‹ Études sur les religions sémitiquesChapitre 19 sur 88 · HÉROD., II · texte numérisé non relu

HÉROD., II

(7) Frag. Hist. Grœc, II, p. 500.

(8) On ne peut opposer que le dieu-poisson babylonien est Éa (Ae); le fait est incontestable, mais Bérose parle d'un second monstre semblable au premier (Oannès). Quant au mélange d'homme et de poisson, l'auteur grec n'a donc pas confondu.

mais ne serait-ce pas un pur caprice étymologique (1)? D'après ce dernier auteur, Kronos avait donné en mariage à Dagon la concubine d'Ouranos, et pour Hérodote la déesse d'Ascalon n'était pas autre chose qu'une Aphrodite-Uranie (2).

Il serait très plausible que le dieu Dagon, qui parait être à Babylone un dieu du ciel (3), ait été en Phénicie figuré et compris de deuxmanières selon l'étymologie qui prévalait. L'Astarté-Uranie serait devenue sur la côte une déesse-poisson pour s'accoupler au Dagon d'Ascalon.

Mais d'où vient l'alliance de mots Atargatis?

Si tout ne nous trompe pas, la fusion s'est faite en terre araméenne et nullement à Ascalon ou sur la côte de Phénicie. La forme du nom de la déesse est araméenne, le dieu Athé ne se trouve jusqu'à présent qu'à Palmyre et les monnaies d'Atargatis sont des monnaies d'Hiérapolis, la capitale sacrée de la Syrie, Bambyce. Aussi est-on d'accord (4) pour reconnaître Atargatis dans la déesse syrienne que le traité de Lucien a rendue célèbre.

Mais Athé est étranger aux autres peuples sémitiques (5), et son culte tel qu'il se pratiquait à Hiérapolis, est notoirement un culte d'Attis. On est très tenté d'identifier le dieu phrygien avec Adonis : tout paraît semblable dans le nom même et dans la légende d'Attis, sauf la mutilation (6).

L'union de la déesse Atar et du jeune dieu phrygien se serait opérée sous le nom d'Atargatis, devenu en grec Dercéto ; or il n'y avait en somme qu'une déesse, cananéenne ou syrienne, sauf des modifications locales. On a donc pu appliquer à plus d'une déesse cananéenne, lorsque l'araméen eut prévalu, le nom d'Atargatis, prononcé par les Grecs Dercéto. De plus, les origines premières du culte d'Hiérapolis semblent

(1) laytov o; scrn liita'/. '0 ôs Aaywv, èTisiSr] £-jps (tÏtov xat àpotpov, èxXiQÔyi Zeù; 'Apotptoç (Phil., II, 16).

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