T'ON
(3) Rubens-Duval, note sur le monument funéraire appelé 22 (Rev. Sémm., 1894, p. 259), après M. Clermont-Ganneau qui avait relevé dans le Talmud (Chekalim, 25) : « De ce qui reste (d'argent) pour un mort on lui construit un cippe sur son tombeau », y wa 1272, T2p. Nf5, «tombeau », se trouve déjà en minéen. Le syriaque se sert aussi du grec vaés pour signifier un monument funéraire. L'arabe a aussi n4ous dans ce sens. Au Sinaï on désigne sous le nom de nawdämis (cachettes) de petites constructions en pierre : ne serait-ce pas pour näwäwis, plur. de ndous, des « tombeaux », sepulcra concupiscentiae ?
(4) Eurnc, Nabataeische Inschriflen, p. 61; dans CIS., 11, n° 218, mais sans la figure.
us
qui est consacrée et elle l’est à un dieu étranger, comme les cippes votifs phéniciens, à un dieu de Bosra (1). Au même endroit une niche contient trois stèles, celle du milieu plus élevée, selon un usage assez répandu en Afrique (2). Du même genre est le n° 185 du Corpus araméen et le n° 190, stèle de deux mètres consacrée à Douchara. Cependant, chez les mêmes Nabatéens la mesdjida a aussi le caractère d’un autel. Et en effet ils étaient Arabes d’origine et nous avons vu chez les Arabes une tendance à confondre l'autel avec la pierre sacrée elle-même. C'est un autel, et tout à fait dans le goût grec, que le n° 161; il est hexagonal avec des médaillons et divers ornements; mais c’est un autel votif qui n’a pas dû servir aux sacrifices. Faut-il considérer comme une table d’autel ou comme la base d'une colonne le n° 188 qui sert actuellement d’abaque à une colonne (3)? Quoi qu'il en soit, ces objets devant lesquels on s’agenouille ne sont point des pierres sacrées divines ; leur caractère votif est assez marqué. Ils représentent la personne, ils sont comme un perpétuel cri de reconnaissance ou une prière toujours active. C'est, avec un certain luxe et des moyens plus puissants, la réalisation de tant de proscynèmes nabatéens gravés sur le roc et commençant par ces mots : « Qu'il soit gardé mémoire d’un tel devant Douchara (4) ». Là encore c'était la pierre qui était chargée de faire la commission au dieu!
Colonnes, Piliers, Khammanim.
Nous n'avons pas dissimulé que la distinction n'était pas toujours facile entre la stèle et le pilier ou la colonne. Nous avons même vu le mot propre pour les stèles, masseboth, appliqué à ces colonnes géantes qui sont les obélisques; et les cippes de Melqart rappelaient évidemment des piliers sacrés. Nous avons pensé cependant qu’il y avait
(1) NTYX ou NYK qui n’était pas documenté autrement. Noter maintenant ce nom dans Voyage archéologique au Safà, par MM. Dussaud et Macler, p. 168. Clermont-Ganneau est tenté d'y voir le dieu grec Arès; cette suggestion est fortifiée par la confusion de Suidas qui prend Oevcapns, forme fautive de Dusarès, pour le dieu Arès.
(2) Cf. le ph. 238.
(3) Au n° 336 je lirais plus volontiers K53D7 que M3 (éditeurs); l'objet est offert.
(4) Sans parler de ceux de Pétra et du Sinaï, on a relevé à Teima D7p N9 © 11727 NT, ar. 338. — NNND, le nom de la stèle de Teima, a été correctement rapproché par Hoffmann de l'arabe PACE pierre qui indique un chemin ou un tombeau. Winckler, AU. Forsch., II, p. 76 s., a proposé l'assyrien aswmilu, mot usité pour les stèles et inscriptions ornées; mais il a tort de reprocher à Delitzsch (AH W.) l'étymologie QD"; les Bédouins donnent encore le nom de wasem aux marques grossières qu'ils gravent sur les rochers dans leurs territoires.
vies
avantage à traiter séparément de ces monuments suivant leur caractère. Et même parmi les colonnes et les piliers, nous voudrions distinguer. Rien de plus célèbre que les deux colonnes du temple de Jérusalem : à ce propos on cite pèle-mêle tous les exemples analogues et on conclut en assimilant ces divers monuments aux Khammanim de l’Ancien Testament. 11 en résulte entre autres cet inconvénient que les deux colonnes du temple sont assimilées aux Khammanim, toujours sévèrement interdits. M. Perrot, dont le texte n’est pas exempt à cet égard d’un certain syncrétisme, a compris que les documents ne s’y prêtaient pas et nous dit dans une note (1) : « L'historien (Hérodote) se sert du mot orÿk«, qui ne serait pas bien appliqué à des piliers aussi hauts que ceux qui figurent sur la médaille de Paphos ».
Nous proposons de distinguer entre les deux grandes colonnes, d’une hauteur toujours très considérable, situées à l’une des entrées d’un édifice religieux, et d’autres piliers moins élevés, que nous croyons avoir été en relations plus étroites avec l'autel. II n’y a en tout cas aucun inconvénient à traiter le sujet sous ces deux aspects.
Le type des grandes colonnes, c’est la monnaie de la communauté des Chypriotes où l'on s'accorde à reconnaître le temple de Paphos. Ce sont deux hautes, très hautes colonnes formant pylône, s’élevant fort au-dessus des colonnes des portiques, terminées en une fourche dont les deux pointes sont émoussées par des boules. M. Perrot remarque très ‘justement que cette forme écarte plutôt l’allusion à un symbole igné (2): « la flamme, tranquille ou fouettée par le vent, ne présente aucune apparence qui ait pu suggérer l'idée de ces globes, lesquels étaient sans doute en métal, très probablement en bronze doré ».
À ce type il faut incontestablement rattacher les deux hautes colonnes placées aux propylées du temple de Hiérapolis où on pouvait monter et même séjourner; l’auteur du De de& Syrd leur donne presque soixante mètres de hauteur (3). Incontestablement encore c’est là le type des colonnes du Temple de Jérusalem sur lesquelles nous n'’avous pas à insister en ce moment. Elles ne se trouvaient pas à l'entrée du Hiéron, maïs à l’entrée du sanctuaire.
Ceshautescolonnes rappellentinvinciblementles obélisques d'Égypte dont le plus élevé connu n'a pas moins de trente-trois mètres, les anciens, qui ont pu exagérer 1c1 comme ailleurs, indiquant des chif-
(1) Histoire de l’art, IH, p. 120.
(2) Dans le système qui rattache ces piliers aux Khammanim, de la racine Lamm, « être chaud, brülant » ({. c., p. 121, note).
(3) $ 28 : ëv tobtorot roïot mponvhaloror xai oi paroi ÉcTäor, Toùs Atévuons Écthouto fxinv, AQÙ OÙdE TRUNXOVTA OPYULÉWV.
fres encore plus élevés. Les obélisques étaient, comme on sait, placés deux par deux devant l'entrée principale ou certaines entrées secondaires des temples. Sommes-nous ici en présence d’un usage sémitique, copié par l'Égypte? ou la Phénicie at-elle, comme si souvent, imité l’art égyptien? Les deux hypothèses sont possibles et peuvent même être vraies toutes deux, car un vieil usage sémitique a pu revenir à la Phénicie, transformé et agrandi. La question serait plus facile à résoudre si la Chaldée nous offrait ici des exemples, et il semble bien que c'est le cas. Dans ses fouilles à Lagach, M. de Sarzec à reconnu deux énormes colonnes rondes et M. Peters a trouvé à Nippour deux colonnes de briques d’un diamètre double de celui des autres qui supportaient le portique. Ces deux grosses colonnes étaient à l’entrée de la grande cour et M. Peters opine qu’il y en avait deux autres à l’entrée de l’aire du temple (1).
L'idée des deux grandes colonnes est donc probablement sémitique d'origine. D'autre part, la forme propre de l’obélisque doit être indigène en Égypte puisque nous relevons dès la V° dynastie de petits obélisques funéraires (2). Le plus ancien obélisque considérable (20 mètres) ne date, il est vrai, que du règne d’Ousourtesen I‘ {XII dynastie), et c’est à cette époque que nous constatons aussi un exemple assez frappant de la transformation de la stèle pour de grands usages d'architecture. Nous faisons allusion à l’obélisque de Begig (3), haut de 13 mètres, mais sur plan rectangulaire et non carré : il ne se termine pas en pointe; le sommet est arroudi avec une sorte de coche ou d’entaille qui devait servir à l'insertion d’un ornement de métal
IL se peut que l'Égypte ait voulu imiter un motif architectural de Chaldée, mais 1l lui suffisait, pour obtenir ce résultat, d’amplifier ses petites stèles, et il ne semble pas d'autre part que la forme spéciale de l’obélisque, toujours terminé en pointe, ait été celle des hautes colonnes sémitiques; le terme de phallus employé par Lucien le donnerait à penser, mais il est sans doute symbolique, car comment aurait-on pu séjourner sur une pointe?
On ne doit guère songer à trouver ces hautes colonnes en pays arabe et purement araméen, au moins sous une forme architecturale aussi parfaite : on pourrait cependant ranger dans cette catégorie Les deux obélisques qui paraissent marquer l'entrée du Haram de Pétra (4).
Nous reconnaissons un caractère différent à d’autres cas. Les piliers
(1) M. Jasrrow, The Religion of Babylonia, p. 623 s. (2) L'un d’eux n’a que 0,60 (PErroT, Hist. de l'art, I, p. 622). (3) PERROT, 0p. laud., I, p. 626.
(4) RB. 1898, p. 432.
dont nous allons maintenant parler sont beaucoup moins hauts, ils n'ont aucun rapport spécial avec l’entrée du temenos ou du sanctuaire et sont par leur nature plutôt un ornement adventice ou un objet du culte qu’un élément de la construction (1).
Ce sont d’abord les fameuses colonnes (!) du temple de Tyr. Il faut relire le texte d'Hérodote, si souvent cité (2). Elles sont à l’intérieur du hiéron, ce qui ne trancherait rien, mais l'historien ne dit pas qu’elles soient à l'entrée d’un édicule quelconque. Il les range nettement parmi les ex-voto, et leur matière indique assez qu'elles ne pouvaient être bien grandes; en admettant que ce ne soit pas vraiment de l’or et de l’émeraude, ce devait être cependant quelque chose de rare et de précieux. Et il faut ranger ici les colonnes du temple d’Hercule à Gadès (3) qui avaient, il est vrai, huit coudées; maïs c’est peu en comparaison des mesures précédentes, et si on ne les avait prises pour les colonnes d’Hercule, on serait tenté d’y voir de simples plaques commémoratives donnant l’état des dépenses faites pour l'établissement du hiéron! D'ailleurs elles sont en bronze.
Nous trouvons des piliers de cette dimension et presque en place dans ‘ile de Gozzo à la Giganteja. M. Perrot écrit (4) : « La pierre conique était renversée à terre; mais 1l a été facile de la redresser et de la mettre en place, encadrée et abritée dans une sorte d’édicule des deux côtés duquel se dressaient deux montants de pierre, deux piliersisolés ». D’après la figure, la pierre conique ayant environ un mètre de haut, les piliers ne devaient pas atteindre deux mètres. Peut-on dire qu'ils sont analogues aux immenses colonnes placées à l’entrée des temples chypriotes ?
Et c'est encore dans ce groupe que je voudrais ranger les deux colonnes que Pausanias a vues dans le sanctuaire du mont Lycée. M. V. Bérard a montré que ce sanctuaire grec était en réalité d’origine phénicienne (5). Les colonnes sont placées devant l'autel, dans la direction
(1) Tout est relatif; dans un sanctuaire de campagne non bâti, les piliers marquant l'entrée peuvent être considérés comme une partie intégrante de la demeure divine.
(2) IT, 44 : noi tôov mhovoiws xatecxevaopévoy &Xotoi te nodhoiot avabmuact, xal ÉV aûTS Aoav othhat OU, h UÈèv yovc0où &méphou, à à sapaydou Aou Adumovros Tac vÜxTus LÉyabos.
(3) Srra8ow, II; v, 5. Les uns pensent que les colonnes d'Hercule sont simplement Très Év To ‘Hoaxhetw té ëv l'adeigors yakuds éxTanyes, Év als àvayéypantar Td &vddwua Tic TapagxEuñs TOÙ (epoÙ.
(4) Op. laud., IX, p. 299.
(5) De l’origine des cultes arcadiens, p.72 ss. Paus., VIII, 388 7 : Iloù dE toù Bwuod xéoves ÔVo &ç Ent àvioyovta ÉcThuaotv fAuov, &etoi dÈ En aÛTOIs ÉmixpuaOL Tu YE ÉTL HaQOTEPX ÊÈTEroinvro. M. Bérard traduit 6; « presque ». Pausanias aurait indiqué que l'orientation n'était pas rigoureuse. Mais les anciens n’y mettaient. pas tant de précision, le soleil se levant, en somme, en bien des endroits; il me semble que le périégèle indique plutôt qu'on avait eu l'intention
du soleil levant, ce qui marque une consécration au soleil, et des aigles avaient été gravés sur elles, mais à la mode très ancienne, et ils étaient dorés. M. Bérard compare très ingénieusement une colonnette de Tyr qui porte vers le sommet le symbole solaire ailé : elle a 0,64 de haut!
Si on reconnait l'existence de ces piliers, avec un caractère distinct des hautes colonnes des pylônes, elles ont dû avoir un but particulier et porter un nom spécial. Le but même a pu être varié. Il semble que celles de Gadès étaient commémoratives, celles de Tyr votives; elles retomberaient alors dans la rubrique que nous avons ouverte aux stèles et cippes. Celles de Gozzo et du mont Lycée sont près de l'autel. Pour celles-là nous avons une analogie très précise dans les cultes cananéens mentionnés par la Bible, il s’agit des Khammanim. Tous les textes nous les représentent comme des objets du culte: ils sont en relation avec les hauts lieux (Lev., xxvi, 30; IT Chr., xiv, 4), avec les autels (Ez., vi, , 6; IT Chr., xxxiv, 4), surtout avec les Achérim (Is., XVI, 8, xx VI, 9, etII Chr., xxxi1v, #); noussavons même qu'ilssont placés avec d’autres objets plus ou moins mobiles, comme les Achérim et les diverses statues, non pas sur l’autel comme on traduit généralement, mais au-dessus de l'autel (1); ce qui peut très bien s'entendre de piliers placés à un niveau plus élevé (2). Ces objets sont brisés ou détruits (3), partageant le sort des masseboth. Le terme qui les désigne est toujours au pluriel, sans que le nombre soit autrement déterminé.
Que signifie le mot #hammanim et peut-il nous éclairer sur le rôle de ce qui nous parait être des piliers? Raschi l’expliquait (4) : « colonnes du soleil »; le soleil se dit en hébreu, quoique rarement, khamma, et cette explication ne peut plus guère être douteuse depuis que Palmyre a fourni une inscription où un khamma en même temps qu’un autel est fabriqué et oïffert au Soleil, dans le but d'obtenir sa protection. Un objet quelconque pourrait être consacré au Soleil,
de mettre un rapport entre ces colonnes et le soleil levant : elles étaient là pour se tourner vers lui. D'ailleurs 6; avec ri peut marquer simplement la direction. — Les pierres de Cadmus et de l'Harmonie citées par Bérard comme des colonnes phéniciennes sont peutêtre seulement des rochers; cf. Périple, éd. Didot, Geogr. gr. minores, I, p. 31.
(1) ombye 006 sus DNA, II Chr., xxxiv, 4.
(2) A rapprocher un objet inexpliqué, ph. 138, planche XXIX. Un Phénicien adore devant un pyrée suivi du symbole de Tanit et du caducée; au-dessus trois colonnes (?) sur une sorte de base, la colonne du milieu est plus haute que les deux autres.
(3) 92%, « briser », et YT3, « couper »; mais le sens peut être vague.
(4) Cette heureuse idée est d'autant plus remarquable que le grec avait complètement perdu la piste : Übnia, rà Éduiva yeporouira, Büelyuata, elwaa, reuévn! La Vg. oscille entre simulacra et delubra, à trois versets de distance (II Chr., xxx1v, 4, 7, et Ez., vi, 4, 6) et pour les autres cas IT Ch., x1v, 5 (Vg.) : fana.
mais ici la rencontre avec l’étymologie donne un accord satisfaisant (1).
Ces colonnes consacrées au Soleil étaient-elles des pyrées? Rien ne l'indique; les raisons de W. R. Smith reposent en grande partie sur une confusion de ces objets avec les colonnes-pylônes (2).
La consécration d’une pierre au Soleil se retrouve expressément chez les Himyarites; l’objet en question est décrit par le Corpus (3)
« saxzum rude et informe, super quod meridiem versus duo vocabula inscripta Deam Solem in hoc tumulo cultam commemorant ».
Nous avons essayé de distinguer, et nous croyons les distinctions fondamentales et originelles. Mais nous ne voulons pas non plus dissimuler les points de contact. La suture devait précisément se faire par ce pilier, intermédiaire entre la pierre sacrée et la stèle. Il ressemblait pour la forme aux stèles, on l’arrosait de sang comme on déposait les restes du sacrifice auprès de la stèle en faisant des libations; il avait une part spéciale à la vénération rendue à la pierre sacrée. Dès lors il est très probable qu'il a reçu plus d’une fois le nom de nusb ou de masseba. Ce qui importe le plus, c'est de reconnaitre la signification primitive de chaque objet. Nous ne contestons pas ici que les sauvages peuvent croire animé le rocher lui-même, mais nous pensons que, lorsqu'il s’agit de sociétés cultivées et beaucoup plus impressionnables à des influences réciproques qu'on ne le soupçonnaiït il y a quelques années, 1l était juste de rechercher quelle avait pu être l'influence d’une civilisation aussi perfectionnée et aussi vieille que la chaldéenne, avant de recourir à l’hypothèse des survivances de l’animisme. Sans doute nous ne sommes point sortis de ce qu’on peut nommer le fétichisme, maisnous ne devons pas reculer devant l’affirmation des faits, en haine d’un mot si vague. On nommera si l’on veut fétichisme le respect pour le drapeau qui renferme dans un mètre carré d'étoffe l’idée sacrée de patrie; le sentiment n’en est pas moins noble. C’est un besoin si impérieux pour l’homme d’avoir tout près de soi la divinité pour lui rendre un culte qu'il la renferme dans un tas de pierres alignées, qui deviendra le temple, ou dans une seule pierre; que cette pierre soit brute ou sculptée par Phidias, il n'y a guère d'autre différence que celle du progrès intellectuel et matériel qui éclate dans l’art; l’idée religieuse peut être plus dégradée sila statue est une Vé-
(1) Nous réservons entièrement la question de 27 5y2. (2) Religion of the Semites, p. 488 s. Si nous avons bien conjecturé au sujet du ph. 138,
la question serait tranchée, car le pyrée est ici distinct des colonnes.
(3) CIS., pars IV, n° 288 : DJDŸ PM; cf. n° 11 D désignant un monument sacré dédié à la déesse Soleil, d'après Hommel un autel pour encens; au n° 100 le ane est consacré, d'après une restitution probable, à IImaqqä de Bar’an.
nus de Praxitèle. La pierre sacrée est donc tout au plus une habitation du dieu, l’ébauche du temple et de la statue, et si elle n’est à l’origine qu’un autel ou un trône, le monothéisme lui-mème peut s’en accommoder. Par une véritable aberration du sentiment religieux elle a pu devenir le symbole de la vie, représentée par l'organe générateur. Mais la pierre a eu d’autres usages moins directement religieux à l’origine, quoique mélangés aux premiers dans le syncrétisme ancien. Les cippes ou stèles, piliers ou colonnes n'étaient pas d'abord uniformément des pierres adorées. Spécialement nous avons reconnu que la forme la plus absurde du culte des pierres, le bétyle mouvant et parlant, se trouve au terme plutôt qu’au début de cette longue évolution (1), et qu’il y aurait injustice à l’attribuer à ces patriarches sémites d’où nous vient le monothéisme.
(1) PERROT, 0p. laud., TT, p. 60 : « Jamais ces grossiers symboles ne furent l'objet d’hommages plus empressés que dans la décadence du monde antique. il y eut là un retour de la vieillesse vers les impressions et les goûts de l'enfance... » Nous avons essayé de montrer que l'enfance avait eu des idées relativement plus saines,