‹ Études sur les tragiques grecs: EschyleChapitre 126 sur 170 · Tusc, II, 10. — 2. Nonius, v. Adulo · texte numérisé non relu

Tusc, II, 10. — 2. Nonius, v. Adulo

3. Gicéron, après avoir cité de longs fragmmts traduits en latin, entre autres des Trachiniennes de Sophocle et du Prométhée délivré d'Eschyle, se fait dire par son interlocuteur (chap. ii) : . Unde isti versus, non enim agnosco; » à quoi il réplique, en auteur 'modeste qui s'avoue à moitié : « Videsne me abundare otio?» Puis il parle de la coutume des philosophes grecs de mêler des vers à leurs dissertations, ce qu'il fait comme eux, citant les Romains, et à leur défaut traduisant lui-même les Grecs : « Studiose e ]uidem utor nostris poetis, sed sicubi iilidefecerunt, verti ipse multa de Graecis....» Peut-il, après cela, rester douteux, à moins qu'on n'aime mieux, comme Scriverius {Fragm. trag. , p. 142), l'accuser d'un plagiat peu digne de son caractère, et sans aucune chance de succès, qu'U soit l'auteur des grands morceaux de traduction dont il a orné sa 1I« Tusciilane? M. J. V. Le Clerc lui attribue, plutôt qu'à Attius, la plainte d'Hercule : je n'hésite pas, et je puis m'appuyer d'une autre autorité, celle de God. Hermann (ibid., p. 270), à faire de même pour la plainte de Prométhée. Sans doute Attius avait composé un Prométhée. Priscien (VI) le dit ainsi que Nonius (v. Gclus), et l'on a quelquefois regardé comme appartenant à ce Prométhée, et correspondant aux vers 7 et suivants de la pièce grecque, un passage cité par Cicéion dans le même chapitre (ru^c, 11,10), que d'autres aiment mieux placer dans le Phitoctèle du vieux poêle latin. Voici ce passage, diversement restitué, comme le rapporte, dans le second voluoae, p. 214, de son Eschyle, Boissonade :

.... ignés cli:et immortalibu Clara divis doctu' Prometheus Clepsisse dolo, pœnasque Jovi Furti expendisse supremo.

« L'ingénieux Prométhée a dérobé, dit-on, le feu aux dieux immortels, et le dieu suprême, Jupiter, lui a fait payer cher ce larcin. »

Si l'on compare cette citation à celle qui la suit, on trouvera dans celle-ci un tour plus moderne que Gicéron a peut-être voulu faire res-

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par La Moncoye *, a été de nos jours reproduit en meilleurs vers par feu Anceau, jeune homme plein de savoir, de talent, de modestie, dont la courte existence s'est .renfermée tout entière dans l'enceinte des collèges où il obtint des succès brillants, de l'École normale qui le compta au nombre de ses meilleurs élèves, de l'Université qui fondait sur lui des espérances trop tôt détruites par une mort prématurée. Les courts loisirs que lui laissaient les fonctions de l'enseignement, auxquelles il se livrait avec un zèle qui a usé ses forces et abrégé sa vie, il les consacrait à traduire quelques morceaux choisis des tragiques grecs. Je m'estime heureux de pouvoir donner, dans cet ouvrage, une publicité nouvelle à ceux de ces essais qui se sont conservés en trop petit nombre^, et particulièrement à celui qu'on va lire.

Les menaces de Mercure se sont accomplies. Prométhée, tiré du Tartare, après une longue suite d'années, a été attaché, cette fois, au Caucase^, et livré à la faim insatiable

sortir par le rapprochement. Je serais tenté de croire que, de la trilogie d'Fschyle, Atiius n'avait imité pour le théâtre de Rome, naturellement étranger à l'usage des trilogies, que le Prométhée enchaîné, et je reste persuadé que s il avait imiié le Prométhée délivré, Cicéron n'a pas cru devoir se contenter de son mitation. Le dernier collecteur des fragments tragiques d'Attius, M. 0. Ribbeck {Trag.lat.reliq.,'Lips., 1852, p. 157,300), ne lui attribue qu'une traduction du Prométhée enchainé, a laquelle il rapporte les fragments d'une prétendue tragédie d'Io, dont on a grossi son catalogue. Il est tenté de regarder comme des emprunts faits à cette pièce d'Attius quelque^ passages d'un Promeiheus liberatus, qu'on croit être une satire de Varron. Mais il ne lui donne point, il conserve à Cicéron la citation de la III" ïuscu'.ane (chap. 81), dont il a été question plus haut. Voyez p. 274.

1. Voyez son imitation dans la traduction de la II* Tusculane par. d'Olivet.

2. Il n'en reste que trois, insérés par mes soins, en 1819,18:0, dans le Lycée français, 1. 1", p. 241; II, '209; V, 73 ;en 1838, dans le Journal des Savants, p. 472, et recueillis en partie par M. Artaud, t. III, p. 176 et suivantes de sa traduction de Sophocle.

3. Voyez Cic, Tusc, II, 10, et autres. Est-il aussi étrange qu'il le paraît à Gcd. Hermann, ibid., p. 264, qu'Eschyle ait transporté sur un nouveau théâtre le nouveau supplice de Prométhée, et y a-l-il là une raison suffisante de soupçonner que les deux pièces n'ont pas dû faire partie d'une môme compcsiiion et ôtre représentées ensemble? je ne le pense pas.

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d'un aigle qui déchire et d^îvore ses entrailles toujours renaissantes : lui-même fait de son supplice et de ses souffrances cette peinture, dont l'intermédiaire de deux traductions n*a pas effacé l'énergie :

0 race des Titans, par le ciel enfantée, Vous que le nœud du sang- unit à Prométhée, Voyez-le sur ce roc, où les dieux l'ont fixé. Tel que le frêle esquif, par les vents menacé, Qu'à l'aspect d'une nuit où s'amasse l'orage, Les pâles matelots attachent au rivage, Ainsi de Jupiter m'enchaine la fureur.

De Vulcain le barbare invoque la rigueur : Le noir dieu de Lemnos, à son père fidèle. Forge ces coins de fer; sa main, sa main cruelle, Les enfonce avec art dans mon corps fracassé, Et captif impuissant, de mille traits percé. J'habite en frémissant ce séjour des Furies. C'est peu, je suis en proie à d'autres barbaries. Quand la troisième aurore importune mes yeux*, Je vois fondre sur moi , d'un vol impétueux, Le satellite ailé du tyran qui m'opprime ; 11 approche, il s'abaisse, il couvre sa victime ; Ses ongles recourbés me déchirent les flancs; Il dévore à loisir mes membres palpitants; Las enfin de creuser ma poitrine vivante,

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