‹ Études sur les réformateurs, socialistes modernesChapitre 8 sur 34 · LU DANS LA SÉANCR PUBLIQUE DU 11 JUIN · texte numérisé non relu

LU DANS LA SÉANCR PUBLIQUE DU 11 JUIN

Un espril ferme el juste, un écrivain habile, a jelé les yeux sur un des incidenls moraux qu*on avaîl vus se produire en Europe à la suite de nos grandes commotions politiques ; il regarde ces expériences isolées, ces tentatives individuelles de réforme sociale , qui ont succédé aux mouvements tumultueux des peuples , et ont voulu tantôt nier tous les cultes, tantôt prendre la forme d*un culte, et simuler Fen- Ihousiasme d'une religion nouvelle. Pour

^!2 RAPPORT DE M. VlLLEMAm.

mieux apprécier ces entreprises conlemporaiues, il parcourl d'abord les utopies sociales que des esprits élevés ou rêveurs avaient cançues dans tous les siècles, et en présence de toutes les formes de société ; il remonte jusqu^à Platon avant de descendre à la nouvelle ^tlantide cherchée de nos jours^ et il passe» pour y arriver, par les systèmes de Thomas Morus, de Bacon, de P'énelon, des intelligences les plus fortes, des génies les plus purs. Mais si celle revue ra'pide des espérances du passé atteste le principe tout à la fois de progrès et d*illusiou que Thomme porte en soi, la justice rendue à ces nobles précurseurs de perfectionnement social n'empêche pas le nouvel observateur de juger sévèrement ce qu*il y avait de vain dans leurs espérances, ce qu'il y avait de vain et de coupable dans des théories plus récentes.

Il est des illusions paisibles qui charmaieni quelques imaginations, sans agiter le monde; il eh est de menaçantes qui ne tromperaient aujourd'hui la société que pour la corrompre , la posséder violemment et la détruire. C'est là ce que Thislorien des nouveaux réformateurs a voulu combattre, sans prévention injuste, sans animosité personnelle, mais avec une logique inexorable pour les faux principes. Ce qu'il

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