes qui ont fait récemment quelque bruit, soit qu'ils fussent le produit de l'orgueil solitaire, soit qu'ils eussent pour cause et pour objet un appel à de tumultueuses passions, ont été exposés et analysés successivement de manière à en présenter au public les traits généraux et l'image assez fidèle.

On pourrait se demander, à l'aspect d'écarts si formels, si le silence n'eût pas été pour eux le plus sûr des châtiments, si le remède ne se trouvait pas dans le mal même, en un mot, si une folie d'un tel caractère ne condamnait pas ceux qui en sont atteints à un isolement forcé. Les faits sont là pour répondre. Toutes ces erreurs ont eu des adhérents, les plus petites comme les plus grandes, et ces dernières ne sont pas celles qui ont obtenu le moins de succè?, ni rallié

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