‹ Études sur les tragiques grecs: EschyleChapitre 55 sur 170 · Ban · texte numérisé non relu

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2. Dans les PhMciennPs de Phrynichus, dans les Perses d'Eschyle, on Ta vu f>lus haut; dans le Mamole de Tliéodecte, on le verra plus loin, p. 102; peut-Pire dans le T/ie»vùïoc/e de Moschion, où Meineke (Fragm. cornic. qr/rr., i. I, p. 522), et Fr. G. "Wagner (Foet. Irag. gr,i c. fragm., éd. Didot, p. 13S) voientavec vraisemblance, comme depui.s W. C. K'yser {Hist., crit., tmg. (jr.ic. p. 94 sqq.). une tragédie. Meintke (ibid., p. A24^ attribue un autre Thémi strclc doni a parlé Suidas coinnie d'i.ne comédie '!<> IMiilisctis, à un porte logique du même nom. Enfin il croit, avecN'iebuhr, que les Kaaaavôpeîç, comptés par Suidas parmi les tragodies de l>ycophron, avaient un sujet historique.

doniennes, qui se la disputaient. Quand le génie et l'ascendant de Philippe et d'Alexandre, triomphant de tant de libertés qui ne pouvaient vivre en paix sur le môme sol, eurent violemment ramené à l'unité grecque, pour les employer à la conquête de l'Orient, toutes ces républiques turl3ulenteset insociables, Athènes, par trop pacifiée, n'eut plus de goût que pour les élégants désordres d'une vie toute sensuelle et les ingénieuses comédies, où en riaient, sans les corriger, les Antiphane et les Alexis, les Diphile, les Philémon, les Ménandre.

Jusque-là et même après, la tragédie, tout épuisée, toute déchue qu'elle était, ne laissa pas que d'exister: elle trouva encore, ce qui manqua plus tôt à la comédie, nciais dont celle-ci pouvait plus facilement se passer, des choréges pour faire les frais de ses chœurs ; elle ne manqua jamais de poètes pour défrayer d^uvrages nouveaux les représentations solennelles de son principal théâtre, le théâtre de Bacchus, et de tous ceux qu'il avait suscités, dans ce que nous pourrions appeler la banlieue et la province d'Athènes, dans toutes les villes grecques, dans la Macédoine, dans la Sicile, dans la Grande-Grèce et les îles.

Il serait infini et fastidieux de reproduire ici tous les catalogues, du reste bien peu d'accord entre eux, bien peu dignes de foi, qui nous sont parvenus des innombrables drames fournis sans relâche, des victoires dramatiques incessamment remportées par les tragiques du iv* siècle, faibles et maintenant obscurs successeurs des maîtres du v*. Bornons-nous à indiquer, autant que la chose est possible en l'absence de tout monument, l'esprit général de leurs œuvres, et pour cela, mettons principalement à profit les témoignages précieux d'un grave contemporain, qui, ne traitant que des principes de Part, a, sans dessein, retracé quelques traits de son histoire à l'époque oii il écrivait.

Aristote nous apprend, par exemple, que la tragédie, au lieu de se rajeunir, comme il eût été naturel, en cherchant de nouveaux sujets, soit dans l'histoire, nous le

disions tout à l'heure, soit dans les traditions les moins usées, les moins rebattues de la mythologie, ne s'occupait plus, au contraire, que d'un petit nombre de familles, tragiques par excellence, il est vrai, mais dont il eût peutêtre été temps de laisser en paix 'a mémoire trop célébrée, celles des Alcméon, des Œdipe, des Oreste, des Méléagre, des Thyeste, des TéJèphe *. Gomment ramener encore sur la scène des personnages qu'on y avait vus tant de fois, sans rencontrer la trace des chefs-d'œuvre, ou, si on voulait l'éviter, sans s'égarer dans de fausses voies? Aussi les tragédies nouvelles, comme on les appelait, quand elles n'étaient point un remaniement servile d'ouvrages connus, n'offraient-elles que l'exagération indiscrète de quelques nouveautés dangereuses, autorisées, nous l'avons vu, par de grands exemples. On multipliait les intermèdes, les épisodes, sans trop se soucier de l'antique unité ^ ; on cherchait le succès dans l'intérêt seul de l'action, et non plus, comme autrefois, dans la peinture des mœurs ^ Le haut style d'Eschyle et de Sophocle qu'Euripide déjà, avec un art, un bonheur qu'a justement vantés Longin ^, s'était appliqué, en quelque sorte, à humaniser par un mélange d'expressions empruntées aux plus pures et aux plus élégantes de l'usage ordinaire ^ ; qu'à la naême époque un poëte, certes moins habile, Sthénélus, un- autre, Gléophon, nommé avec lui par Aristote ^, et probablement son contemporain, ou peu s'en faut, avaient réduit au mérite assez humble de la propriété, de la clarté, ce haut style, ainsi abaissé, descendait ^3. plus en plus vers la prose '^. L'idéal, longtemps chassé des choses mêmes par le réel, l'était maintenant des mots, son dernier retranchement. Ces drames, dont la complication, le mouvement, probablement aussi le spectacle, plaisaient à la foule, ces drames sans mœurs et sans poésie, sortes de livrets auxquels la représentation

1. Pocf., XIII. — 2. Ihid., XVIII. — 3. Ibid., vi. — 4. Subi, xv, XXXIX.— 5. Aristot., liliet., III, 2. — 6. Poet., xxii. Cf. ibid. y m. — 7. ](i., Rhet., m, i.

devait donner la vie, (Hnient du goût des comédiens, qui par leur jeu en devenaient comme les poètes. C'était pour eux, à leur goût, à leur fantaisie *, qu'on les faisait ; c'étaient eux qui les commandaient en quelque sorle ^; à eux appartenait désormais, et c'est là partout le dernier terme de la décadence du théâtre, le premier rôle dans Tœuvre dramatique '.

Sans doute il y eut à cette époqu'î des tragiques qui ne manquaient pas de mérite. On doit le croire de ceux auxquels Aristote a fait l'honneur de les citer, non pas seulement en compagnie d*Agathon, mais d'Euripide, mais de Sophocle, mais d'Eschyle.

Tel est parmi ..les plus anciens Ghérémon, qu'Aristote traite comme un bon poète, en dépit du mélange indiscret des mètres qu'il lui reproche *, de l'exactitude, digne de la prose, et convenable aux ouvrages écrits seulement pour la lecture, dont il le loue "; Ghérémon, rangé quelquefois à tort parmi les comiques*, mais appelé tragique, entre autres par Théophraste ', et à qui feraient seuls donner ce nom le caractère de ses fragments, et les titres de ses ouvrages '.

Tel est un Garcinus, qu'il a fallu aussi retirer de la liste des poètes comiques, où on l'avait porté à tort '; qu'on a dû distinguer***, malgré de graves autorités**, du

1. Aristot., Poet.y ix. — 2. Id., Rhet, III, 12. — 3.1d., ibid., III, i.

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