‹ Études sur les religions sémitiquesChapitre 76 sur 88 · MADABA (Nabatéenne · texte numérisé non relu

MADABA (Nabatéenne

Cette inscription venait d'être découverte (déc. 1889) à Mâdaba quand j'y vins pour la première fois, en avril 1890. Elle me fut montrée par le Père Zéphyrin Biever qui depuis en fit hommage à Sa Sainteté Léon XIII pour son musée du Vatican (cf. Lagrange, Zeitschrift fur Assyriologie, 1890, p. 289-292, copie et traduction; CIS., II, n» 196; Clermoint-Ganneau, Recueil..., il, p. 189 ss.). L'inscription était gravée sur un bloc de basalte très épais (0"i,30}; on a dû la fendre pour la transporter; notre estampage est donc le seul document qui représente l'état primitif (planche XXVI du CIS.\ De l'an 37 après J.-C.

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^ Ce tombeau et les deux stèles funéraires qui sont ^ au-dessus de lui, (sont) ce qu'a fait 'Abd-'Obodath, stratège, ^pour Aithi-Bel, stratège, son père, et pour Aithi-Bel, 'chef du camp qui est à Loukhitou et au passage, fils d"Abd-'Obodath, "' le stratège sus-dit, au siège de leur gouvernement qu'ils ont exercé ^par deux fois, durant trente-six ans, au temps de Harethath, '^roi des Nabatéens, Aimant-son-peuple, et l'ouvrage qui ^est audessus a été fait en son année quarante-sixième.

1) Ce début a suggéré à M. Clermont-Ganneau (/. L,p. 190 s.) les intéressantes observations qui suivent : « La forme même de la ou du nephech (le mot est employé aux deux genres dans les inscriptions) nous avait déjà été révélée, comme l'a justement remarqué M. de Vogué, par un intéressant dessin gravé sur le rocher et surmontant ime épitaphe nabatéenne de Pétra. C'était un cippe de forme pyramidale. Quant au rôle symbolique de la nephech, il me paraît avoir été en relation intime avec la personnalité même du défunt et avoir caractérisé en quelque sorte son individualité, ce que pouvait déjà faire pressentir l'étymologie du mot qui signifie « souffle, vie » et par suite « personne »... C'est ce qui me paraît ressortir des faits suivants. Le tombeau élevé par 'Abd'obodat était destiné à deux personnes : un premier Itaïbel, qui était son père ; un second Ilaïbel, qui était son fils. Or, le tombeau était surmonté de deux nefech; par conséquent, une pour chacun des deux défunts. Le fameux sépulcre des Macchabées qui s'élevait à Modin, et qui était destiné à recevoir sept personnes (Simon, auteur de la dédicace, ses quatre frères et leurs père et mère), était couronné de sept pyramides... Le superbe mausolée que la reine Hélène d'Adiabène avait fait exécuter aux portes de Jérusalem et qui existe encore (les K'boûr es-salâtîn) était orné de trois pyramides, — ici également, il faut comprendre ti^ois nefech; — or, il était destiné essentiellement à tivis personnes, les rois ïzatès et Monobaze, et la reine elle-même. »

3) Le nom du grand- père et du petit-fils comprend certainement le dieu babylonien Bel, et marque la limite la plus méridionale de sa diffusion; il n'existe pas d'autre nom nabatéen qui le contienne sauf C/S., Il, 158, 5. Ce fait nous avait engagé à prendre le nom comme purement assyrien, Itti-Bel, mais il vaut mieux prononcer avecNôldeke SllTlW*, « Bel a amené »; Clermont-Ganneau préfère SlTT'X (cf. Dan.,

II, 28), « Bel existe »; le même savant a fait depuis quelques réserves en faveur de notre première interprétation.

4) Le second défunt, mort avant son père, occupait une charge moins importante que celle de stratège. Son camp était à lUTlS, où il faut reconnaître la montée de Loukhit (Is., XV, 5-, Jcr., xlviit, 5), d'après l'Onomasticon (136 23 Lag.), entre Aréopolis et Zoar. Mais cette désignation est beaucoup trop vague. On s'arrangerait mieux de Aroër au lieu de Zoar. Il s'agirait alors du passage de l'Arnon. — Nnii:?

rappelle les monts an2:;n Niim., xxvir, 12, mais au nord plutôt qu'au sud de Madaba. Le camp ne pouvant être en deux endroits très éloignés, il paraît préférable de donner à iSmiST le sens de « passage ».

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