DE LA SECONDE ÉDITION
Le succès de ce livre a élé plus rapide que l'auteur n'avait osé Tespérer. Trois mois après sa publication, Il fallait le remettre sous presse, et comme en des matières aussi nouvelles, on ne rencontre pas d'abord le dernier mot, cette deuxième édition est devenue l'objet d'une révision complète et de changements nombreux. L'auteur est un de ces esprits attentifs qui' ne se lassent pas de courir après le mieux, au risque de ne l'atteindre jamais. Il sait qu'un tra- ^vail, pour être pris au sérieux, doit au moins représenter la somme entière des efforts et aller jusqu'à
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la limite des facultés de celui qui le signe. Il sait quela patience est pour beaucoup dans le succès des œuvres, et que le temps ne respecte guère que ce qu'il fonde.
Pour aucun livre, la critique ne s'est montrée plus bienveillante que pour celui-ci. La presse en a parlé avec un intérêt dont Fauteur est vivement touché. Quelques objections pourtant se sont produites, et, en les discutant ici, on veut surtout constater l'attention avec laquelle elles ont été accueillies.
Parmi ces objections il en est deux qui ont le tort de s'exclure, et pour les détruire, il suffît peut-être de les rapprocher. Les uns ont accusé l'auteur d'une sympathie trop vive pour les hommes dont il exposait les systèmes et cela au point d'en encourir presque la solidarité. Les autres lui ont reproché au contraire de procéder par voie de dénigrement vis-à-vis de convictions respectables et d'exagérer à leur égard, soit le blâme, soit le ridicule. Cette double imputa* tion semble prouver une chose, c'est que, dans Texamen d'idées, au moins étranges, l'auteur a su se défendre à la fois d'un dédain exclusif et d'un entraînement irréfléchi. N'eùt-il satisfait en cela ni les ennemis de toute innovation , ni les adversaires de toute tradition, il n'en croirait pas moins avoir tenu la seule ligne que puissent avouer les esprits calmes qui ne repoussent, d'une manière absolue, ni le passé, ni