T- INSCRIPTION DE Ma'sOUB
Clermont-G ANNEAU, /lecwei/..., [, p. 81 ss. ; Hoffmann, JJeher einige j)hoenïhische Inschriften, p. 20 ss.
Texte d'après la lecture et les restitutions de Clermont-Ganneau.
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(1) Ma'.soub est situé à une petite heure de la mer, entre Tyr et Ptoléraaïs, à une heure et demie au sud d'Oumm el-'Awâmîd.
^ Portique du côté du levant et du septen-trion, qu'ont restauré les divins, représentants de Milka'^astarté, et ses serviteurs, les citoyens de Hammôn, ^pour Astarté sous le vocable d'Achéra, divinité de Hammôn, '^en Pan 26 de Ptolémée, seigneur *^ dés rois, l'illustre, Évergète, fils de Pto- Hémée et d'Arsinoé, dieux frères, ^la cinquante-troisième année du peuple de Tyr, ** comme ils ont restauré tout le reste des sanc^^tuaires qui sont dans le pays, pour que ce leur soit en ^'mémoire et bon renom à jamais.
Le principal honneur du déchiffrement de cette pièce importante revient à M. Clermont-Ganneau, qui a traduit ainsi qu'il suit : « Portique du côté du levant et du septentrion, qu'ont construit les elim, envoyés de Moloch-Astarté et de son serviteur Baal-Hammon, pour l'Astarté en Achera, divinité de Hammon; en l'an 26 de Ptolémée, seigneur des basilics, l'illustre, Évergète, fils de Ptolémée et d'Arsinoé, dieux frères, cinquante-troisième année du peuple de [Tyr]... ont également construit tout le reste... qui {sont) dans le pays, pour que ce leur soit {en souvenir et bon renom?) éternellement. »
La dernière partie de l'inscription n'offre aucune difficulté. Hoffmann a accepté les restitutions de Clermont-Ganneau (d'après une inscription d'Oamm el-'Awâmîd, CIS., I, 7), et les a mises dans le texte phénicien. Ce sont bien les mêmes personnes qui ont construit le portique et restauré les autres sanctuaires. La date marquée fixe l'ère de Tyr (274-273) et correspond à l'an 222-221 avant Jésus-Christ.
Il n'y a pas non plus de difficulté sur les mots du début, quoiqu'il soit malaisé de savoir s'il s'agit de l'est et du nord, ou seulement du nord-est, de deux portiques entourant une cour ou d'une colonnade rangée le long d'un temple.
En revanche une extrême obscurité règne encore sur la partie religieuse de l'inscription.
D'après Clermont-Ganneau, « les elim ou oiilim sont des personnages d'un rang élevé, optimales, primores (Gesenius, s. v.), envoyés (cf. Waddington, n» 1890) (1) de Moloch-Astarté, divinité complexe qui s'est déjà révélée à nous dans une des inscriptions d'Oiimm el-'Awâmîd, et de Baal Hammon, divinité essentiellement carthaginoise; ils appartenaient peut-être à l'une de ces théories sacrées envoyées par Carthage à la métropole tyrienne...
« La façon curieuse dont le Baal Hammon de Carthage est ici inféodé au Moloch- Astarté, au Moloch tyrien identique à Melkarth {Moloch de la cité), semble être un indice de la suzeraineté de la métropole reconnue par la colonie.
« Le vocable Astarté en Achera, ou dam V Achera, prête àdiverses interprétations que je ne puis aborder en ce moment; Astarté, comme Moloch-Astarté lui-même à Oumm el-'Awâmîd {C.I.S., n« 8), est qualifiée, en outre, deElHammon, « divinité de Hammon».
Hoffmann a objecté que Moloch-Astarté n'était nullement le Melqart de Tyr (2), et de plus que jamais les Carthaginois n'auraient reconnu d'une manière aussi humble l'infériorité de leur dieu. Un dieu n'est jamais le domestique d'un autre. Cl.-Ganneau pourrait répondre que dans un fragment d'Euripide {Nauck, fr. 949) Hécate est qua-
(1) Cette référence est très heureuse : AoOxio; 'A>c[xa]6a(o'j e'j<7ô6[(3v] xal ue[Jiç8et[ç] utcô Tïjç xi>pia[; 'A]TapYàTyi[ç.
(2) Le nom nintî7!rZ)SQ "e se rencontre qu'ici, dans CIS., 8 — et 250, où l'on voit que celte divinité avait un temple à Carthage.
lifiée servante (Xàipiç) de Déméter, mais il est impossible de donner cette épithète au dieu Baal Hammôn qui régnait sur toute l'Afrique.
Il est également très difficile d'admettre que des Carthaginois aient entrepris, non un pèlerinage ni un voyage pour offrir des sacrifices, mais toute une série de constructions dans un pays qui appartenait alors à l'Egypte, et encore dans un simple district.
Éd. Meyer a proposé une autre solution (1). El Hammân {sic) est le dieu honoré par un Hammân ou pilier-stèle. Dans ce pilier est censé se loger le Baal Hammân, inférieur par conséquent à El Hammân, ce dernier identifié, comme on sait, avec Malkiastart. Donc d'après les dispositions de Malkiastart et de son serviteur Baal Hammân, on a élevé un portique à Astarté qui habite dans Tachera ou pieu sacré, comme Baal, sa contre- partie, habite dans le pilier. Mais nous opposons derechef que Baal Hammôn ne peut être le domestique de El Hammôn; rien ne prouve qu'il habite dans le pilier consacré à El, car plusieurs cippes de Malekbaal sont consacrés, non pas à El Hammôn comme l'exigerait la théorie, mais à Baal Hammôn lui-même (2).
Hoffmann a suivi une tout autre voie. Il traduit : « Le grand portique du nord [est celui] qu'ont [de nouveau] construit les divins, les envoyés et les serviteurs de la Reine (3) Astarté, citoyens de Hammân, en l'honneur d'Astarté, dans le lieu (4) de la divinité de Hammân... » etc.
La base de cette interprétation est dans le nom de Hammôn. Oumm el-'Awâmîd se serait d'abord nommée Hammôn. Ses citoyens principaux avaient la charge des temples de la région. Ils ont donc restauré, à Ma'soub et aux environs, des sanctuaires consacrés à la divinité de leur ville, Astarté, divinité de Hammôn. Pour l'existence d'un lieu nommé Hammôn, sinon à Oumm el-'Awâmîd qui paraît être de fondation récente (5), du moins dans la contrée, on peut citer 'Ain Hâmoul, et le Hammôn de Jos., XIX, 28, dans la tribu d'Aser.
Au premier abord ce système est assez déconcertant. Quand on a lu des centaines de fois le nom de VOU Sj?! comme celui d'une divinité carthaginoise, il paraît étrange de le traduire ici « citoyens de Hammôn ». Nous croyons cependant qu'il faut s'arrêter à cette solution.
■jan hv'D. ne se rencontre jamais en dehors de la sphère d'influence carthaginoise; si nous renonçons à la mission religieuse des Carthaginois dans ce coin perdu de Phénicie, il est très légitime de le traduire autrement. En dehors de toute considération tirée de cette inscription, on n'hésiterait guère à placer à l'on. Hâmoul le Hammôn de la tribu d'Aser. Mais, ce sens admis, il est étonnant qu'Hoffmann n'ait pas vu que les citoyens de la ville formaient une antithèse avec les elim. Ceux-ci sont bien, si l'on veut, des princes, mais leur titre de messagers de Milkaastarté leur donne un caractère sacré, probablement exprimé aussi par le mot elim, « divins ». Si ces grands personnages ont droit au titre de Messagers d'Astarté, les citoyens de Hammôn se contentent du titre de « ses serviteurs ». ni^T est un pluriel avec le suffixe, comme l'entend d'ailleurs Hoffmann, en le rapportant à tort aux elim. Le suffixe est-il féminin ou masculin? Notre cas étant encore isolé, on ne peut raisonner d'après les analogies de la langue. Il nous semble qu'Hoffmann a encore raison de
(1) Supplément à un premier article sur Baal, dans Roscuer, Lex. myth., I, c. 2869 ss.
(2) CIS., 123 a, 123 b, 147, 194.
(3) nin^srsSD pour nin^^rriDSa.
(4) In dem Siz; ailleurs in dem Cultidol.
(5) Clermont-Ganneau, Études. ..y I, p. 64 ss.
prendre mnxi?73Sa pour une divinité féminine. La suppression du n dans nsSa n'est pas plus anormale que dans nin^2;aN* pour n"inï:;37naN*.
Le caractère féminin de la divinité est prouvé par la double équation, Milkaastarté est "jan Sn% dans l'inscription d'el-'Awamîd (C75., 8) (1), et Astarté est ici "jDn Sx, I, 4. Or Astarté est bien au féminin. Mais comment une déesse peut-elle être qualifiée de El.? Ce serait en effet impossible, El étant un dieu masculin dans le paganisme; ici encore il faut donner raison à Hoffmann qui lit ^Sn% le pluriel construit (2). Les faits ont confirmé cette hypothèse, puisque nous savons maintenant que elim se disait non seulement d'un dieu, mais d'une déesse (3), avec le sens singulier de la divinité. Après cela nous ne comprenons plus qu'Hoffmann mette un génitif entre ni;U>< qu'il prend pour un pieu sacré et la divinité de Ilamraôn. Ce serait donner à cette dernière un caractère spécifique qu'elle n'a pas non plus dans l'inscription d'Oumm el-'Awâmîd, où elle n'a que le caractère d'une apposition qualificative. C'est aussi pour cette raison que nous résistons à la tentation de rapprocher niUJN de l'assyrien achrou, « sanctuaire ». Maintenant qu'on ne peut plus douter de l'existence du vocable Achéra pour la déesse cananéenne, il faut purement et simplement la reconnaître ici.
Nous traduisons 1 « sous le vocable de », « en qualité de », d'après l'analogie de Ex., Yi, 3 (4).
Les faits sont très simples. La grande déesse cananéenne, Astarté, était la divinité de gens de Hammôn, à Ilamraôn même, sous le nom de Milkaastarté; au lieu nommé aujourd'hui Ma'soub, sous le vocable d'Achéra. La ville principale avait sans doute un temple considérable, dont les prêtres ou les administrateurs, nommés elim ^ « divins », se considéraient comme les chargés d'affaires de la déesse pour la restauration de ses sanctuaires dans toute la région. Nous savons comment ils se sont acquittés de leur office en l'an 222 av. Jésus-Christ.
DIALECTES ARAMEENS
INSCRIPTIONS DE SENDJIRLI
Une expédition allemande a fait d'heureuses fouilles à Sendjirli, à moitié chemin entre Antioche et Marach, de 1888 à 1891. Les trois inscriptions les plus importantes sont connues sous les noms de Hadad, Panammou et Barrekoub. Celle de Hadad est la plus ancienne, mais peu antérieure à celle de Panammou, datée du règne de Téglathphalasar \\\ (754-727 av. J.-C.) ; celle de Barrekoub est de la même époque. L'édition princeps a été donnée par le prof. D. H. Mùller, Altsemitischen Inschriften von Sendschirli (1893). Nos textes d'après Lidzbarski {Handbuch...) avec quelques variantes.
(2) Donc ce n'est pas Sn avec un nom de lieu!
C3) RE S., 1 : nin\2;y dSk. — 7nn [i]Sn mntt72? est un équivalent absolu de
D^j-ï "jhSn ninxï:^, i Reg., xi, 5.