‹ Études sur les tragiques grecs: EschyleChapitre 151 sur 170 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Les Choéphores.

Le théâtre d'Eschyle nous a déjà offert * plus d'une trace de ce genre de composition, appelé trilogie, dont je ne reproduirai pas ici, l'ayant retracée plus haut*, la trop courte et trop obscure histoire. Nous serions réduits toutefois à des conjectures sur la nature et Teffet des trilogies, si nous n'en possédions heureusement une complète dans VAgamemnon^ les ChoèpJiores, les EuménideSf pièces qui furent représentées ensemble, avec le drame satirique Protée, la deuxième ou la troisième année de la lxxx' olympiade, et valurent à Eschyle, âgé de plus de soixante ans, sa dernière couronne ^. Les trois tragédies *, désignées par Aristophane • sous le nom collectif d'Orestie, se suivent visiblement; elles sont liées entre elles, non-seulement par l'enchaînement des sujets, tous pris dans les aventures d'une seule famille, mais encore par des transitions apparentes et marquées à dessein ; elles se rapportent à un plan général dont il est facile de suivre le développement d'ouvrage en ouvrage ; elles présentent chacune un tableau entier qu'on peut considérer à part comme une production isolée de

1. Voyez p. 169 sq.; 180 sq.; 200 sq.; 268 sqq. — 2. Voyez p. 26 sqq.

3. Argum. Âgamemn.; schol.AristopTi., Ban., 1137. Cf. Clinton, Fasf. hellenic.j p. 47.

4. Et non pas seulement les deux dernières, comme le veut God. Hermann {de Composit. tetral. trag. ; Opusc, t. II, p. 309), trop préoccupé de l'envie de substituer, en certains cas, aux trilogies, des espèces de dilogies (voyez plus haut, p. 26, note 2). Si Oreste ne paraît que dansiez Choéphores et les Euménides, il est annoncé dans VAgamemnon (v. 1618), il sert de lien aux trois pièces, et son nom pouvait très-naturellement en devenir le titre commun.

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