‹ Etudes sur les Religions Sèmitiques (volume 3)Chapitre 32 sur 45 · et Hillesba'al fils de Bodechmoun, et leurs collègues · texte numérisé non relu

et Hillesba'al fils de Bodechmoun, et leurs collègues

20. Tout prêtre qui prendrait une redevance en transgression de ce qui est statué sur cette table, sera mis à l'amende ...

21. Tout offrant dun sacrifice qui ne donne pas le de la redevance qui ...

1) Le dessus des lettres de "ji:!* est caché par la cassure: cependant la restitution est très probable. Il s'agit d'un Baal spécial, cf. Ex., xiv, 2, 9. Selon toute vraisemblance, c'était un Baal de la côte phénicienne. Soit que le temple ait été élevé à Carthage ou à Marseille, il s'agit donc d'un culte transporté de la mère-patrie à l'étranger. — Le mot ryzne se lit pas, mais a été emprunté avec certitude à n" IGT. Le sens de tarif se dégage du contexte; un rapport satisfaisant existe avec l'arabe bd'a, c, b, a faire un contrat, stipuler », d'où le sens de « vendre ». — n»VT - pour mnnsa'at [en hébreu de Nt*:] signifie d'après l'étymologie « la chari;e » ;ici le pluriel). On serait tenté de traduire « les parts » comme Gen., xi.iii, 31, mais le mot s'entend surtout ici de ce qui est dû aux prêtres. Il vaut donc mieux traduire « redevances » (sacrées) comme Ez., xx, -10. — Ce qui manque a été bien suppléé par les éd., en partie d'après le n° 167, surtout d'après le u° 175 où il est question de dix personnes préposées aux choses saintes. Il s'agit sans doute d'un comité de ce uenrc. — n;*^, " fixer, poser » par exemple une statue, doit être lu au pluriel; on sait (jue le phénicien n'écrit jamais dans ce cas le waw non plus que le iod à l'état construit, écriture très défective. — "! suppléé d'après l'analogie d'autres cas est probahlement l'abrégé de '121, pluriel de il; i pour 21 se rencontre ailleurs, n"* 132 I, 170 1 ; c'est une abréviation analogue à celle des Juifs pour désigner leurs docteurs.

- Les éd. remarquent que les noms des suffètes se retrouvent dans les grandes familles cartbaginoises qui fournissaient des sulîètes; il est probable que ces magistrats remplissaient cette charge à Carthage et non à Marseille.

2) DJIzm est suppléé avec certitude d'après la ligne lî). Cette fornuile rappelle celles des monnaies des Ilasmonéens. Les collègues ne pouvaient pas élre d'autres suffètes, puisque ces derniers n'étaient que deux, mais le grand conseil de cen quatre membres ou lesénat.j cf. Arist., Polit., II, viii, 2.

3) Trois sortes de sacrifices, placés sur le même pied s'il s'agit de la rétribution en argent due au prêtre. Mais il ne sera jamais question du "llz D'^C pour l'allnbution d'une part de la victime soit à l'offrant, soit au prêtre, et ce sacrifice n'est pas mentionné dans le n'' 167 où il n'est pas question de redevance en argent au moins pour les victimes considérables. Il e>t vrai qu'à la ligne 11, ce sacrifice est en tête d'un passage qui se termine par la mention de la chair de la victime, mais on s'explique bien une tournure globale pour ce cas particulier, pour éviter des répétitions. Il ressort nettement de ces faits que le '^^Z Z^Z* est un holocauste un sacrifice où toute la chair est consmnée. et non point une sorte d'amphibie comme le proposent les éd. : t si propositum spectes, ad chsscm sacrtUcioriim dictorum selamim pevtiiviit, si formam, holocaustum fuit ». II y a contradiction dans les

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termes, car il élait de l'essence du salem de réserver de la viande pour la manducation. Dans le sacrifice T\Tr^ une partie de la chair va au prêtre, une partie à l'offrant. Le tarif n'avait pas à mentionner ce qui devait être brûlé, car c'était l'objet d'une ordonnance d'ordre sacerdotal probablement présupposée et que le prêtre n'avait aucun intérêt à enfreindre au détriment de l'offrant. Ce sacrilice est donc le sacrifice ordinaire de communion, le D''dSu7 ri:iî des Hébreux, comme les éditeurs l'ont très bien vu. Mais il en résulte que les Phéniciens ne donnaient donc pas à ce sacrifice le nom de dSt , et par conséquent ce mot devra avoir un autre sens dans le mot composé SSd dS'^. Que peut être dès lors le Hij? La grande majorité, les éd., Lidzbarski, répondent : un holocauste, comme l'hébreu S1S3. Cette traduction est certainement fausse dans notre contexte, puisque le prêtre aura le droit de prendre un poids de viande déterminé. La partie n'est pas indiquée, et peu importe à l'offrant puisqu'il ne reçoit rien dans notre tarif, ni dans la partie du n^ 167 qui existe encore. Dès lors ce sacrifice répond au pro pcccato ou pro delicto des Hébreux. A vrai dire, rien n'indique qu'il soit expiatoire, mais il rentre du moins dans la même catégorie, quant à la disposition de la victime. D'ailleurs est-il exact que le h'hz hébreu signifie « holocauste » ? Dt., xxxiii, 10 est sans signification précise. Dans Ps. Li, 21, h^hz^ nbl", « holocauste et b^S^ », on dirait bien plutôt qu'il s'agit de deux sacrifices distincts. Ils sont identifiés, dit-on, I Sam., vu, 9, S^Ss nSri, 011 on voit le sens adjectival primitif (Ges. *^). Mais il s'agit d'un agneau pour tout un peuple : était-ce le cas — l'unique — de dire qu'on le consume tout entier? Les LXX ont auv navT\ Tw Xxw et Klostcrmann a très bien vu qu'ils ont lu S"» SdS comme une abréviation pour Sntù;"' hzbi « pour tout Israël ». Le sens d' « holocauste » convient-il mieux aux deux autres textes, Dt., xiii, 17 et Jud., xx, 40? Oui, à condition d'insister sur le sens de « combustion » : ce sont deux villes qui sont brûlées 5 en particulier Jud., XX, 40, VJr\ S^^- , le sens de « sacrifice » est bien moins naturel que celui d' « incendie ». ^'ous pensons qu'il faut songer à une forme secondaire de la racine nSp, commune à tous les idiomes dans le sens de « brûler » . L'alternance de D et de p n'est pas impossible, d'autant qu'à côté deqalù, « brûler », prés, iqallu, l'assyrien a kalu^

« magicien, prêtre » (cf. le minéen r>^, « prêtre», et l'arabe r,^t, « brûler »). Dès

lors le SSs sera un sacrifice igné, et en effet dans le pro peccato l'action du feu entre nécessairement, tandis qu'elle n'est qu'accessoire dans le sacrifice pacifique ou de communion. Le SSz dSc sera le sacrifice igné complet, car nht2J ne signifie pas seulement « être en paix », mais « être achevé, complet », soit en hébreu, soit en araméen, soit en assyrien. Quant à l'étym. de JTJT^, elle paraît se rencontrer dans l'éthiop. Ti'^i, « appeler, inviter à un festin » (cf. I Cor., x, 27, « invoquer »). Et le mot normal pour sacrifier en éth. est TD, moins éloigné de n^lï que le p,J:o minéen. Dans ces

trois sortes de sacrifices, les prêtres ont droit à un salaire fixe, équivalant sans doute à leur peine, de dix pièces d'argent. Dix est écrit en toutes lettres suivi du chiffre phénicien pour dix; au contraire la valeur de la pièce n'est pas indiquée. Les éd. ont pensé avec raison qu'il fallait sous-entendre le mot Sp;2?, « sicle », comme Gen., XX, 16; mais faut-il lui donner la même valeur qu'au sicle hébreu (14^^ 55)? cela est du moins fort douteux : la somme serait exiguë. Dans le tarif de Carthage, il n'est pas question de cette redevance fixe, mais les peaux reviennent au prêtre et non il l'offrant, comme, chez les Hébreux (Lev., vu, 8). Il semble donc que la peau n'était pas brûlée, même dans l'holocauste. — Après la mention de cette redevance il n'est plus question du hhz dS;2?; en cas de SSd le prêtre a en plus (p rhy, comme l'hébreu i;s "?>*, Ex., xx, o; Num., ni, 4; Job, \vi, 14) un certain poids de chair.

Les éd. ont sagement conjecturé que ce poids devait être le double de celui que le prêtre prélevait sur un veau, 1. 6, de même que la redevance en argent. Là encore ils suppléent side, ce qui donnerait la somme dérisoire d'environ 10 livres [A^f' scô), et pour un veau, de 5 livres. Il vaut donc mieux supposer qu'il s'agit ici d'une unité de poids plus forte, que tout le monde connaissait et qu'il n'était pas plus nécessaire d'énoncer en matière de poids que le sicle quand il s'agissait d'argent. On ne dit pas ce qu'on fait du reste, mais il ne devait pas revenir à l'olTrant puisque cela n'est pas dit comme pour le sacrifice de rr.j:. Dans ce dernier cas le partage est énoncé.

4) Le prêtre a nijfp et nSï^ Les deux mots sont au pluriel; leur sens est impossible à préciser quoique les racines soient usitées dans les autres idiomes, -^y-», en hébreu, « couper, abattre », indiquerait les abatis, terme employé soit pour désigner la tête, le cou, les ailerons, les pattes de volaille, soit, s'il s'agit de grosses bêtes de boucherie, la peau, la graisse et les tripes, n-'ï* se rattache au syriaque pjji, « articulation », en hébreu -*à*n, « côté ». Il est peut-être question, sinon

des articulations proprement dites, du moins des parties connexes. Nous notons que la traduction est purement étymologique dans les deux cas. Comme il n'est pas dit ici « en plus du poids de 300... », il semble que dans le n^iï le prêtre n'avait rien de plus que les nr^p et les nSl'i. — Le verbe p": est au parf. consécutif (pluriel) comme en hébreu. — m", plutôt au singulier, puisqu'il s'agit d'iui seul animal. 0 peau », iiébr. T". — nihZ' ou □l'^'CJN* vn"" 167) ne doit pas être éloigné de 2*2"^':,*, « les tiges » ou « les montants » qui figurent I Reg., vu, 28 s.; ce sont donc les jambes ou les cuisses, assez naturellement avant a?2"2, « les pieds» (cL hebr. . — ^"•nx ne pouvant être écrit pour l'état construit comme l'hébr. nnx, on peut supposer avec Lid un substantif singulier (cf. hebr. n''ir;N), « ce qui demeure » de la chair après que tous les prélèvements ont été faits. Peut-être la peau, les jambes et les pieds sont-ils nommés spécialement, parce qu'on aurait pu les comprendre parmi les abatis. — L'offrant est nommé « le maître » ou « le propriétaire du sacrifice », comme en sabéen ^:}jh Uj (Hommel, Siid.-ar. Chrest., p. 25) et en assyrien bel niqi. C'est à lui

(ju^appartient l'initiative et que doit revenu' le mente.

5) Il s'agit maintenant de deux victimes inférieures, le veau et le cerL Le veau est déterminé par l'état de ses cornes; i:-|p, « ses cornes », le suffixe est écrit. Les éditeurs ont lu "iDnaiT^S. IDîia pour signifier « manque » est bien rattaché à la racine "IDH; l'accumulation des trois prépositions ydl, « dans l'état de », n'a pas d'analogie en hébreu, mais se retrouve en phénicien : i^n2cS, 0 pendant sa vie v, n' 46. Mais il est douteux qu'il y ait une lettre entre n et 1. N*^cr::N2 demeure impénétrable. Les éditeurs comparent le grec àtp.To'ç, mm castratus. Le veau ser.iil donc distingué, soit du taureau, soit du bœuL II faut supposer que les Carthaginois ont emprunté une forme vulgaire àTojxr^T6; — ou encore un mot berbère (Lid..'). — Le grec ajToaâTw;, a naturellement », est du moins plus voisin. S\x, « cerf », hébr. •?»»<, comme l'a vu Munk. Glermont-Ganneau l'a démontré très solidement L'imngerv' phénicienne, p. 69 ss.), en montrant que le parallélisme de l'inscription excluait le bélier (hébr. S\s: qui revient sous la forme -2\ Les parcs sacres permettaient de se procurer facilement des cerfs qu'on élevait presque comme des animaux apprivoisés». Le prix fixe est de moitié, le prélèvement de la chair en cas de 1^2 fixe a loO...; les autres dispositions sont les mêmes que pour un bœuf.

7) Nous passons au petit bétail. Il s'agit d'abord des animaux de pleine croi*. sance, espèces ovines et caprines, avec cette particularité qu'en iiébreu vj sigoiûe

toujours n chèvre », non bouc, tandis que ^2V, d'après la tradition hébraïque [Turgum de Jos., vi, 4ss.), signilie seulement « béher «. Il est à noter que cette tradition relative à la corne du jubilé, litt. du bélier, reçoit ici une précieuse confirmation. Quelques-uns (Renan, etc.) proposent ici le sens de bouc pour réserver celui de bélier à "^w, 1. 5, mais sans aucun fondement. On peut supposer que l'usage avait prévalu de sacrifier le bélier et la chèvre plutôt que la brebis et le bouc, ou que "•2^ et ">• désignent d'une façon générale les individus de pleine croissance dans les deux espèces, pour abréger. — Ici, à propos du droit fixe, le sicle est mentionné, ce (jui justifie la supposition qu'on en fait 1. 3 et 1. 5; à ce sicle on ajoute deux "l'y, monnaie de valeur inconnue. — A partir de cet endroit, les victimes ayant diminué d'importance, les prêtres n'ont plus rien de spécial dans le SSs; indice nouveau de la distinction des catégories. Les parts en cas de TO*lï demeurent les mêmes.

9) Il s'agit maintenant de victimes très jeunes, agneaux, chevreaux, et petits de '^\s* qui décidément ne peut être un bélier, puisque l'agneau est mentionné. IDNS mot araméen, employé par les Galiléens {Talm. Bab., tract. Erubin, fol. 58 a), d'après les éd., en assyrien immeru, « agneau », élym. inconnue. Sns* 113? dans ce contexte ne peut signifier que des « faons ». Halévy (ap. éd.) compare ini', « mûr » i Talm. Bab., tract. Betsa, fol. 7 a), synonyme de SlDi, « sevré ». On peut aussi songer à l'assyrien .sirpu on. yirbu, « laine peinte », à cause de la couleur tachetée des faons (d'autres essais sont cités Imagerie phénicienne, p. 75). — Le tarif baisse encore : trois quarts de sicle et un nombre de 17 que la lacune ne permet pas de déterminer.

11) La première lettre manque, elle est suppléée d'après l'analogie des victimes précédentes. Quoique la deuxième lettre soit entamée, elle paraît bien un ï; il est très naturel qu'il soit ici question de la moindre des victimes animales, les oiseaux. Le mot ne se trouve en hébreu à propos des sacrifices que pour la purification des lépreux (Lev., XIV, 4 ss.) ; d'ailleurs les seuls oiseaux admis étaient les tourterelles et les colombes ou pigeons. Ils ne figurent pas parmi les victimes du sacrifice pacifique, et aussi ne voyons-nous pas ici qu'il soit question de n^"iï, mais dans les holocaustes iLev., 1, 14-17; et les sacrifices expiatoires, comme offrande des pauvres (Lev., v, 7 ss.; \ii, 8^ Il est ici question de deux sortes d'oiseaux. pJN se rapproche facilement de la racine "j:;, « protéger, clore», d'où "ja, « jardin », de sorte qu'on arrive à l'idée d'oiseau domestique (éd.) ou du moins de volière, yï paraît plus qu'une simple épithete, puisque le n" 167 porte yyi, comme si c'était une autre sorte de victimes, yï est douteux, il n'est même pas certain qu'il soit équivalent de y^ï, en hébreu, « fleur ». Le sens de « plumes » (Jer., xlviii, 9) est fort incertain.

I^z n":*w avec le sens d' « holocauste » n'a rien d'étonnant. =]ï*^, éd. : hantspicinum, après cependant avoir noté le rapport avec =iï;27, « inondation de colère ». Il s'agit plutôt d'un sacrifice expiatoire. L'oiseau est spécialement propre chez les Sémites à purger de graves impuretés, celle de la veuve chez les Arabes, du lépreux chez les Hébreux. riTr; semble, au contraire, renfermer l'idée de divination, d'haruspice; cf. ."ITm, c voir », en hébreu; la racine existait peut-être en phén., cf. le nom propre, ar>"''»n. L'honoraire du prêtre est de trois quarts de sicle et deux 17 pour chaque. La chair appartient à l'offrant, positis ponendis^ puisque dans le cas d'holocauste il ne restait rien; cela pouvait fort bien se sous-entendre. Le partage eût donné un résultat insignifiant.

12) On pourrait croire qu'il ne s'agit plus ici de victimes à immoler, ce qui s'indiquait par 2, mais d'autres offrandes, hv, comme l. 14 et n" 167 1. 9 et 10; il se peut aussi qu'on ait voulu varier le style, naip semble répondre pour le sens aux « prémices v, en hébreu C"^!:!; la racine aip, «être en avant », peut facilement

donner ce sens. On ne saurait dire si ce mot avec son adjectif est au sing ou 3., plur. T, doit signifier d.i « gibier >. (Lin.), comme n.êhreu ry; comme par.lHe^r ordinairement t^radu.t par « huile >,, mais qui peut si.^niHer un . animal .Vas . (>„ l^l' rait aussi prendre -y dans le sens de l'hébreu nr^-, « provision de bouche J- .1 !Zx question des céréales et de l'huile. Mais il est dinicile de s'expliquer alors le mot n- -La redevance au prêtre est de dix pièces d'argent. Ce ne peut être que de très petite monnaie. Les éd. restituent [n^:]N, d'après Ewald, en comparant U- n-.j, (I Sam., II, 36) qu'on assimile à ma, mais sans que ce soit certain. En tout .7. 'l . U. cune ne peut comprendre que deux lettres.

13; Il semble au premier abord qu'il y ait ici une prescription générale et cmme une récapitulation; les éd. ne s'étonnent pas de cette redondance. Mai< on verra qu'il s'agit bien plutôt de points particuliers, soit d'après le cérémonial usité .oit d'àprès la qualité de l'offrant. Le mot nrï revient deux fois et les éditeurs ont pensé qu'il était donc susceptible de deux acceptions. Il est plus naturel de supposer que la seconde partie de la phrase supposait la situation contradictoire : i- cas la victime est portée devant les dieux; 2^ cas, elle n'est pas portée... Dans ce second cas, les prêtres n'auront sans doute pas ce qu'ils ont dans la première, d'après les règles posées ci-dessus, les n-^yp et les n^r. r*2> est traduit par Lid. «porter. tra>jni),en réservant cependant le sens propre liturgique du mot. Il peut aussi siuniGer « soulever . ; serait-ce un acte cultuel analogue à l'agitation de certains morceaux de la victime caractérisée chez les Hébreux par r^^2r\? D'ailleurs dans le sacrifice ordinaire des Hébreux on ne plaçait sur l'autel que ce qui devait être brûlé, c'est-à-dire peu de chose; peut-être obtenait-on que tout le sacrifice fût spécialement consacré aux dieux par un acte du prêtre qui prenait alors le maximum d'honoraires, r:-: est sans doute une préposition formée comme rirj. On peut donc supposer que chez les Phéniciens comme chez les Hébreux l'immolation, n::"? en hébreu, ryy en phén.. avait parfois un caractère profane. Dans ce cas la victime n'était pas présentée au dieu et le prêtre n'avait rien. Mais il fallait le dire, et il semble en effet que cette partie du tarif a en majeure partie pour but de restreindre les droits des prêtres.

14) La lecture de la fin de la ligne ne paraît pas être ce (|ue le l'orpus marque. Avant la cassure on voit bien la moitié du n et il est juste de suppléer n; mais on met aussitôt après i (également dans Lid.), en suppléant dans le Corims non pas dans LiD.^ □Jni"' 72"', a les prêtres auront... » ; or c'est bien ^ qui paraît dans l'autre bord de la cassure, mais l'intervalle est justement suffisant pour "i. connue a la li;;ne I.» : « les prêtres n'auront pas ». Et en effet on semble dire ici expressément que le sacrifice est fait par un « particulier », DIX, en offrande; peut-être dans ce cas les prêtres devaient se contenter de la partie des objets qui n'était pas consommé* par le sacrifier, sans redevance en argent, ou peut-être n'avaient-ils rien du tout. Ouant à ces olij»-ls, l'étym. de SSl indique seulement une chose humide. Il n'est pas du tout sur qu'il faille y voir une offrande mêlée d'huile (\V^. R. Smith) parce que le Lev., mi. iu, prévoit une ]'2d nS'.Sz nnJ*2, « un sacrifice arrosé d'huile u. Nous relrnons le lens général de libum (éd.), « libation >^ ; mais comme en latin avec le sens spécial dof fraude de vin, la libation par excellence ,'Lii)., Mise fi[op fer]).

Z'^n est à entendre une fois dans le sens de « lait », une autre l^ns dans le sens de « graisse » ; en hébreu z^n et z"*".

15) La ligne est complétée d'après le n'^ H)7, 1. C. Les éd. entendaient "t dans le seijs de < pauvre » ; ceux qui n'avaient ni troupeaux ni oiseaux ne devaient nen donner au prêtre : sens peu satisfaisant. La grande inscription de Carthape expliquer par

RELIGIONS JÉMITIQUK.^. ^

M. Berger a fait reconnaître pour St le sens de « avec »; et M. Clerraont-Ganneau a aussitôt proposé d'en faire Papplication à notre inscription {Recueil d'Arch. or., III, p. 8); « ce serait le cas des rapaoïofjtta, qui, interdits dans certains sanctuaires grecs, pourraient être licites chez les Carthaginois ». Le même savant a rendu encore plus net le sens de S" en citant {loc. laud., p. 24) D^J D\Î7 Si, « de bonne mémoire ». I/étvm. demeure douteuse; aux conjectures proposées par Clermont-Ganneau on pourrait joindre l'araméen SS", au paël, « rendre propre, spécifique », qui va plus directement que nS", « pendre, dépendre ». Lorsque le propriétaire lui-même faille sacrifice, il n'est rien dû au prêtre. Comme il serait étrange que cette ingérence des laïcs s'étendît même à la combustion de la victime sur l'autel, et qu'un droit serait dû au prêtre dans le cas contraire, il semble que le mot niT doive être restreint ici au sens d' « immolation » et d' « immoler ». Ce serait le droit pour tout le monde d'immoler son bétail sans l'ingérence des prêtres et par conséquent sans en faire un sacrifice proprement dit, tout en l'immolant dans le temple pour faire un festin religieux. Chez les anciens Sémites, du moins chez les nomades, toute immolation de bétail était un sacrifice; plus tard on distingua l'immolation profane et le sacrifice rituel (Deut., xii, 15); serait-il ici question d'une distinction sembUible? — La ligne devait se terminer par un blanc, comme la ligne 6 du n° 167.

16) On passe à un nouvel ordre d'idées. Il s'agit des corps constitués qui offrent un sacrifice; ils ne devront payer que comme un seul offrant. Le mérite d'avoir reconnu le vrai sens de ces deux lignes 16 et 17 appartient à INI. Clermont-Ganneau {Recueil, III, p. 2-5 ss.). Il est inutile de rappeler les essais de tout genre tentés auparavant. Le Cor'pus avait encore donne la solution la plus plausible : l. 16 : — « Omnis indigena et omnis incola et omnis parasitas deorum et omnes homines qui sacrificabunt... [dabunt] , 1. 17 : — homines illi trlbutum pro singulo sacrificio, secundum id quodpositum est in scripto... » Non seulement cette traduction rendait mal le sens des trois mots difficiles de la ligne 16, mais en les entendant comme des individus, elle enlevait à ce passage sa raison d'être, il allait de soi que chacun devait payer pour son sacrifice. Clermont-Ganneau a découvert dans l'inscription de Maktar le sens de « corps, collège », ou « assemblée » pour niTO, et n'a pas tardé à reconnaître que ce sens convenait bien ici. Le corps entier ne paye que comme une seule personne. D'ailleurs l'étym. de niîiD demeure douteuse. Il ne semble pas qu'on puisse l'isoler de """îN, « l'indigène », dont il est précisément question à propos du sacrifice de la Pâque, Ex., xii,19, 18. Nous rapprocherions volontiers ces deux mots dont les consonnes radicales sont ni", de l'assyrien zaràtu, qui signifie « tente » ; comme en arabe la tente indique la famille, ceux qui appartiennent au même groupe; le n tombe très souvent en assyrien, et sa présence en ce cas est indiquée par l'éthiopien serh, correspondant d'ailleurs à l'hébr. nnï (Jud., ix, 46), araméen NlT'lï, « hypogée ». Si l'assyr. se prononce la et non sa, ce qui n'est pas absolument certain, l'analogie existerait surtout entre l'hébreu et l'assyrien. — ns\27 aurait dû, semble-t-il, être mieux compris, mais c'est encore Clermont-Gariueau qui l'a le premier rapproché du sacrifice de clan, rinE'^TC "2"? de David (I Sam., xx.,6 et 29; cf. LXX), déjà cependant bien connu. — Le D"?N* n7"i'2 doit donc être, lui aussi, un collège. Au lieu de s'arrêter au sens hébreu admis de riTIG, « clameur », qui avait suggéré à Hoffmann pour notre endroit le sens de tîso'.ooVjto;, Clermont-Ganneau a rappelé que d'après la tradition hébraïque il s'agissait d'un festin, soit qu'il ait un caractère joyeux comme dans Amos 'VI, 7j, soit qu'il ait un cachet funéraire (Jer., xvi,5). Ce savant ajoute: « Je crois que, dans notre tarif, le mirzah-clim, littéralement : « mirzah de dieux », c'est-à-dire « wiir;a/i divin », désigne également un festin sacré ou, plus exactement, le groupe

des convives qui y prenaient part. Si cette vue est juste, nous aurions là sous ^ forme originale, la mention de ces fameuses sys^sitles des hétairies, ces clubs de Car thage qui, comme nous l'apprend Aristote iPoL, II, 1 1 3,, jouaient un rôle si considérable, aussi bien religieux que politique et mondain, dans la vie punique » {loc laud p. 29). — 11 s'agit ensuite de tout autres associations en vue d'un sacrifice qui étaient considérées comme légitimes. Le pluriel 2-in indique assez naturellement un groupement.

17) Il est sous-entendu donneronl, qui devait se trouver à la lin de la li-ne pncédente mutilée. — n^zn, pronom, * eux 0, ou bien comme ici prou, démonsir., « ces », plur. de xn. — nie, « mesure », se prête à la combinuison m-^'"^ phen' 319 ou T\1UZ comme ici, « selon que ». — rr, part, passif, de r«r, comme I,montre encore mieux la ligne suivante. — rin:n, « l'écrit «, n'est pas'cK.ir. Il ms'agit pas du tarif lui-même qui va être dénommé r£, I. 18, ni de ce que les éd. nomment le tarif général, de la ligne 18. Clermont-Ganneau n'a pas insisté sur ce point, il traduit : « sur le pied du tarif établi dans l'inscription i. S'il s'agissait d.' notre inscription, il suffisait de dire que les corps cuiiititucs paieraient comme pour un seul sacrifice, l'unité du sacrifice constituant l'unité de l'offrant. Il est donc fort possible que l'on soit renvoyé ici, non pas au tarif général, mais à un tarif spécial pour les confréries.

18) SzW, double négation, \n et Si. — ZZ ne peut être que la table de pierre analogue à l'aram. TE, « surface ». La a tunique )),aiDr, de Joseph [Gen.. wwii, 3) et celle de Thamar (II Sam., xiii, 18; ne seraient-elles pas réellement des tuniques de couleurs variées par plaques cousues, comme on en voit encore en Palestine.' — ■jnj doit être un niph'al, puisque le phén. dit au parf. "jn% non pas "jr: comme en hébreu (éd.). La table ne prévoyait pas tous les cas, pour les autres on renvoyait au tarif fixé par les personnages dont les noms suivent. La raison de notre table est donc soit de donner les cas les plus fréquents de sorte (pie pratiquement elle pouvait suffire, soit d'établir des mesures nouvelles pour les cas cités, les choses demcur.mi en l'état pour le reste. La première opinion est plus probable à cause de l'étendue des cas visés; mais ce qui pourrait insinuer un changement, c'est que par exemple dans le u'' 167 les peaux vont aux prêtres.

19) Le T\ qui commence la ligne permet de restituer r:r"Z; «"'est le nom du père du premier sulfete, ligne 1. Le second personnage nommé a le même nom et le même père que celui des lignes 1-2. Il semble donc que ce soient les deux mêmes personnes, énumérées dans le même rang. Le litre de sulTete man(|ue, ain^i que les deux grands-pères; mais cela même est une preuve d'identité, on pouvait plus facilement glisser sur un état civil déjà établi que s'il s'agissait d'autres suffètes antérieurs. Il n'y a donc pas lieu de s'arrêter à l'opinion de Mimk « t d'IIaléw enregistrée par le Corpus, que les snlfetes nommés en premier lieu m irquenl le temps de la composition de la table; les derniers, d'autres plus anciens, aiilcur> du tarif. Dès lors, il n'y a pas à s'étonner que la date de l'inscription ne soil pas mentionnée : c'est un extrait du tarif général, elle e.>t du temps marqué lignes I et 2.

20) Il ne reste plus qu'à stipuler des pénalités contre ceux qui ne se conformeront pas au tarif. Les prêtres d'abord : ils peuvent être tentés de prendre plus, yts : lecture certaine; sens assez naturel de « en plus, en dehors de . léd. /M-.rrer>; les éd. ont rapproché de \r,l avec le sens de « sauter, passer par-dessus -. l/assynen offre VN1(//AV.), prés, idas, « traiter injustement », qui est probablement l'évolution delà même racine (Del., Vrolegomena, p. 65). Le sens de « transcression . srrail mler-

médiaire. Dans ce cas le prêtre sera soumis à une amende, t?:" (cf. Ex., xxi, 2î2), dont le montant était sans doute indiqué dans la lacune.

21) La première lettre est 2, mais sans doute par erreur pour 3. « Tout offrant qui ne donne pas... » S — 3, mot difticile à suppléer. La première lettre est bien un 3 et la dernière "^ plutôt que n; entre les deux il y a place pour trois lettres; la seconde n'est ni D hDD) ni S (Sd) d'après les éd. et cela paraît très juste.

Inscription d'Echmounaza» (C/S., I, 3).

Au Louvre. Le sarcophage d'Echmouuazar a été trouvé en 1855 dans la nécropole de Sidon. Le plan du tombeau est reproduit dans CIS., I, p. 10 s.

D3ij? -Sa i-y:a*^x -Sa ^sSaS / /// -'^ i^riiNT -^d'^- nj^ri 'Sn nm 1

nSu: "iQï^S D^Ts: -Sd i-^rjatrx -|Sa in nni: -Sa njin -Sa p 2

7 -i^pn T nSnn -^s ir^*T riaSi< p ani diux aa^ -joa p iny Si 3

I 7 2D'^a n\s nns^ Sx dix Sdi riDSaa Sd nx ^ajp n:n *^\s opan 4 DV» Sni iiD^ra nSn n\s* n;^'' hi<^ Dja D;r \s» d Dja p ;2;p2i Sk 3

n:i2 ^arn Si^ -Jin"» Dai.s nx s]^ ^^xu 2dXl^)2 nS:? 7 iiDtran p 6

1 riDSaa Sd d

lyj^ Dï< 'ï^Dxra nSn n\s N^ri ;i:n Di< i 2^:^)2 nS"i nns* itn dtn Sd 7

a:i payi

:?Tîi p dS p^ Sxi inpi inp^ ^Ni D^^S"! nî< i3;r^a aS "jd^ Sn t id^ 8

pS d:2 S^L'a x:;5< "ns '-Sa' nî< Dtripn D:S.sn dji^dit Djnnn 9

n\s suri CsS DS ■? D3u;a nSs: nns"» xi^s sn dis as riDSaa rCiS Djnï 10

1 iDaS 'j;t^ aS p^ Ss nan naTiS as .xn n^Saa 71î ms it nSn il

oa p iny Si nSu3 p: "i:3s 3 ^u*^ nnn a^nn ism S:;aS is 12

p a:iï -Sa i-7Ja;:;s -js 3 -jjs naSs p an^ aTts oai -j 43

nir^^^as lasi n:r^ -jSa ir;:a;:\s -Sa p p 0:12: -|Sa njnn -jSa 14

712 nis ]Z2 'x:?' s Dnï "|Sa 177:a;L^s -Sa nn nDSan p2i ninu;y njn3 15

D-ns na-iir nin-JV ms p;:;^ ai y-is ]rj2 n[nn*^:r nn] n^s djSs 16

pjsi

•j:n:si ans aau '^:2v:i^ inz SSti T-t ^Tp h*:^ "îla^sS nn "j^n 1:7s 17

ani "jj! \:;iX

pi t;i Sv2 au* ninur^S nni p«: S-^iS m ai y^^"^ P^- n^"^^ l'^^'^^ *^

aDSa ps p nSys es nar; maS pu; lu;^ urs rrnsn pi nïis 1311 ist ms 19

ajJ2Dii nnsi Ss D-s S:t nsSaa Sd ns lajp ahvh ansrS a^JsS yis Si:i nSsr 20

inSy a;^:ci aS -^zra nSn ms sui Sst î nDUja:: pa';i Ssi mS:; t;i Ssi 21 aSyS a^.r nan aaism nh nDSaan p^pii Ss au;-pn djSs 22

L'inscription se divise en deux parties; la seconde commence au milieu de la 1. 13, ";:n3. La première partie est gravée deux fois à l'extérieur du sarcophage; sur la poitrine du couvercle et sur le sarcophage dans le contour du creux où reposait la tête-, la deuxième partie n'est que sur la poitrine.

II y a quelques variantes et quelques erreurs qui montrent que le lapicide n'a pas été très diligent.

Première partie. « Au mois de Boul, en l'an quatorzième du règne du roi Echmounazar, roi des Sidoniens, -' ûls du roi Tabnit, roi des Sidoniens, le roi Echmounazar, roi des Sidoniens, a parlé ainsi : ,Jai rlé retranché 3 avant le temps, au milieu du tissu de jours prospères, orphelin, fils d*une veuve, et je suis couché dans ce sarcophage et dans ce tombeau, ^au lieu que j'ai bâti. J'adjure toute personne royale et toutparticuli.-r qu'il n'ouvn» pas ce lit de repos et • qu'il n'y cherche pas des vases [précieux], car on n'y a pas placé de vases [précieux] , et qu'il n'enlève pas le sarcophage do mon lit de repos, et qu'il ne me ^ transporte pas 'de' ce lit de repos sur un second lit de repos. Même si des gens te parlent, n'écoute pas leurs mensonges I Car toute personne royale ou " tout particulier qui ouvriraient sur ce lit de repos ou s'ils enlevaient le sarcophage de mon lit de repos, ou s'ils me transportaient dans ce ^ lit de repos, qu'ils n'aient pas do lit de repos avec les Rephaïm, et qu'ils ne soient pas ensevelis dans un tombeau et qu'ils n'aient pas de fils ni de postérité •' à leur place, et (\uo les dieux saints les enferment avec le 'roi' Adar qui domine sur eux pour '" extirper cette personne royale ou ce particulier qui ouvrirait sur ce lit de repos ou qui enlèverait ce " sarcophage. Et quant à celte race royale ou à ces particuliers, qu'ils n'aient pas de racine en bas ni '- de fruit en haut, ni d'éclat parmi les vivants sous le soleil. Oui, c'est moi, infortuné, qui ai été retranché avant le temps, au milieu du tissu '^ de jours prospères, j'étais orphelin, fils d'une veuve.

Deuxième j^artie. Oui, c'est moi Echmounazar, roi des Sidoniens, (ils du '• roi Tabnit, roi des Sidoniens, petit-fils du roi Echmounazar, roi des Sidoniens, et ma mère Amaslarté, ^^ prêtresse d'Aslarté notre dame, la reine, hlle du roi Echmounazar, roi des Sidoniens, qui avons bâti los temples ^^ des dieux, le temple d'Astarlé, à Sidon, dans la région maritime, et nous y avons conduit Astarté en grande pompe (?j ; et c'est nous ' ' qui avons bâti un temple à Echmoun. prince très saint, à la source Idlal dans la montagne, et nous l'y avons installé en grande pompe (?) ; et c'est nous qui avons bâti des temples ^^aux dieux des Sidoniens à Sidon, dans la région maritime, un temple au Baal de Sidon, un temple à Astarté du nom de Baal. Et de plus le Seigneur des rois nous a donné *'•' Uor et lapho, splendides pays de froment qui sont dans la plaine de Saron, â cause des hautlaits 20 que j'ai accomplis, et il les a ajoutés au territoire du pays afin qu'ils soient aux Sidoniens à jamais. J'adjure toute personne royale et tout particulier qu'il n'ouvre pas sur moi -' et qu'il ne me mette pas â nu, et ({u'il ne me transporte pas dans ce lit de repos et qu'il n'enlev.' pas le sarcophage de mon lit de repos, pour que ces dieux saints ne les enferment pas, el qu'ils n'extirpent pas cette personne royale ou ces particuliers et leur race à jamais.

1) "i^SaS probablement infinitif avec vkI com]KiQini$ (Lii>. .

2) La prononciation de r:zr est inconnue. Ce n'est p..s le Tennes de Diodore dont le nom s'écrivait plutôt en commençant par Vn d'après les monnaies que lui attri-

bue Babelon {Les Perses Achèmém'des, clxxxi ss.). n:in peut très bien venir de n:z, comme l'assyrien nabîwtu, tabnû, « rejeton » ; ce serait un nom hypocoristique.

3) iT\V ^^2; cf. Eecle., vu, 17. — "jl pour ^2 avecClermont-Ganneau dans CIS. ; cf. JMeh., V, 18. "jDC est très controversé. La racine ""pD peut très bien avoir le sens de « tisser » ; cf. Ps. cxxxix, 13, et T]Da, « rideau » ; c'est une pensée analogue à celle du cantique d'Ezéchias, y. 12. — D17N ne peut être qu'une épithète de «jours ». Dans Hadrumète 9, c'est l'épithète de hy2zh^2 (le pluriel pour le sing.); le sens est donc « glorieux, prospère », plutôt que « maudit », d'après l'assyr. ezêvu, « maudire ». Cela répond bien aux exploits du règne. — HdSk dans le sens de « veuve » (comme CIS.) est confirmé par l'assyr. almattu. Le défunt ne gémit pas sur son malheur d'avoir été orphelin; c'est la douleur de la mère qui se découvre : veuve, elle perd encore ce fils orphelin sur lequel elle avait reporté toute sa tendresse : c'est encore là un des coups de la mort. Hoffmann : nbN y2 DU "'^"1 TN : « donc ma grandeur s'est terminée dans ceux-ci (ces jours) )•>. — nSn, « sarcophagiis ex conjectura ».

^)2Jp seulement en araraéen : « ma personne ». Ce mot gouvernant UN et ce qui suit, il faut supposer une ellipse : « j'engage ma personne envers telle autre que je me vengerai s'il commet telle action » (Holïmann). La langue de la Michna emploie une tournure analogue : « que je sois maudit si j'ai ou si je fais telle chose ».

5) p d'après l'analogie de Tabnit, 1. 4, peut signifier « dans nous », pour « auprès de moi ». Il peut avoir aussi le sens de « en lui », écrit defective, même dans Narnaka 2 13 (dans ces cas Lid. propose de donner à p la valeur de "jQ). — DJQ non pas mammàn ou le pluriel de nja, « mine », mais pour DINQ; cf. l'araméen "JNC, « vase; il s'agit des vases précieux d'or ou d'argent qu'on déposait dans les tombes. — ciT, participe passif avec Holfmann ou IDt? « ils ont placé », plutôt que D^*, « là », qui serait une tautologie.

2-^*C, « couche », ne peut guère être un autre objet que ïlSn, « sarcophage », puisque l'inscription gravée sur le sarcophage défend de l'ouvrir, 1. 4. Quant au sens, "zzXj^ indique la place où le corps repose, un sarcophage ou un lit, ou une auge. Nous prenons nS:; dans le sens de « sur ». Holfuiann tient à traduire « couvercle » (1), mais ce mot ne figure pas dans sa traduction. Le CIS. : « nec superediftcent lecto hulc cameram lecti alterius »; nSîT pour « chambre », mais DQi? ne peut signifier t< supercdificare » ; son sens ordinaire est « porter en soulevant ». A la ligne 6, 2ZC22, « moi qui suis dans ce caveau », à moins qu'on ne suppose qu'il y a 2 pour a, par la faute des graveurs. Peut-être •»:\17, « deuxième », au lieu de "iriK, « autre », fait-il allusion au second caveau qui surplombait celui où était le sarcophage; mais il faudrait alors l'article. Le défunt semble prévoir trois cas: qu'on n'ouvre pas le sarcophage, qu'on ne l'emporte pas, en le laissant nu sur le sol (cf. I. 21) et qu'on ne transporte pas le sarcophage, même en laissant le défunt dedans, dans un autre caveau, ici 23**17^. — □:~2,avec CIS. : « leurs mensonges »; cf. Job, XI, 3; Ilolïmann : « ce qui les concerne » == hébr. n"'12. Lid. préfère supposer une faute du lapicide et compléter d:[12]12.

7) Des trois clauses, la dernière serait incomplète, si on traduisait 0057 avec ïïoiïmann dans le sens de changer de sarcophage.

9) Le mot pz^^^ ici et 1. 11 dans l'inscription du dos; celle de la poitrine donne ici "|i)2- et 1. 11 nS'ZC Le dos a certainement raison à la 1. 11, où le mot signifie

(1) Les contextes cités ne sont pas très convaincants : à proprement parler, on n'ouvre pas un couvercle; on ouvre une boite en soulevant le couvercle; cf. 1. 21 où "inSy dépend de n^i qui ne peut signifier que « dénuder ».

une personne royale, opposée à mN comme précédemment; mais ici la personne est qualifiée de -^tn, au masculin-, la vraie leçon est donc probablement -p«2; « le roi puissant », est, dit-on, une allusion au grand roi, le roi des Perses ou un'piolémée. Cependant le grand roi est qualifié, 1. 18, « le seigneur des rois », et dans son adjuration Echmounazar n'a exclu personne, pas plus" le grand roi que le roi de Sidon. Il s'agit donc ici d'une personnalité assez puissante pour cbàtier qui que ce soit des pouvoirs humains. Le roi puissant est plutôt W roi Ad.ir, le maître du monde souterrain. Même si on prend ^-.n comme une simple epilhete, il est constant qu'elle s'appliquait à des divinités (CIS., 118, 2Ô5 et ici I. 19). Les dieux saints ou célestes seraient ici opposés au dieu infernal.

Dans leur préoccupation d'éviter le sens escliatologique, les éditeurs du r/S. et Hoffmann rendent lao par « livrer ». Mais outre que 1. 22 on ne livre à personne, le sens du verbe en hébreu est « enfermer » et c'est le seul qu'indiquent les langues congénères. Le passage rappelle clairement Is., xxiv, 22. — Dans tous les systèmes, il est difficile d'expliquer Sw'2; un parfait dans le sens du conjonctif est peu vraisemblable; nous préférerions le participe avec Lio.

10) Nous commençons une nouvelle phrase avec l'ace, absolu, parce qu'elle a son apodose 1. U par pi ^x. — L'adjuration est réduite aux deux clauses principales.

11-12) Les mots de « semence » et d' « extirper » mettaient sur la voie d'une comparaison qui se développe ici : les profanateurs n'auront pas de racine en bas, c'est-àdire dans le monde infernal dont ils sont extirpés par la seconde mort, ni de fruits en haut, c'est-à-dire de descendants; la beauté de l'arbre sous le soleil est peui-éirc une allusion à la bonne renommée laissée par le défunt, les stèles b:Uies en son bon. neur, son culte de famille. — Tn: probablement part. niph. de "iZn, « être pris en pitié, infortuné ».

13) L'inscription du dos se termine par ":î< primo loco.

15) Lire 'kl'N au lieu de DN, faute des deux textes. — PZ évidemment au pluriel.

16 et 17) Hoffmann distingue deux entreprises distinctes : des constructions nouvelles, comprenant le temple d'Astarté et celui d'Echmoun, dieu particulier de l.i maison royale, et des restaurations relatives aux temples du Maal de Sidon ei de sa deesstparèdre. Mais en réalité la phrase recommence trois fois, pour le temple d'Astarté. pour celui d'Echmoun et pour les deux autres. Ce qui est commun aux deux premiers, c'est la clause d'installation des dieux, qui semble bien indiquer une dédicace. D'autre part, après la clause « nous avons bâti les temples des dieux », les temples étant déterminés, on dit ensuite : « nous avons bâti un temple à Echmoun, nous avons bâti des temples aux dieux, au Baal de Sidon et à sa parèdre ». 11 est priaient de ne pas attacher trop d'importance à ces variations de style. Comme il est impossible d'admettre qu'Astarté, la déesse de Sidon, et Echmoim n'y aient pas eu de temples, nou.s pensons qu'il s'agit dans tous les cas de restaurations; les deux premières ont pu être plus importantes. On pouvait ramener une divinité chez elle avec autant d'éclat que lors de l'inauiiuration. Ainsi lit Assourbanipal pour la déesse Nana (1).

IG) Les éditeurs du ClS.ont comble la lacune par r-nCVrz,ee (jui doit être exact; car si on introduit plus tard Astarté dans ce temple, c'est donc le sien. On ne se contentera pas du suffixe comme l. i: pour Kchmoun, parce que le temple d'Astarté est un seul mot, et c'est la déesse, non le temple, <|u'on introduit, tandis que 1. 17 il y a « un temple pour Echmoun ». Le texte porte pr^', <liie Us éditeurs, suivis par IIolT-

(1) KB., II, p. 210 : « dans le temple qu'elle aimait, je l'ai installée ».

mann, Lidzsbarski (sans aucun signe diacritique), corrigent en pïL'^1 pour conformer à 1. IT.iMais l^'w •* donne un bon sens, de T^T"' pi. comme II Cliron., xxxii,30(l). Cependant la fidélité du lapicide n'est pas au-dessus de tout soupçon. — DTTN^aa;!? est une difficulté célèbre. Le CIS. : « ibi 7nagnificantes », soit D''1"TNn D'à; Hoffmann D1 "TN^Z Dw*, « comme une très haute personnalité » {als hôchster Person), et pour éviter la nécessité d'un adverbe de lieu après p*cJ'''l, il suppose ce verbe au pi. dans le sens de « constituer une demeure » ; mais peut-on continuer par l'accusatif? Il nous semble que c'est bien la personne de la déesse et du dieu, représentés par une pierre sacrée ou une statue qui est installée dans le temple, et dès lors le verbe signifie « conduire » (i;:;'' au pi.) dans le premier cas, ou « faire habiter » {2Wi au parfait hiph.) dans le second cas. Il est difficile de supposer qu'Astarté et Echmoun aient le même prédicat, comme par exemple « cieux glorieux » ou « nom sublime », tandis que la cérémonie supposait les mêmes sentiments chez les acteurs. L'interprétation de CIS. peut s'appuyer sur la nécessité d'une indication du lieu et sur ce que □"1~N"'2, pi. ou hiph., plutôt ce dernier, attesté par Is., xlii, 21 (et peut-être Ps. XVI, 3), correspond à la joie du cœur lors du transfert de Nana (2). Si on ne voit pas la nécessité de l'adverbe, on pencherait pour DIINQ Du}, « glorifiant le nom», justifié par Ps. VIII, 3,10; mais on s'attendrait à ce que wé soit déterminé. Le présence de D*2^ 2*2w* dans l'inscription du temple d'Echmoun a fait entrer la question dans une nouvelle phase; la lecture DIIN U)2^^ paraît s'imposer quel qu'en soit le sens.

17) L'inscription du temple d'Echmoun prouve qu'il faut lire dans la lacune après ■jG^N le mot "lir, « prince », et non pas lir, « champ, » ou Tir, « démon ». hhv p, accusatif de lieu. Renan a pensé à Nabi lahia {Missioii de Phénicie, p. 394).

18) Echmoun et Astarté étaient bien les dieux de Sidon; mais on n'ignorait pas qu'ils étaient adorés ailleurs; il s'agit maintenant des dieux spéciaux de la ville, probablement même des dieux éponymes. Le Baal de Sidon serait dès lors Sid. Vient ensuite Astarté du nom de Baal. Astarté est presque ici un nom commun : la déesse qui porte le nom corrélatif de celui du Baal; ne serait-ce pas Sida.^ La tradition connaissait deux éponymes, l'un masculin, l'autre féminin (cf. le chap. sur Philon de BybloS;. D'ordinaire on interprète ce wà moins littéralement, dans le sens qu'Astarté partage les prérogatives du Baal de la cité. D'autres lisent ^n'^, « du ciel » de Baal. — 7V' dans le sens ""', « et de plus », c'est un nouveau litre de gloire. — Le seiiineur des rois, le roi de Perse, puisque Dora était aux Sidoniens dès le temps de Scylax {Périple, éd. Millier, p. 79j. — maS est à expliquer avec Lid. d'après l'analoiiie den'T'ZD, C/.S., 16.5); S ou 3 avec niC, « mesure ». Donc TWTJ substantif, dans le sens d' « actions d'éclat ». Il s'agit, d'après l'analogie historique, de services rendus par la flotte phénicienne dont le roi de Sidon avait le commandement.

22) Sn, « ceux-ci » = hébr. rT^N. 'jïp''1, 3° p. pluriel avec noun. Les dieux saints ne sont pas tant ceux de la 1. 9 que ceux auxquels on a bâti des temples; d'ailleurs les mêmes en réalité.

Inscription de Taunit.

Trouvée en 1887 par llamdy Bey: maintenant au Musée de Constantinople. D'après le fac-similé de Lidzbarski, et Hoffmann, Ueber eini'je p/ioenikische Inschriflen.

(i) Toujours coinino Nana, nsiribsi, « je la fis passer ». {2, Eod. lue.

APPENDICES. ^jg

"jixz zzv n:-ï -;Sa nint^y ]n: -^n-iccs 2 n Sx Sx 7 ]iNn n\s psn es dix Sd rx ^c ; 3

n2n Sn S»s 7 ps2 2:u -j:n nSi -ce c:c S^r \nn 5

a;y nnn a^ns yi7 [-]S ^r^], Sx pain ur ^n'-^y nrrn n 7

^ Moi, Tabnit, prêtre d'Astarté, roi des Sidoniens, ûls d' ^ Echmounazar. prêtre d'Astarté, roi des Sidoniens, je repose dans cette caisse. ^Qui que lu sois, homme quelconque, qui trouverais cette caisse, oh ! n' ' ouvre pas sur moi et ne me trouble pas, car il n'y a point chez nous d'argent, il n'y a point chez nous M or ni aucune [sorte] de vases; moi seul y ai été jeté, reposant dans cette caisse. Ohl n'ouvre pas '^ sur moi et ne me trouble pas, car c'est une chose abominable à Astarté et si tu oses ouvrir sur moi et si tu oses me troubler, que tu n'aies ni de progéniture parmi les vivants sous le soleil, ni de lit de repos avec les Rephaïm 1

1) Le titre de prêtre d'Astarté passe avant celui de roi des Sidoniens; il a peut-être sa raison d'être; dans Echmounazar ce titre ne paraît plus. Comment peut on songer au Grec Philoclès comme descendant d'une lignée de prêtres nationaux!

3) D'après Hoffmann, 1*2 pour l'DZp; cf. CIS. 3, 1. 4 et 1. 30. La négligence du graveur à la ligne 7 autorise à supposer cette omission. On peut cependant supposer une tournure différente. 1*2 = « qui », riN* = « toi... qui que tu sois n... Cela s'accorde mieux avec le discours direct qui continue à la seconde personne. — 'pZT) de p"E, « tomber par hasard sur quelque chose » (Hoffmann^ — La négation redoublée donne une singulière énergie à la phrase.

4) On lirait plutôt tStn que pIN; cependant le i n'est pas toujours distinct du ". par exemple pN secundo loco. Nous ne voyons pas d'autre solution que celle d'Hoffmann : IN dans le sens de vraiment; p parallèle à p dans le passade analogue de CIS. 3, 1. 5, soit dans le sens de « chez nous », '^ + suflixe de la première ptTsonnr du pluriel, soit en supposant une forme limié^ comme binnê, au même* endroit, forme difficile à justifier. — Halévy a proposé le grec dooioxq.

5) d:^2 comme CIS. 'S, I. ô. — -'wD ne peut guère s'appliquer à ce qui précède, étant au siiig. On suppose que ~C est un nom de matière précieuse? .Nous le prenons comme part. hoph. de n;y, un peu dans le sens araméen. Ilollmann suppose enrore une faute de lapicide, n^yp^, « prématurément », comme CIS. 3, 1. 3 et 12. .Mais Li pensée exige bien plutôt l'hébreu *nS2, « moi seul u ; cf. Os., xiit, 4, où il est précédé du participe, il est vrai avec la négation; mais on peut dire qu'ici la négation commande toute la phrase.

7) Noter les infinitifs absolus pour fortifier la pensée. Les lettres entre crochets sont suppléées quoique le texte ne présente pas de lacune; — il faut bien supp.)s«r une erreur du lapicide, car ^:' ne donnerait aucun sens.

Larnax Lapituou (Chypre) [CIS., I, 95).

Dessinée par le marquis de Vogiié. Probablement de la fin du iv« siècle av. J.-C. La partie grecque d'après AVaddington.

'AOrjvoc Lwxsfpa Nfxrj Kai ^aaiXeo); IlToXe{Aa(ou

npa^{5r)ii.oç majjiaoç tov Bio[[xb]v àvé6[r)|-/.£V.

'AYa[0]f] TU7 ri

DVJ S)a[S] 5

A la déesse 'Analh, force des vivants, et au seigneur des rois, Ptolémée, Ba'alchillem fils de Sesmaï a consacré Tautel.

En heureuse destinée.

1) L'ancienne déesse jyzv est identifiée à Athéné ; l'épithète soteira est rendue au mieux. Mais on n'a pas trouvé d'équivalent en phénicien pour l'abstraction de la Victoire.

2) Le roi Ptolémée, probablement de son vivant (QDSa IX pour Q^iTin ]Mi^), est associé à ce culte divin, quoique le grec mette ici une diiïérence de cas, peut-être par erreur pour xa\ iSf/.r, TÏTrAsixafou.

3) Le nom grec ne correspond nullement au nom sémitique-, ce n'est ni une traduction, ni une approximation phonétique-, cf. ses mains dans le tombeau de Beit- Djebrîn.

4) •c:^p^ la forme hiph'il au parfait, confirmée par la forme nu;'Tp"» dans l'autre inscription de Larnax Laplthou, 1. 9.

5) hlT2 conservé dans l'hébreu michnique dans le sens de « planète qui règle la destinée, destinée ».

Au PiRÉE (CIS., I, 119).

Peut-être du ni'' siècle av. .T.-C.

"AcSTtT EaU{JLG£X'i^U.OU 2iSo)via.

Sm-i: dSn dmd 21 nSïjaiTi^ p h22T\i

.le suis Asept, fille d'Echmounchillem, Sidonienne, [et ce monument est celui] que m'adresse lathonbel, fils d'Echmounsillekh, grand prêtre du dieu Nergal.

Ici les noms propres ont été transcrits en -rec quoique le second soit assez fstro pié; SnjnUndique la forme assyrienne Bel et non Baal-, Nergal est aussi un nom assyrien, n^s», le pluriel pour marquer la divinité.

L'inscription tyrienne de Malte (C/5., I, i-i2 A et B).

Cette inscription est en deux exemplaires, semblables sauf la coupe des lignes, en phénicien et en grec. Chacune est gravée sur un socle carré, supportant un cippe légèrement ovale, orné à sa base de feuilles d'acanthe et brisé par en haut. La hauteur, base comprise, est de 1"^,05, la largeur de la base de 0'».28. C'est le meilleur éclunlillon des cippes tyriens (Heb., ii, 44). Un des cippes est à Paris, l'autre à La Valette. Probablement du ii° siècle av. J.-C.

Exemplaire parisien.

yiDVJ 3 1DN12V p ■'^zu^Ds :i ]u :{

Aiovuaio; xai 2apa7r((ov oî ISapaTriwvoç Tûpioi 'HpaxXcî àp/y,Y£T£i.

*A noire Seigneur, à Melqart, Baal de Tyr, qu'a voué- ton serviteur *Abdosir et son frère Osirchamar, ^ tous deux (ils d'Osirchamar, fils de *.\bdosir, car il a écouté '• leur voix. Qu'il les bénisse.

Ce qui a ici une importance considérable, c'est la traduction de "«y ^yz par ipy/jt- -T^<;. Le même Héraclès est qualifié ailleurs tjy£!j.ojv (Foucart, Les (issociatiofi'i religieuses chez les Grecs, p. 102) et (Jpx.T]Yoç (p. 107). Foucart cite une corporation de marchands et d'armateurs tyriens établis à Délos ; elle est consacrée au eulte dr 'HpaxXiou; tou Tup(o'j, izXth^ui'/ iyx(iG)'f zacaiTfou ytvovÔTo; to"; ivOp<ô::o'.;, às/rjoi o£ t% -aTpîôoç jzapyovTo;. Il n'y a pas à s'y tromper; ce ne sont pas là des litrf> proprement divins. Le Baal de Tyr, Melqart, assimilé à Héraclès, n'est plus qu'un héros comme lui; à vrai dire, le grand héros de Tyr, son fondateur, son éponyme. Et c'est précisément la définition d'Hésychius : ipyjjhn : T,ç^t; £;nûvyu.c', tCh

L'évhémérisme est déjà fort avancé. — On peut remarquer aussi l'identilé d'Osiris avec Dionysos et par suite celle d'Osiris avec ,Sérapis. I^s noms phrnicienformés par le nom divin et un verbe deviennent des adjectifs dérives du nom du dieu.

Inscription de .Ma'solb (i).

Clermont-Ganneau, liecueil... , I, p. 8! ss. ; Hgkk.mann, Ueberemige phoenikùchr bischHften, p. 20 ss.

Texte d'après la lecture et les restitutions de Clermont-Ganneau.

(1) Ma'^oub est situé à une pelitr lirure de la mer, entre T>r cl Plolémâï», à une hêuw tt demie au sud d'Ouinin el-'Auâmid.

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^ Portique du côté du levant et du septen-trion, qu'ont restauré les divins, représentants de Milka^astarté, et ses serviteurs, les citoyens de Hammôn, ''pour Astarté sous le vocable d'Achéra, divinité de Hammôn, ^en l'an 26 de Ptolémée, seigneur^ des rois, Tillustre, Evergète, fils de Pto'lémée et d'Arsinoé, dieux frères*^, la cinquante-troisième année du peuple de Tyr, ^ comme ils ont restauré tout le reste des san^ actuaires qui sont dans le pays, pour que ce leur soit en *^ mémoire et bon renom à jamais.

Le principal honneur du déchiffrement de cette pièce importante revient à M. Clermont-Ganneau qui a traduit ainsi qu'il suit : « Portique du côté du levant et du septentrion, qu'ont construit les e(im, envoyés de Moloch-Astarté et de son serviteur Baal-Hammon, pour l'Astarté en Achera, divinité de Hammôn; en l'an 26 de Ptolémée, seigneur des basilics, l'ilhistre, Évergète, fils de Ptolémée et d'Arsinoé, dieux frères, cinquante-troisième année du peuple de [Tyr]... ont également consfuit tout le reste... qui {sont) dans le pays, pour que ce leur soit {en souvenir et bon renom?] éternellement] ».

La dernière partie de l'inscription n'offre aucune difficulté. Hoffmann a accepté les restitutions de Clermont-Ganneau (d'après une inscription d'Oum el-'Awâmîd, C/5., I, 7;, et les a mises dans le texte phénicien. Ce sont bien les mêmes personnes qui ont construit le portique et restauré les autres sanctuaires. La date marquée lixe l'ère de Tyr (274-273) et correspond à l'an 122-121 av. J.-C.

Il n'y a pas non plus de difficulté sur les mots du début, quoiqu'il soit malaisé de savoir s'il s'agit de l'est et du nord, ou seulement du nord-ouest, de deux portiques entourant une cour ou d'une colonnade rangée le long d'un temple.

En revanche une extrême obscurité règne encore sur la partie religieuse de l'inscription.

D'après Clermont-Ganneau, « les elim ou oulim sont des personnages d'un rang éhvé, ojjtimates, piimores (Gesenius, s. v.), envoyés (cf. Waddington, n» 1890) (1) de Moloch-Astarté, divinité complexe qui s'est déjà révélée à nous dans une des inscriptions d'Oumm el-*Awamîd et de Baal Hammôn, divinité essentiellement carthaginoise; ils appartenaient peut-être à l'une de ces théories sacrées envoyées par (^rthage a la métropole tyrienne...

La façon curieuse dont le Baal Hammôn de Carthage est ici inféodé au Moloch- Astarté, au Moloch tyrien identique à Melkarth (Moloch de la cité), semble être un indice de la suzeraineté de la métropole reconnue par la colonie.

Le vocable Asfarté en Achera, ou dans l' Achera, prête à diverses interprétations que je ne puis aborder en ce moment; Astarté, comme Moloch-Astarté lui-même à Oummel-'Awâmîd (C/.S\, n° 8), est qualifiée, en outre, de El Hammôn, « divinité de Hammôn s.

(1) Celte référence c->l très heureuse : Aov/.io; 'Ax^/.alr^atO'j sjaegfcâv] y.al Tîsfx^eetU] Oitô tf,ç xvp':a[; 'AJTapyitTj'^;.

Hoffmann a objecté que Molocli-Astarté n'était nullement le Melqart de Tvr'i) et de plus que jamais les Carthaginois n'auraient reconnu d'une manière aussi humble rinfénorité de leur dieu. Un dieu nest jam lis le domestique d'un autre. Cl Gannrau pourrait répondre que dans un fragment d'Euripide (.V/j/./;, fr. orj; Hécate est .lualifiée servante (Xâipiç) de Déméter, mais il est impossible de donner celte epiihele au dieu Baal Ilammon qui régnait sur toute l'Afrique.

Il est également très difficile d'admettre que des Carthaginois ab-nt entrepris, non un pèlerinage ni un voyage pour olfrir des sacrifices, mais toute une série de constructions dans un pays qui appartenait alors à l'É-ypte, et encore dans un simple district.

Ed. Meyer a proposé une autre solution (2). El Hammân est le dieu honore par un Hammân ou pilier-stèle. D.ms ce pilier est censé se loger le Haal Maunnàn, inférieur par conséquent à El Hammàn, ce dernier identiûé, comme on sait, avec Malkiaslari. Donc d'après les dispositions de Malkiastart et de son serviteur Baal MamiuAn, on a élevé un portique à Astarté qui habile dans Tachera ou pieu sacré, comme Baal. sa contre-partie, habite dans le pilier. Mais nous opposons derechef que Baal jjam mân ne peut être le domestique de El llammàn; rien ne prouve qu'il habite dans le pilier consacré à El, car plusieurs cippes de Malikbaal sont consacrés, non pas à El Hammân comme l'exigerait la théorie, mais à Baal Ilammdn lui-même i3 .

Hoffmann a suivi une tout autre voie. H traduit : « Le iir.md portique du nord [est cehii] qu'ont [de nouveau] construit les divins, les envoyés et les serviteurs de la Reine (4) Astarté, citoyens de Hammàn, en l'honneur d'Vstarté, dans le lieu(.'. de la divinté de Hainman... » etc.

La base de cette interprétation est dans le nom de llammôn. Ouuim el-'Aw;hnid se serait d'abord nommée Hammôn. Ses citoyens principaux avaient la charç;e des temples de la région. Ils ont donc restauré ;i Ma'soubet aux environs des sanctuaires consacrés à la divinité de leur ville, Astarlé, divinité de llamuiôn. Pour rexi>tencc d'un lieu nommé Hammôn, sinon à Oumm el-'Awàniîd qui paraît être de fondation récente (6), du moins dans la contrée, on peut citer 'Ain llàmoul, et le Hammôn de Jos., XIX, 28, dans la tribu d'Aser.

Au premier abord ce système est assez déconcertant. Quand (mi a lu des centaines de fois le nom de vzn ^71 comme celui d'une divinité carthaginoise, il parait étrange de le traduire ici « citoyens de Hammôn «. Nous croyons cependant qu'il faut s'arrêter à cette solution.

TCn S>2 ne se rencontre jamais en dehors de la sphère d'influence carthaginoise ; si nous renonçons à la mission religieuse des Carthaginois dans ce coin perdu de Phénicie, il est très légitime de le traduire autrement. En dehors de toute considération tirée de cette inscription, on n'hésiterait guère à placer à l'on. ll:hnoul le Hammôn de la tribu d'Aser. Mais ce sens admis, il est étonnant (|u'IIolTmann n'ait pas vu que les citoyens de la ville formaient une antithèse avec les elim. Ceux-ci sont bien, si l'on veut, des princes, mais leur litre de messauers de Milkaaslartt» leur donne un caractère sacré, probablement exprime aussi par le mot ehm, d.nns * .

(1) Le norn n^nCWO ne se rcnconlie qu'ici, dans ClS. 8 et dans r/.s. r.U\ où Ion voil que celte divinité avait un temple à Carlbimc (2j Supplément à un premier arlide sur Baal, dans RosciiEn. Lrr.inflh., I. c. Î8W t«. [3) ClS., 123 a; 123 b; U7; 19i.

(6) 1)1 (U'in Siz : ailleurs in dcm Cultitlnl. (6) Clermont-Ganneau, hludcs..., I, p. 6i ss.

Si ces grands personnages ont droit au titre de Messagers d'Astarté, les citoyens de Hammôn se contentent du titre de « ses serviteurs ». m^ est un pluriel avec le suffixe, comme l'entend d'ailleurs HofTmann, en le rapportant à tort aux elini. Le suffixe est-il féminin ou masculin? Notre cas étant encore isolé, on ne peut raisonner d'après les analogies de la langue. Il nous semble qu'Hoffmann a encore raison de prendre n"!nrV3'^^ pour une divinité féminine. La suppression du n dans D^Sd n'est pas plus anormale que dans mn^kiri^QN pour nin;:rS?naN\

Le caractère féminin de la divinité est prouvé par la double équation, Milkaastarté est Vûn Sx, dans l'inscription d'el-'Awâmîd (CIS, 8) (1) et Astarté est ici 7?2n Sn, I, 4. Or Astarté est bien au féminin. Mais comment une déesse peut-elle être qualifiée de El ? Ce serait en effet impossible, El étant un dieu masculin dans le paganisme; ici encore il faut donner raison à Hoffmann qui lit "îSn, le pluriel construit (2). Les faits ont confirmé cette hypothèse, puisque nous savons maintenant que elim se disait non seulement d'un dieu, mais d'une déesse (3), avec le sens singulier de la divinité. Après cela nous ne comprenons plus qu'Hoffmann mette un génitif entre niwN qu'il prend pour un pieu sacré et la divinité de Hammôn. Ce serait donner à cette dernière un caractère spécifique qu'elle n'a pas non plus dans l'inscription d'Oumm el-'Awâmid où elle n'a que le caractère d'une apposition qualificative. C'est aussi pour cette raison que nous résistons à la tentation de rapprocher IT^^rN de l'assyrien aclirou, « sanctuaire ». Maintenant qu'on ne peut plus douter de l'existence du vocable Achéra pour la déesse cananéenne, il faut purement et simplement la reconnaître ici.

Nous traduisons 2 « sous le vocable de » , « en qualité de », d'après l'analogie de Ex., VI, 3 (4).

Les faits sont très simples. La grande déesse cananéenne, Astarté, était la divinité des gens de Hammôn à Hammôn même sous le nom de Milkaastarté, au lieu nommé aujourd'hui Ma'soub, sous le vocable d' Achéra. La ville principale avait sans doute un temple considérable, dont les prêtres ou les administrateurs, nommés elim, « divins » , se considéraient comme les chargés d'affaires de la déesse pour la restauration de ses sanctuaires dans toute la région. Nous savons comment ils se sont acquittés de leur office 122 av. Jésus-Christ.

Cosmogonie babylonienne.

1, Début du poème Enuma élis.

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