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2. L'auteur d'une édition de VAgamemnon, publiée en 1855 à Utrecht, édition où les nombreuses difficultés que présente le texte de cette tragédie sont le plus souvent éclaircies par de savantes explications, d'ingénieuses corrections, M. S. Karstena tenté, après d'autres, de corriger ce passage, qui n'offre pas une image très-naturelle. Il a lu àv -/pj']>£iev, et entendu : a Heureux, l'ombre vient tout à coup l'obscurcir. »
3. Stobée nous a conservé des vers du Télée d'Euripide (fragm. iv) , dans lesquels se retrouve l'énergique et familière figure d'Eschyle : « La prospérité, y dit le poète, c'est peu de chose : une image qu'etface la divinité plus vite qu'elle ne l'a tracée. » Euripide a-t-il imité Eschyle? Peut-être pas. Il est des figures si naturelles, qu'elles peuvent s'ofirir, sans que l'imitation y soit pour rien, à plus d'une imagination. «....Je la perdrai, je l'eflacerai, comme on efface une écriture dont on ne veut pas qu'il reste aucun trait....» est-il dit au IV* livre des Rois, xxi, 12, et dans la IX' des Élévations de Bossuet, où le passage est ainsi traduit.
4. M. S. Karsten comprend autrement les expressions un peu obscures d'Eschyle. Selon lui, Cassandre témoigne, ce qui est bien d'accord avec l'élévation de son âme, qu'elle est plus touchée de cette destinée générale de l'humanité que de sa propre infortune.
5. M. Villemain, dans son cours de 1828, où les œuvres d'Alfieri ont occupé une grande place, a rapproché de VAgamemnon de ce poète, et de celui de Lemercier qu'il a suscité, VAgamemnon d'Eschyle. Ce parallèle, à la fois judicieux et éloquent, met dans une vive lumière, par quelques traits rapides, avec le caractère de l'antique composition, le génie particulier de son auteur et l'esprit général de la tnigédie grecque. (Voyez le Tableau de la Liiteralure au xviii* siècle, XXXV*-' leçon.)