‹ Études sur les réformateurs, socialistes modernesChapitre 29 sur 34 · SÉRIE DE LA CULTURE DES POIRIERS · texte numérisé non relu

SÉRIE DE LA CULTURE DES POIRIERS

COMPOSÉE DE 32 GBOOPBS.

DivùtOH Progrestion ç,^^^ ^^ euliurtt.

num^rt^ue

1 jivanUposte — 2 group. Coings et sortes bâtardes dures,

2 Aileron ascendant 4 — Poires dures à cuire

3 Aile ascendante 6 — Poires cassantes

4 Ceetbe de séeib 8 — Poibbs fouoahtis.

8 Aile descendante 6 — Poires compactes

6 Aileron descendant 4 — Poires farineuses

7 Arrière-poste. 2 — Nèfles et sortes bâtardes molles,

« Il n'importe que la série soit composée «Phommes ou de fem- « met oo d'enfants, on mi-partie, la diaposition est loujonra la

élégant , dans lequel rutilîté n'aura point été sacrifiée au luxe, ni rarchitecture aux exigences des distributions intérieures. Ce sera une vaste construction, de la plus belle symétrie, et accusant par sa grandeur les pompes de la vie nouvelle. De droite «t de gauclie se projetteront des ailes gracieuses re-

« méme.-^-l'a $érie prendnàpnipris cette distribution, soit poar

« le nombre des groupes, soit pour la distribution des travaux. Plus

« elle approchera de cette régularité en gradation, mieux elle s^har-

« monisera et s^entraîneraau travail. — Si la série est formée régnlièrt

« ment comme celle que je viens de citer, on verra des alliances entre

« les divisions correspondantes. Ainsi Taile ascendante et Taile des-

« cendante s^allieront contre le centre de série et s^entendront pour

« faire valoir leurs productions aux dépens de celles du centre : les

c deux ailerons seront alliés entre eux et ligués avec le centre pour

« lutter avec les deux ailes. Il résultera de ce mécanisme que cha. « cnn des groupes produira â Tenvi des fruits magnifiques. — Les

« mêmes rivalités et alliances se produisent entre les divers groupes

« d^une division... — Viennent ensuite les intrigues de série à série

« et de canton à canton qui s^organisent de la même manière. On

« conçoit que la série des poiriers sera fortement rivale de la série c des pommiers; mais elle s^alliera avec la série des cerisiers, ces

« deux espèces d^arbres n^offrant aucun rapprochement qui puisse

« exciter la jalousie entre les cultivateurs respectifs.

■ yai dit que les séries ne peuvent pas toujours se classer aussi K régulièrement que je viens de Tindiquer ; mais on approche , « autant qu^on le peut , de cette méthode qui est Tordre naturel et « qui est la plus cflScace pour exalter les passions, les contre-balan- « cer et les entraîner au travail. LMndustrie devient un divertisse- « ment aussitôt que les industrieux sont formés en séries progrès- « sives. Ils travaillent alors moins par appAt du gain que par effet <t de rémolalion et des autres véhicules inhérents à Tespril de « série. »

( Nouveau Monde industriel.)

pliée8 sur elles-mêmes , en fer à cheval, là , loin du centre de la grande famille , doivent s'installer les métiers bruyants. Ce palais sera double dans son étendue, avec dés corps de bâtiment assez éloignés Tun de l'autre pour former des cours intérieures et ombragées, promenoirs des vieillards et des convalescents. An milieu du bâtiment principal s'élèvera la tour d'ordre , siège du télégraphe , de Phorloge , et des signaux chargés de transmettre les instructions nécessaires aux travailleurs dtssémhiés dans la campagne. Le théâtre et la bourse trouveront leur place dans la même enceinte. A la hauteur du prer mier étage, et dans tout le pourtour de Tédifice , régnera une rue-galerie , chauffée en hiver , aérée en été , et offrant, d'un atelier à l'autre , une communication facile et à l'abri de toutes les intempéries. Au besoin cette rue-galerie servira encore de salle d'exposition aux objets d*art et aux produits indu^ triels de toute espèce.

Dans uu phalanstère, tout sera organisé pour une vie attrayante et libre, une vie au goût de chacun : commune, si Ton veut ; solitaire , si on le préfère. On y poursuivra deux objets : la commodité générale et le bien-être individuel. Les logements , les salles de réunion , les réfectoires , les ateliers , les cuisines, les caves, les greqiers, les offices, tout y sera disposé de manière à assurer des rapports prompts et faciles, des distractions variées , un scr-

CBARLE8 FOURiER. SS1

vice économique et intelligent. Chaque famille trouvera k se loger suivant sa fortune et suivant ses besoins, saus qu'il en résulte jamais pour elle une humiliation dans le contraste si elle est pauvre, un motif d'orgueil si elle est riche.

Maintenant , à ceux qui s'effrayeraient de la mise de fonds nécessaire pour assurer tant d'aisance et réaliser tant de merveilles , Fourier répond qu'un phalanstère de dix-huit cents âmes ne coûtera guère plus à construire que les quatre centô chaumières d^une commune française égale en population. Encore le phalanstère, une fois établi avec grandeur et solidité , sera , pendant plus d'un siècle , à l'abri des grosses réparations , tandis que , dans le même intervalle, on aura rebâti sept ou huit fois les ma* sures de la commune française. Puis , la fondation achevée, il y a un autre compte à dresser, celui des économies du ménage sociétaire. Ainsi une immense cave remplacera quatre cents caves, une vaste gre-> nier quatre cents greniers, une cuisine avec un per^ sonnel réduit, quatre cents cuisines avec les quatre cents femmes qu'elles absorbent sans les occuper, enfin une gigantesque blanchisserie, quatre cents blanchisseries. Tout ces ateliers d'usage commun marcheront à l'aide d'une machine à vapeur qui fournira , en outre , de l'eau chaude dans tous les appartements du phalanstère.

Cependant , au dehors de l'édifice, la campagne

St8 CHARLES FOURIER.

a changé d'aspect : les haies, les fossés, ces emblèmes de servitude et de défiance , ont disparu ; les chemins ont été combinés de manière à ménager Tespacé. En échange de leurs terres , les propriétaires du sol ont reçu des actions transmissibles qui représentent la valeur de l'apport, et désormais celte vaste plaine pourra être exploitée comme si elle appartenait à un seul homme. Ainsi doivent disparaître , par le fait seul de l'association , tous les inconvénients de la culture morcelée et la propriété parcellaire. Une seule gestion , appuyée sur de grands capitaux, préside au mouvement de la richesse générale , et réalise la plus grande somme possible de produits. Il en est de même des ateliers industriels. Au lieu de ces échoppes multipliées à rinfini , tristes , solitaires , sales et incommodes , voici des ateliers immenses et joyeux , aérés , salubres , où les machines viennent en aide aux forces de l'homme , et rendent le travail à la fois moins dur et plus régulier.

A ces avantages se joindront encore, dans un phalanstère , ceux qui résultent d'une meilleure organisation du travail , Le travail , en mécanisme sociétaire, sera à la fois plus attrayant et plus parfait : plus attrayant, car il n'aura lieu que par courtes séances, et au milieu des passions enthousiastes qui doivent naître de la rivalité des individus dans les groupes, des groupes dans les séries, des séries dans

CIIAULRS FOURIER. ««0

les phalanges ; plus parfait , car on Inî appliquera le système de division , déjà pratiqué avec succès dans nos grandes usines. Chaque industrie, ou agricole ou manufaclurière , sera divisée en autant de parcelles de travail que cela sera jugé nécessaire pour un confectionnement irréprochable , et un groupe spécial sera affecté à Pexéculion de chaque parcelle. Confiées de la sorte aux mains les plus capables, tous les détails du travail humain arriveront sur-le-champ à une supériorité dont il serait difficile aujourd'hui de fixer la limite. On réunirait ensuite ces éléments épars dans les divers groupes pour former une variété industrielle et la résumer en série. En agriculture , par exemple, étant donnée la culture du poirier, une série ou deux séries y seraient affectées, avec des groupes spécialement voués au soin de chaque espère. En industrie manufacturière, même division, même répartition parmi les diverses aptitudes. Voici d*ailleurs la formule scientifique de Fourier pour de semblables formations : < Chaque espèce d'industrie donne lieu à autant de groupes qu'elle offre de variétés , et chaque groupe se divise en autant de sous-groupes que la division de son industrie fournit de fonctions. » De cette division infinie du travail, de cet état des travailleurs toujours en présence les uns des autres, toujours en rivalité , soit pour la perfection , soit pour la rapidité d'exécution, doivent naturellement

930 CHARLES FOUBIER.

et nécessaîremeot soriir, assure Foorier, des résaltats ignorés jusqu'à nous, des œuvres pins belles et plus vivement accomplies. Du reste le membre d*an groupe ne lui est pas tellement identifié , qu'il ne puisse pas faire partie d'autres groupes, et par coii«séquentse mêler à d'autres travaux ; d'où il suit que chaque industrie compte un grand nombre de sec* taires éparpillés dans la phalange , et peut , de la sorte, combiner à Tinfini ses rivalités. Ce change^ ment, cette mobilité heureuse ont en outre un grand avantage qui est d^engrener entre eux, par des rona-* ges volontaires et fortuits, tous les groupes et toutes les séries.

Ainsi voilà le travail réalisé avec facilité , avec ardeur, avec enthousiasme : chaque individu, chaque groupe, chaque série y a concouru. L'œuvre y a porté ses fruits: des bénéfices sont acquis, quadru* pies , à ce que prétend Fourier , de ceux que Ton obtient par les procédés actuels. 11 s'agit maintenant de les distribuer d'après le mode sociétaire, c'està-dire en raison du capital, du travail et du taleiit. Pour cela, un lot sera fait à chacun de ces agents de production ; et la loi de l'intérêt commun conseillera, plus qu'on ne pense, une répartition équitable. En effet , les capitalistes , ne, pouvant espérer de beaux dividendes qu'à l'aide de bons ouvriers et de bons projets, voudront que les lots de talent et de travail soient sincèrementet convenablement établis.

CHARLES FOORIBR. tSi

el leê non-capiialistes, ne pouvant employer les procédés avancés qu'à Taide de capitaux, chercheront à les attirer en les rétribuant d'une manière gêné* reuse. D'où Ton peut augurer qu'au lieu de s'attribuer la part du lion , chacun des intérêts associés tendra plutôt à se dépouiller en faveur des autres (i).

Quand trois lots auront été faits , l'un pour le capital , l'autre pour le travail , le troisième pour le talent, viendra le tour de la répartition par individus. A l'égard des capitalistes, le mode ne fait pas question ; le bénéfice sera en raison de l'apport. Mais pour le travail et le talent, une difficulté se présente , c'est d'avoir l'échelle du talent et la mesure de l'importance du travail. Ici Fourier s'écarte hardiment des routes battues ; ce n'est pas le travail brillant qui aura le pas sur les autres , mais le travail nécessaire. Il fait la part du pauvre avant celle du riche, la part des bras avant celle de rintelltgence. La masse le préoccupe beaucoup plus que l'individu, et il juge l'œuvre dans son influence sur les besoins collectifs, il classe donc les travaux en travaux de nécessité, travaux d'utilité, travaux de

(1) Voici la (tiftlribalion que propose Fourier « eii la déclarant Misceplible de modifications :

4 douzièmes au capital , ta douzièmes au travail , douzièmes au talent.

SSt CHARLES rOURIBR.

simple agrément. Les travaux d'agrément seront les moins rétribués, les travaux utiles le seront davan* lage , les travaux nécessaires plus que les deux antres. Sous le régime actuel , c'est à peu près Finverse. Fourier, calculant que les travaux nécessaires sont presque tous d'une nature répugnante , a dû, pour y introduire l'attraction , les rendre beaucoup plus lucratifs que les autres, et en revanche, il n*a attaché qu'une bien moindre prime aux travaux attrayants par eux-mêmes. Cette combinaison est une des plus séduisantes théories d'équilibre qui se soient faites ; elle conclut entièrement à l'avantage de ce qu'on nomme aujourd'hui la classe pauvre. Les travaux nécessaires, durs et pénibles, étant presque tout le lot du peuple , le peuple, dans le mécanisme sociétaire , serait tout à coup placé nonseulement hors des voies du besoin , mais encore sur le chemin de la richesse. Cette nouvelle justice distributive déterminerait en outre une rotation perpétuelle, un renouvellement incessant dans le perbonnel des classes , et y détruirait le germe des rivalités haineuses qui les déchirent aujourd'hui. L'harmonie universelle y trouverait un gage de plus. Ce qui la garantirait mieux encore, c'est l'absence de toute misère réelle dans ce monde idéal. 11 n'y a plus de pauvres dans un phalanstère ; le pauvre y est aboli. Tout sociétaire est forcément, malgré lui, à Tabri du besoin. Sa présence dans la communauté

CHARLES FOURIER. SSS

lui donne droit à un minimum en toute chose:

nourriture, logement, vêtements, ustensiles. Ce mtmmumluiestdû, c'est la clause formelle de Passociatîon. De son côté, il doit , il est vrai , son travail, mais sous une loi qui affecte une haute paye aux besognes les plus rudes, il lui faut peu d'efforts pour s'acquitter d'abord, et capitaliser ensuite.

Quant à la distribution des lots du talent , elle serait des plus simples, car on aurait pour bases les litres ou les grades des individus , et comme les grades et les titres se confèrent, ainsi qu'on l'a vu, par la voie élective , les bénéfices seraient, en définitive, en raison des mérites déjà couronnés et d'un ascendant acquis. En dehors de cette loi applicable aux intelligences de second ordre , se trouveraient néanmoins les grands artistes , les industriels célèbres et les savants illustres. De tels hommes n'appartiendraient ni aux groupes , ni aux séries, ni aux phalanges , mais à l'humanité entière. Le globe se chargerait de leur rémunération. Dans le mécanisme sociétaire, ces hommes d'élite sont placés en dehors des autres, quant aux conditions de travail. Seulement, lorsqu'après un long repos ils ont produit leur œuvre , un jury s'assemble dans la métropole du monde pour leur voler une récompense. Qu'on se figure, par exemple, Jacquart ou Watt, Newton ou Corneille , se présentant devant ce tribunal souverain ; Jacquart avec son métier , Watt avec sa ma-

984 CHABLES FOUBIBK.

chine à vapenr. Newton aTec sa théorie de Pattrac* tion. Corneille aTec sa plos belle tragédie. A rinaunt même et aTAnt toute gloire chanceose, il serait voté à ces grands hommes une rémnnération à prélever sur chaque phalange. Supposez cinq francs par pha- . lange , ei cinq cent mille phalanges dans le globe; le jury aura décerné à rinvenleurdeui millions cinq cent mille francs. Jacquarl ne mourra plus dans un étal voisin de Findigence, après avoir enrichi Tunivers.

Tout basé qu'il est sur une parfaite égalité de rapports et une complète liberté de mouvements , le mécanisme sociétaire reconnaît des hiéarchies de diverses sortes : hiérarchie de passions , hiérarchie de caractères, hiérarchie d'âges, hiérarchie de fonclions, hiérarchie de travailleurs , hiérarchie de souveraineté. Quand Fouriern'eiprime pas directement ces distinctions ni ces nuances, il les sous-entend. Ainsi , parmi les passions , les trois passions rectrices, ou, comme il dit, mécaniêanîeiy priment les passions affectives , qui , à leur tour, commandent aux passions sensilives. Il en est de même des caractères dont Fourier fait une sorte de clavier humain, susceptible d'autant de combinaisons que peutTétre Pharnionie musicale. La hiérarchie des âges se présente sous un autre aspect : Tâge mûr en est le centre ; les deux ailes , Tune ascendante , l'autre descendante, sont , d'un côté , les années internée-

CBARLBS POUniER. 2Vn

diairet de l*eafance à la virilité ; de l'autre, celles de la virilité à la décrépitude. Pour la hiérarchie des fonctions, il n'y a rien à expliquer, c'est rélectioo qui les confère ; mais la hiérarchie du corps de travailleurs, qu*on a vu dans ses alvéoles, le groupe, la série et la phalange , se développe dans la sphère supérieure , et forme , successivement , la ville , la province, la capitale, la métropole continentale , la métropole universelle» enûn les armées industrielles. La phalange est un type d'association, un type étroit, mais complet; c'est le reflet de la vie humaine. Cependant une phalange isolée n'aurait pas toutes ses conditions d'avenir, si elle n'attirait pas dans son tourbillon d'autres phalanges, qui, avec leur mouvement propre, auraient aussi un mouvement autour d'elle et par rapport à elle. Entre phalanges , les combinaisons sont les mêmes, les liens sont les mêmes qu'entre les groupes et les séries. Les phalanges sont sollicitées à une association par des sympathies , par des intérêts , par des objets d'utilité commuue, tels que des ponts, des canaux, des routes, à l'exécution desquels toutes et chacune ont concouru. Bientôt, en dehors des phalanges, se créeront de grands entrepôts , de grands établissements scienliHques , de grandes manufactures, des bourses , des foires , des théâtres , des monuments d'art. Puis viendra la petite ville , centre général des phalanges , plus habitée l'hiver que l'été ; puis

956 CHARLKS FOURIRR.

encore la ville provinciale, ou capitale de province, assise de manière à commander un vas&e rayon intérieur, ou un bassin mariiime , ensuite la capitale d'un empire , enfin la métropole universelle , dont Fourier fixe remplacement sur le Bosphore. L*un des liens les plus puissants de cette grandiose hiérarchie serait les armées industrielles, autorités nomades et pacifiques , se portant sur tous les points où les appelleraient Tutilité et la gloire communes. Une armée industrielle devra se composer , selon Fourier, de tous ceux qui excellent dans les beaux-arts, dans les sciences , dans l'industrie ; elle sera donc une réunion spontanée et libre , où chacun s'entretiendra à ses frais. Le but sera souvent d agrément* mais, tlans plusieurs cas, Tarmée industrielle devra concourir aux grands travaux du globe, à Tamélioration des climatures, aux lignes mportanles de com-» munication , à la construction de vastes édifices, à la prompte réparation des calamités publiques, comme les inondations et les incendies.

Vient ensuite la hiérarchie de souveraineté. Dans Fourier, cette souveraineté est multiple; elle demande des titulaires à tous les instincts, à toutes les facultés, à toutes les aptitudes, à toutes les passions ; elle est en outre alternée , périodique, mobile; capricieuse ; elle ne pèse point, elle n'ofl*usque point. La souveraineté est, dans certains cas, héréditaire; mais elle n'emporte aucune attribution formelle ; la

loi éleclive a réglé les fondions el les grades. Les titres de souveraineté s'échelonnent depuis Vunarque, qui commande à une phalange, jusqu'à Vomniarque, qui est Tempereur du globe. Il y a un duarque pour quatre phalanges, un Iriarque pour douze, un iélrarque pour quarante-huit , et ainsi de suite ; le douzarque règne sur un million de phalanges. L'omniarque vient au-dessus; c'est le treizième grade ascendant de la hiérarchie. •

Le cercle dans lequel se meut le pouvoir de ces chefs a été si minutieusement tracé, qu'il équivaut à peine à un patriarcat dévolu aux plus anciennes familles. L'élection universelle dans toutes les fonc* lions, et une liberté illimitée acquise désormais aux passions de l'homme, comme loi sociale et absolue, font de la souveraineté un titre presque honorifique, un titre de luxe, d'apparat. Autour des chefs plus de gardes, plus de bourreau à leurs ordres, plus de tribunaux sous leurs mains. La liberté est complète, puisque tous les penchants sont légitimes, régalilé ne Test pas moins, puisque, dans les pha* langes, l'éducation est la même pour tous, les fonctions accessibles à tous, les voies de fortune et de grandeur ouvertes à tous, et aux mêmes titres. Quel rôle reste-t-il à un pouvoir dans une société ainsi faite? Il s'agit seulement de savoir si cette société pourrait fonctionner.

Cette liberté dont on vient de parler, Fourier

3 58 CHARLES FOURIKR.

Tattribue en do8e égale aux deux sexes; il fait mieux, il ne distingue pas. Si, chez lui, la femme ne joue pas le rôle important et exagéré qu^a voula lui attribuer le saint-simonisme, du moins lui restet-il une part assez belle pour qu*elle ne crie pas à Toppression et au sacrifice. Dans le mécanisme so* ciétaire Thomme domine, il est vrai, la femme dans les rapports d'ambition, mais la femme y domine Thomme dans les relations d'amour et de famille. Voilà donc que la femme est déjà le pivot du ménage ; mais Fourier ne prétend pas Ty tenir dans le séquestre et dans Tisolement. c L'Harmonie, ditil, ne commettra pas, comme nous, la sottise d'ex* dure les femmes de la médecine, de l'enseignement, de les réduire à la coulure et au pol-au-feu. Elle saura que la nature distribue aux deux sexes, par égales portions, l'aptitude aux sciences et aux beaux-arts, sauf la répartition des genres, le goût des sciences étant plus spécialement affecté aux hommes et celui des arts plus spécialement aux femmes. »

L'une des plus vives, des plus touchantes sollicitudes de Fourier, c'est l'éducation de l'enfance et l'éclosion de ses vocations. On voit qu'il parle de l'enfance avec amour, avec bonheur ; un père n'est pas plus prévoyant et plus tendre. Il est vrai que là était tout son espoir, toute sa chance à venir. Les hommes qui ont vécu sont de fer aux idées

COiRLES rOimiER. SS9

nouvelles ; Tenfance est une cire molle qui reçoit et garde toutes les empreintes. Aussi il faut voir avec quel soin Fourier classe ses élèves en six tribus, en leur donnant des noms distincts et familiers; comment il s'élève contre notre système d'éducation, qui tend à les laisser sous la direction paternelle, toujours imprévoyante, d'après lui , et imparfaite, surtout quand il faut que Tenfant choisisse la direction la plus conforme à ses instincts et à son aptitude.

Opérer le plein développement de toutes les facultés matérielles et intellectuelles , afin de les appliquer à Tindustrie productive, tel est le système d'éducation de Fourier. Il le divise en cinq phases. L'une, de première enfance, est celle où les nourrissons reçoivent dans un dortoir ou sérislère commun les soins d'hbmrocs, de femmes et d'enfants, formés en groupe pour ce travail. Ainsi , ces soins donnés à l'enfance ne sont plus un service banal, mais une vocation, une fonction sociale. Le rôle de nourrice a, lui-même, son importance. Fourier veut qu'une nourrice soit belle, qu'elle soit robuste, et même qu'elle ne fausse pas en chantant. Cette exigence s'explique dans un monde harmonien. L'enfant dort sur des hamacs et lihre de langes; on ne gêne pas plus ses mouvements que, plus tard, on ne gênera ses instincts. Dès qu'il peut marcher, son éducation commence. Alors il faut

S40 CHARLB8 FOORIER.

8onger à pressentir la vocation, à la solliciter, à la faire éclore ; il faut surveiller les élans de ces natures naïves, bien remarquer leur vice de choix, si c*est le furetage^ si c'est la gourmandise, si c'est la singerie, si c'est Tamour du bruit, si c'est la malpropreté. Dans chacun de ces faits, il y a une révélation : selon qu'il manifestera telle disposition ou telle autre, telle préférence, telle manie, l'enfani sera ouvrier, ou artiste, ou industriel, ou gastronome, ou agriculteur. Â cinq ans Fheure sonne pour un autre ordre d'exercices. Il s'agit d'agrandir autant que possible les passions sensitives et de pousser au développement du tact, de la vue, de l'ouïe, du goût et de l'odorat. Les cinq sens ont besoin d'une éducation, comme le corps d'une gymnastique: faute de J6u et de ressort, ils s'aiïecient avant Tàge et perdent toute leur subtilité De là liant de surdités et de myopies. L'éducation des sens doit, selon Fourier, restituer à la nature humaine l'énergie de ses organes, et le luxe des facultés physiques aide plus qu'on ne le suppose à la richesse des facultés morales. De neuf à quinze ans vient le tour de la vie active, de la vie sociétaire : c'est la période où les passions se manifestent par la voie de l'attraction, où les facultés se révèlent, où les vocations se trahissent. Â seize ans le cercle de l'éducation est parcouru : l'enfant finit» l'homme commence.

CHAnLES FOlIRtBR. S H

Vif

COHCLOSIOII.

La théorie de Fonrier peut se résumer en quelques mois. Émanciper et combiner les passions, associer les facullés et les intérêts, faire prévaloir dans le monde physique et moral rallraclion sur la répugnance, trouver dans le spectacle de Tunivers la voie analogique de nos destinées, voilà ce qn^il veut ; et pourtant, si courte qu^elle soît, cette formule n^est rien moins que le renouvellement entier du globe. Gela tient à une merveilleuse sagacité de rinventeur, qui, en faisant pivoter une idée, y trouve mille facettes brillantes, originales et inattendues.

Si Ton voulait maintenant établir un parallèle entre sa conception et celle des écoles rivales, on pourrait se convaincre combien elle les* laisse en arrière. La théorie de Fourier, complète dès 1808, a défrayé longtemps des théories qui le désavouaient en le dépouillant. Fourier ne copiait personne ; le saint-simonisme, pour ne citer que lui, s*est souvent borné à traduire Fourier. Seulement Fourier, plus sage et plus retenu, ménnge-t-il, dans son association, une pince au capital, c'est-à-dire à la propriété individuelle, que les disciples de Saint- Simon n'ont pas su respecter. Toujours grand sei-

Toai I. 21

249 CRARLBS FOURIBR»

gneur, mêmeqaand il bouleversait le inonde, Saint- Simon était d'ailleurs dominé par des idées d'autorité et de hiérarchie ; homme du peuple, Foorier obéissait à un besoin d'émancipation et d'affranchissement. Ainsi, Fourier a pour lui la date et la supériorité relative des idées : évidemment Favantage lui reste.

Entendons-nous dire pour cela que la découverte de ce dernier soit réalisable? bien s'en faut. Seulement il est plus facile de la nier que de la discuter. Elle transporte la critique sur un terrain où les points d'appui manquent; elle argumente dans l'inconnu. Objecterons-nous, par exemple, que l'émancipation des passions, idée très-peu neuvo d'ailleurs en théorie, peut déterminer des résultats contraires à ceux que Fourier en attend ; que l'état sauvage, entre autres, celui où les instincts sont le moins refrénés, n'est pas, à beaucoup près, un état social qtre l'on puisse présenter comme type et comme modèle? A cela, Fourier nous répondra que son système emporte non-seulement le libre essor des passions, mais aussi leur satisfaction plénière, ce qui est loin d'exister dans l'état sauvage, condition de misère, de privation et d'abrutissement. Objecterons-nous encore que, pour certaines passions sensuelles, l'expérience d'une liberté sans frein est faite depuis longtemps, et que ces passions, la gourmandise, par exemple, vont toujours au delà

CHARLES FOURIBR. ^913

des satisfactions permises et raisoiuiables? Fourier nous répondra que les passions,dans leur incohérence et leur servitude actuelles, ont un jeu faussé qui disparaîtra dès que l'équilibre et Tharinonie régneront parmi elles , et que , daus Tordre sociétaire , il ne resterade la gourmandise, invoquée comme obstacle, que ce qui sera juste et nécessaire pour Tamélioratîon des produits gastronomiques. Si nous persistons en demandant où pourra être Futiliié de la paresse , il nous sera répliqué que la paresse , fille du travail répugnant, n'est pas une passion radicale, mais seulement un vice de notre civilisation, vice annulé dans le travail attrayant, organisé par courtes séances. Ainsi du reste : le monde nouveau fournit solution à tout, et quand la controverse s'agite dans une éternelle pétition de principes , il n'y a plus qu'à se taire.

On peut néanmoins établir, dans les idées de Fourier, une ligne de démarcation entre celles qui touchent aux passions et celles qui ne traitent que des intérêts. Sur ce dernier point, plusieurs de seis combinaisons séduisent par leur originalité , et l'épreuve pourrait en être tentée sans péril. La division du sol en petites parcelles a incontestablement ses livantages : elle multiplie les propriétaires et donne de profondes racines à l'esprit de conservation ; elle protège la société contre un partage violent. Mais divers inconvénients sont attachés à ses excès. Là uù

â4i CHARLES FOURILR.

le soi s'émielte à l'infini, la petite coliiire domine et les bénéfices (les grandes exploitations disparaissent. Bien des forces se perdent ainsi par le fractionnement ei s'usent dans le délail.A ce point de vne, Fonrier a eu raison de désirer une alliance entre les intérêts humains, qui aujourd'hui se séparant ou se combattent. Le but est donc louable ; les moyens sont-ils également heureux? c'est ce dont on peut douter jusqu^à preuve du contraire. Fourîer compte beaucoup sur l'attraction dans le travail, et il s'est donné un mai infini pour trouver la formule de ce problème. Ce qu'il a écrit là-dessus fait honneur à son imagination : on ne saurait être plus ingénieux qu'il ne l'a été dans, l'organisation de ces groupes industriels , exécutant la besogne par courtes séances et comme à l'envi. Malheureusement ce n'est là qu'un rêve. Le travarl ici-bas est issu du devoir : son mobile n'est pas l'attrait, mais le besoin. Le novateur et ses disciples ont beau multiplier les exemples à l'appui de leur donnée, citer l'ardeur qu'apporte la jeunesse au bal, rappeler une foule d'occasions où l'on accepte la fatigue comme un plaisir. Ces faits ne prooTcnt qir'une chose, c'est que toute diversion, dans la vie humaine , est une joie et toute exception une jouissance. Le travail est pénible, parce qu'il est continu, obligatoire. Que le bal devienne une nécessité journalière, il cessera d'être un divertissement : c'est le conte du pâté d'anguilles.. Le travail par groupes

serait peut-être cbarmani le premier jour ; le second jour il; paratlrail moins agréable et , au bout de six mois, il aurait quitté ses allures de fêle. Foarier^ qui a tant étudié le cœur bumain, a dû remarquer sans doute qu'il dédaigne ce qu'il a pour aspirer à d'autres, conquêtes. Cet instinct détruit tout son système. En vain espère-t-il captiver Tbomme par la variété, le promener, comme un sultan blasé, au milieu de surprises toujours nèuvelles.Cette variété deviendrait bientôt un tourment, une lassitude. Il n'y a qu'à jeter les yeux autour de nous pourrencontrer de ces. mortels à qui le sort a tout départi, et qui n'ont d'autre peine en ce monde que celle d'être accablés de leur bonbéur.

Fourier suppose également que l'une des tenr dances les plus énergiques dé l'homme est le bruits le mouvement en commun, l'agitation : il ne fait pas une part assez grande au liesoin d'isolement, et de concentration. Le sentiment qui pousse à l'amour du ehez'soi, qui fait que l'on se clôt, même sans nécessité, qui donne tant de prix à un jardin, à un champ, à une maison , à une chaumière que l'on possède, ce sentiment, tout personnel qu il est, a de profondes racines dans le cœur humain, et Fourier n'en a pas suflBsamment tenu compte. L'intérêt que l'on prend aux choses est proportionné au droit qu'on y a^ et souvent au souci qu'elles donnent. Il est certain que ce sont là des penchants étroits qu'une

téfi CHARLES FOUaiER*

cîvilÎMtion élevée doit combaUre ; maïs la compree»aion n'étaat |KIs admise par Fourier, il ne peut se dérober aux conséquences de celle passion universelle que Ton nomme Tégoîsme. Le culte de riniérèi solitaire n'est pas, comme on pourrait le supposer « un produit factice de Télat social, mais bien un in* stinct profond, persévérant de notre nature. Quand rÉvangile conseillait au chrétien le détachement, il voulait lutter contre le démoule plus actif de Tàme. Fourier espère tromper celle passion et en faire un instrument de bonheur ; c'est une illusion. Il n'a pas suffisamment étudié Tégoîsme , ses bizarreries , ses exigences, son despotisme. Que de gens ici-bas aimentmieux être malheureux à leur manière qu'heureux à la manière des autres !

. En étudiant l'organisation du travail, telle que la oonçott Fourier, on y trouve encore une contiadic* iion, au moins apparente. H admet la division comme moyen de perfectionnement, mais il supprime la continuité qui engendre le dégoût. Ainsi un groupe exécutera une besogne , par courtes séances, et la quittera après l'avoir effleurée. Nous douions que cette mobilité ait pour les travailleurs tout l'attrait qu'on lui prête. Le plut rude instant d'un travail est précisément la première heure; il faut se fMUre, comme l'on dit, entrain; la facilité n'arrive qu'à la longue.On aurait donc à essuyer la phase la pluspénible d'une tâche qu'il faudrait laisser, au meilleur mo-

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ment , ponr aUer recommencer ailleurs et sur d'autres frais une iniiialion nouvelle. Évidemment c'est là un attrait fort peu attrayant. Si le travailleur n'a rien à y gagner, on peut craindre que le travail ne •'en trouve pas mieux. Jusqu'ici le perfectionnement d'un ouvrage manuel tenait à sa division en parcelles confiées à plusieurs mains. Chaque détail, ainsi traité, acquérait, comme on le devine , une plus grande valeur, le même ouvrier exécutant constamment la même chose et avec une habileté toujours croissante. Fourier maintient ce principe qui lui parait fécond, mais il l'anéantit dans une combinaison contradictoire. Il divise le travail^ mais il le livre à des mains successives. Un groupe phalanslérien aura dix, quinze, vingt parcelles de travail à exécuter : il voltigera d'un atelier à l'autre, il ne sera pas obstinément attaché à une seule nature de production. Soii; mais alors les avantages d'une pratique incessante, sur un point donné, disparaissent. Cette exécution à la légère est incompatible , ce semble , avec la supériorité du travail.Un groupe qui fait tout, qui est propre à tout , ne peut pas tout faire avec l'habileté de Fonvrier qui n'exécute qu'une seule chosOy qu'un seul détail. Pour concevoir d'autres résultats, il faut apporter, dans la question , cette foi particulière qui animait Fourier, à propos des merveilles de son monde imaginaire.

Cependant,quelque incomplètes qu'elles soient, les

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combinaisons industrielles n'en demeurent pas moins la partie la plus séduisante, la plus originale 41e sa théorie. L'association agricole est une idée féconde qui se réalisera tôt ou tard, quand le fractionnement du sol aura porté tous ses fruits. Les moyens de Fourier n'auront peut-él re jamais les honneurs d'une application vjraimenl sérieuse, mais on lui emprun-^ tera certainement son (irincipe. Ainsi, quant à l'organisation des intérêts, le novateur aura laissé quel« ques traces de sou passage , et le bruit qui se fait autour de son nom n'aura pas été vain. En revanche le mécanisme auquel Fourier veut soumettre les passions, sera moins heureux. C'est une prétention très-grande que d'aspirer à les faire concourir toutes au bonheur des sociétés, et cette prétention aurait besoin de s'appuyer sur une base plus solide que ne l'est la loi d'équilibre imaginée par Fourier. Voilà Je côté faible de ses idées : c'est pourtant celui que l'on défend avec le plus de chaleur. On a voulu relèvera la hauteur d'une démonstration ma thématique^ et en faire le point de départ d'une science exacte. Par un procédé d'analogie, plus ingénieux que fondée Fourier a traité les passions comme uA musicien traite les notes de la gamme , comme un physicien traite les couleurs du prisme. Rien n'est plus déce* vaut que cette méthode. Le monde moral ne saurait être l'objet d'une science positive ; il est trop mobile , trop divers , pour que Tintelligence humaine

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poisse le dominer dans son entier. Bien des passions ont échappé à Fourier dans cette analyse, et si son monde de fantaisie pouvait se réaliser; il y naîtrait sans doute des passions nouvelles qui tromperaient et déjoueraient ses calculs. Sa loi iériaire ne doit donc être regardée que comme un jeu d*esprit qui ne manque ni deiiouveauté ni de grâce. L'imagination peut la revendiquer : la science n'a rien à y voir.

Ainsi c'est par les détails seulement, et par un petit nombre de détails, que la doctrine de Fourier a quelque chance de pénétrer dans notre monde , rebelle aux expériences. Elle est pourtant Tobjet des espérances les plus vastes ; on la croit destinée à gouverner un jour les sociétés humaines. Ce sont là des chimères. Quand on aspire à réformer l'humanité tout d'une pièce, il y a trop de combats à livrer ; c'est vingt sièges dans un siège : un préjugé s'est à peine rendu qu'un autre se révolte. On a contre soi les intérêts qui s'inquiètent, les positions qui se défendent, les routines qui s'effarouchent. Un esprit spéculatif se transporte facilement dans les sphères de l'idéal ; mais un peuple ne l'y suit pas. L'humanité est comme ces malades qui aiment mieux endurer une douleur familière et connue que s'abandonner aux hasards d'une opération héroïque. Tout au plus subit-elle de loin en loin quelques progrès timides, lentement essayés, lentement consentis. Cet instinct des sociétés, s'il a ses écueils , a atissi ses

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avantages : il reèule peuuèire le mouvement du progrès , mais il oppose une barrière utile à l'empirisme.

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