NUS IMPERII ROMANI
On a cru que ce soleil n'était autre que Mithra (4). Il est probable que l'empereur n'a pas négligé le mlthriacisme qui pouvait être un des éléments de sa synthèse, mais sa pensée paraît avoir été plus large (5). Il voulait créer un culte général, qui fût admis de tous, et
(1) Apulée, Métam., XT, 5.
(2) On peut regarder comme sémiliques ceux d'Aphrodite en Chypre et ceux d'Adonis qui étaient particulièrement naturalistes.
(3) De superstitione, 12 : t/iv ôà S-jpiav Osov ol S'.i(7t6a([ji,ovs<; vojxîî^ouo-iv, àv (xatviSaç xiç ^ àçyaç çày^, là àvTtxvyjaia SisÔceiv, eXxedt xb (jà)|xa uiiJLTCpàvai, ffuvTiixeiv to ^uap. Nous avons déjà cité sa réprobation de la religion carthaginoise, De superst., 13.
(4) Cela parait être la pensée de M. Cumont (Dictionnaire des antiquités, v» Mithra).
(5) Léon IIoMO, Essai sur le règne de l'empereur Aurélien, Bibliothèque des écoles françaises d Athènes et de Rome, fasc. 89 (1904), p. 184-195.
spécialement qui pût embrasser à la fois rOccident et l'Orient. C'est pour cela qu'il fit placer dans le temple du soleil les statues d'Hélios et de Bel (1). Ainsi le vieux Bel chaldéen, après avoir gagné du terrain dans toute l'Asie, en dernier lieu assimilé au soleil, pénétrait jusqu'à Rome pour régner sur l'empire, et c'était bien lui qui triomphait, car l'Occident n'avait jamais rendu au soleil un culte de premier rang.
Ce succès dura peu. A ce moment le Christianisme était sur le point de devenir lui-même la religion impériale.
Les religions sémitiques, impuissantes à se propager en Occident, lui disputèrent du moins le terrain en Orient. Ce n'est pas le lieu de raconter cette lutte. On sait que ces religions furent vaincues. Leur dernier refuge fut l'Arabie, dont on fait le berceau de la race.
Menacées à la fois par le Judaïsme et le Christianisme, elles étaient en pleine décadence quand parut Mahomet. Sous l'influence du monothéisme ambiant, on en était arrivé à dire « le dieu », Allah, pour dire (( Dieu ». Mais, comme le remarque Nôldeke, « ce ne fut sûrement pas le résultat d'une spéculation propre » (2). Le même savant ne voit pas pourquoi on ne prendrait pas au sérieux les paroles du Prophète, qui reprochait à ses compatriotes d'adorer les filles d'Allah. Il y avait alors beaucoup d'idoles et de sortilèges. La religion n'était pour personne une affaire du cœur; on l'observait par routine, pour faire ce qu'avaient fait les pères (3)...
Ainsi finirent ces religions qui sont censées avoir donné le monothéisme au monde.
(1) ZosiME, I, 61 : £v TO'JTw Ô£ To ToO *HX(ov> 5st[Jià(X£vo; Upov {JLcyaXoTTpETiio; toîç aTrô XlaXixupa; è-tofffjLTQasv àva9iQ[xa(7iv, *HXiou te v.xi BiqXou xaOïSp'jaa; àyàXjxaxa. M. Homo, dont la théorie nous paraît pour l'ensemble très juste, a eu le tort de traduire Baal, négligeant ainsi la forme spéciale du dieu oriental.
(2) ZDMG. 1887, p. 714.
(3; NôLDERE, l. ;., p. 715, d'accord avec Wellhausen.
INSCRIPTIONS PHENICIENNES