‹ Études sur les tragiques grecs: EschyleChapitre 169 sur 170 · Diod. Sic, XI · texte numérisé non relu

Diod. Sic, XI

6. En reconnais ant, à son tour, dans la pièce d'Eschyle, cette sorte d'intérêt, M. H. Weil {De tragœdiarinn gra.carum cum rébus publicis conjunctione, p. 12) remanjue judicieusement qu'il n'est obtenu par aucun sacrifice de ce qu'exigent les lois de l'art dramatique, que sans lui Id tragédie ne sub->isterait pas moins :

« .... Fac enim doctam esse fabulam eo tempore quo Areopagi aucto-

(le rallt^gorie morale. Des personnages consacrés par la croyance religieuse, et qui par là n'avaient pas la froideur de personnifications arbitraires, y représentaient les mouvements contradictoires de la conscience et la difficulté insoluble de ce conflit. Sans rien perdre de son effet dramatique, ce poème, par un sens caché, s'adressait à la réflexion profonde, et lui offrait, sous des emblèmes demivoilés, une sorte de révélation des mystères intimes de l'âme *.

Œuvre vraiment singulière, qui, dans son unité féconde, avait de quoi satisfaire à tous les besoins de la pensée; qui, tout en amusant la foule de merveilleux spectacles, en l'al^itant de terreur et de pitié, pouvait encore ravir d'un en-

riias sancta adhuc et inviolata erat, argumentum taie es», ut ab amplissimi judicii laudibus non abstinuisset poeta; fac Argivos hostes fuisse Atheniensium, fac amicitism sine fœdere inter civitates intercessise, fac suspiciones sine belio : quidquid statuis, debuit Orestes ^scbyleus et socielatem poUiceri, et vupli fœderis vindicem se fore praedicare. Alio fortasse modo et aliis verbis nonnulla dixisset, rcs et sententiae eaedem sane fuissent quae sunt et qusR omnino esse debuerunt. »

1. Voyez les ingénieuses explications de W. Schlegel, ibid. L'auteur déjà cité par nous, p. 40, d'un Essai sur la fatalité dans le théâtre grec, Pa^is, 18'i5, M. F. R. Cambouliu, voit surtout, p. 32, dans les Eumëïudes. la peinture de la revoluiion qui, sous le règne nouveau de la rel gion de Jupiter, succédant à celles d'Uranus et de Saturne, amena les hommes à l'idée d'une justice meilleure; non plus, comme auparavant, « .... dure, inexorable, aveugle en ses rigueurs :... » réclamant « .... sang pour sang, meirtre pour meurtre, sans égard aux circonstances, ni aux motifs; ... » n'admettant « ., r ul arbitre entre le meurtrier et les parents de la victime ;... » d'après les lois de laquelle « .... chacun vengeait les siens, et la fureur était lunijue mesure de la peine. Jupiter arrive, ajoute-t-il. et tout change d'aspect. De nouveaux éléments s'introduisent dans le dogme de la justice : les considérations de temps, de lieux, de personnes, les circonstances atténuantes, comme nous dirions aujourd'hui, et aussi la miséricorde. Jupiter et ses enfants tempèrent, par leur intervention bienfaisante, la farouche âpreté des Euménides, et quelquefois même pardonnent au repentir. L'antique summum jus est détrôné; le ciel devient équitable. Sur la terre une révolution analogne s'accomplit. L'Aréopage est foiidé.... »

L'auteur de la nouvelle Orestie (voyez p. 309, 341 , 350, 363, 377) est entré à son tour dans cette voie d'interprétation. Mais, comme l'ont remriiqué jilusieurs critiques, entre autres M. A. Mazure, dans un intéressant aiticle sur la philosophie antique dans la tragédie grecque [Revue contemporaine, 31 janvier 1856), peut-être des préoccupations

thousiasme patriotique le citoyen, plonger dans la méditation le philosophe * !

modernes et chrétiennes, l'ont-elles conduit trop loin des idées de l'antiquité dans celte conclusion (acte III, scène IV) :

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