‹ Études sur les religions sémitiques (volume 2)Chapitre 49 sur 81 · REX · texte numérisé non relu

REX

« De Sydyk vinrent les Dioscures ou les Cabires ou les Corybantes ou les Samothraces. »

Voilà du syncrétisme qui ne saurait remonter bien haut. Dans Philon le trait d'union est marqué : « Ceux-ci ont les premiers inventé le vaisseau ». Il s’agit du perfectionnement définitif de la navigation. On pourrait traduire : galère, car une monnaie de Béryte représente les huit Cabires avec une galère en exergue. Ils étaient donc dieux de la mer, et on peut en dire autant sans difficulté des dieux de Samothrace, qui étaient les Cabires et les Dioscures. Les Corybantes sont peut-être là comme assimilés aux Curètes, considérés comme dieux des vents. Mais, pour Phérécyde, les neuf Corybantes sont distincts des six Cabires, trois du sexe masculin et trois du sexe féminin (1), et l’assimilation n'avait pas encore prévalu au temps de Strabon (2). IL faut noter aussi qu'Hérodote distinguait les Dioscures et les Cabires (3). Pour Clément d'Alexandrie, les Cabires sont les Corybantes (4); c’est donc un stage très moderne que représente Philon. On ne voit rien de bien phénicien dans ce syncrétisme, si ce n’est les Cabires eux-mêmes.

« Après ceux-là il en vint d’autres qui trouvèrent l’usage des simples et le remède contre les animaux venimeux et les incantations [curatives]. »

HISTOIRE DES OURANIDES (Fr. 11, 12°-27).

On est d'accord sur l’unité de l’histoire des Ouranides. Nous donnons donc d’abord la traduction de tout le morceau, en notant ses trois divisions principales : règne d’Ouranos supplanté par Kronos; règne de Kronos; institutions de Kronos.

« À Ja même époque arrive un certain Elioun, nommé Très-Haut, et une femme nommée Bérouth, qui habitaient près de Byblos. De ceux-ci naît Epigeios ou Autochtone (5), que plus tard on nomma Ouranos; car c’est de lui qu’on donna aussi le nom d’ouranos (ciel) à l’élément qui est au-dessus de nous, à cause de son extrême beauté. — 13. Il lui naît aussi une sœur des mêmes parents, qui fut nommée Gé, et c’est encore d’après elle, dit-il, que l’on donne le même nom à la terre (gê) à cause de sa beauté. Leur père le Très-Haut, ayant terminé sa vie dans une lutte avec les bêtes féroces, fut divinisé, et ses enfants lui consacrèrent des libations et des sacrifices.

14. « Ouranos ayant succédé à l'autorité de son père, prend en mariage sa sœur Gê et en a quatre enfants, Élos qui est Kronos, et Bétyle et Dagon qui est Siton et Atlas. D’autres épouses, Ouranos eut encore une nombreuse postérité. Gê en fut affligée et

(1) FHG., I, 74 6.

Page 1