Athen., Deipn., XIII
8. Voyez-en la liste chez Suidas, dans le recueil de M. Wagner, p. 122 sqq-, et dans le chapitre consacré à Chérémon par M. Kayser, p. 211 sqq. Il n'y est pas question du passage cité par Aristote, Rhet., II, 23, et qu'il faut sans doute, puisqu'on y parle de Penthée et de son nom de mauvais augure, rapporter au A'.ôvvktoç.
9. Meineke, ihid., t. I, p. 505-517. — 10. Id.^ ibid ; Bœttiger, de 3Ied. Euripid. cum priscas artis operibus comparata, Weimar, 1802, 1803; Opusc, p. ,371. — 11. Bentley, Dissert, ad Phalarid., p. 278; Schweigheuser, âd Athen., t. I, p. 178, etc.
Garcinus tant bafoué, avec son fils Xénoclès, comme lui poète tragique, avec ses deux ou trois autres fils choristes et danseurs du théâtre tragique, par Aristophane et les comiques du temps; qui peut-être, s'il faut se fier à l'arbre généalogique où l'on a savamment cherché à rendre plus claire la filiation de cette race si pleine aujourd'hui d'obscurité \ doit y être rattaché comme petit-fils de Garcinus, comme fils de Xénoclès, et qui vient encore par lui-même, par son fils également nommé Xénoclès, et fidèle à la constante vocation de la famille, l'augmenter d'un troisième et quatrième rameau tragique: poète d'une fécondité aussi grande que fat sans doute sa longévité; qui put, dit-on ^, composer cent soixante pièces, dont plusieurs' lui valurent des victoires rappelées par Plutarque, à côté de celles d'Eschyle et de Sophocle*; dont quelques-unes aussi furent moins heureuses : car Aristote, qui va chercher des exemples dans son Thyeste, dans sa Médée, dans son OEdipe, etc. % et par cela seul en atteste le succès et la réputation, raconte et explique aussi la chute, qu3 peut-être il avait vue, de son Amphiaraûs ^.
Tel est Astydamas, plus encore que Garcinus, de souche tragique, qui, par Morsimus son père, par son grandpère Philoclès, neveu d'Eschyle, remontait, nous l'avons déjà dit plus haut, jusqu'au créateur de la tragédie, et transmit l'exercice de son art à ses deux fils, à un second Astydamas, avec lequel on a fort bien pu le confondre, à un second Philoclès*^. Il est difficile de croire aux deux cent quarante pièces qu'à partir de son début dramatique, la troisième année de la xcv^ olympiade^, lui attribue généreusement Suidas ^ L'imagination est moins effrayée des
1. Meineke, Fragm. comic. grxc, t. I, p. 516; Fr. G. Wagner, PoeL trag. yrœc. fragm. , éd. Didot, p. 81. — 2. Suid., v. Kacxivoç. — S.Suidas, ibid.jdit uneseale. — 4. DeGlor.Athcn.,yii. — 5.i*oet., xvi; Jt/iei., II, 23;III, 16; Ethic. ad Nicomach., Vil, \,S.— 6.Poet.,xyu.— 7. Sur ce second Philoclès, voyez la page 69.
8. Diod. Sic, XIV, 43 ; Marm. Par., ii" 68. Cf. Clinton, Fast. hellenie. y p. 99.
9. Peut-être a-t-on réuni dans un même total les pièces du père et du (ils,
quinze victoires qu'il remporla, selon le même auteur, et dont une, due à sou Hector^ est notée par Plularquc dans le morne passage, oîi il parle si favorablement de celles de Garcinus *. Le succès de son Parlhénopée dut être fort échitant; il lui valut ce qu'Eschyle lui-même ne devait obtenir, avec Sophocle et Euripide, qu'un peu plus tard, sur la proposition de l'orateur Lycurgue', une statue au théâtre. Il lui coûta davantage. Le poète avait osé dire de lui-même, dans des vers gravés au-dessous de sa statue :
« Que n'ai je vécu de leur temps, ou que n'ont-ils vécu du mien, ces hommes qui passent pour les premiers par le charme de la parole! J'aurais certes été jugé leur égal. Plus heureux que moi, ils échappent, par leur ancienneté, à la poursuite de l'envie, j
Les Athéniens, justement choqués, firent effacer Torgueilleuse inscription, non sans avoir préalablement condamné l'auteur à une amende. Un monument moins anonyme, et peut-être plus durable ' , ce fut l'expression proverbiale, «: se louer comme Astydamas* «. Ce poëte si fécond, si heureux et si vain, n'a guère conservé, auprès de la postérité, qu'un seul titre de gloire, la courte mention faite par Aristote * de son Alcméon, en compagnie de YŒdipe roi.
Un tragique de ce temps qu'Aristote cite volontiers, et quelquefois dans des occasions où il eût été plus naturel de citer ses illustres prédécesseurs^; dont nous connaissons par lui le Philoclète, V Hélène, Y Œdipe , ÏAlcmèon, VAjax, le Tijdée, mais surtout le Lyncée'^ ; qui, selon Suidas, avait composé jusqu'à cinquante ouvrages de ce
1. De Glor. Athen., vu. L'une de ces victoires est rapportée par la chronique de Parcs à la 4* année de la ci* olympiade.
2. Diog. Laert., II, 43; Plutarch., Vit. x hJiet.; Pausan., Att.,xxi. Cf. God. Hermann, Dis^ert. II de Choro Eumenid. .Eschyl.; Opusc, t. U, p. 156 sq.; Fr. G. Wagner, Poet. trag. grœc. fragm., éd. Didot, p. 68. 69.
3. Voyez Pliilem., Frogm. incert., xcv; Julian. , Epist., \2, 59.
4. Zenob. , V, 100; Apostol., xvii, 129; Suid.,inIauTàv sTiaivei;, etc.
5. Poet., XIV. — Q.Elliic.adNicomach., VII, 8.-7. Politic.,\,i, 6; Rhet., II, 23 passim; Poet., x, xvi, xviii.
genre, et qui, d'après son épitaphe, ayant disputé treize fois le prix de la tragédie, l'avait remporté huit fois*, c'est Théodecte de Phasélis. Passant par cette ville de Lycie, la première année de son expédition en Asie, en 333, le royal disciple d'Aristote, Alexandre, y visita et y couronna de sa main Ma statue de Théodecte, mort récemment, assez jeune encore, à Athènes, où Pausanias' nous dit avoir vu son tombeau près du Géphise, non loin de celui du grand tragédien Théodore. Alexandre honorait en lui non-seulement le célèbre poëte tragique, mais aussi l'ami de son maître '*, Théodecte, à qui Aristote paraît avoir donné, pour le publier sous son nom, ou simplement adressé ^, un de ses ouvrages sur la rhétorique, avait lui-même traité, et traité en vers^, d'un art qu'il exerçait; il était à la fois poêle et orateur, ce que révéleraient toutes seules ces controverses oratoires dont les éloges d'Aristote' nous apprennent que ses tragédies étaient remplies. Il semblerait, d'après un récit d'Aulu- Gelle% que, lorsque la reine de Carie, Arlémise, célébrant, en 352, l'érection du magnifique tombeau consacré par elle à son époux, ajouta aux pompes de cette cérémonie funèbre un concours entre d'illustres panégyristes de ce prince, et peut-être aussi des luttes poétiques, des jeux dramatiques, Théodecte y serait venu disputer le prix doublement, en vers aussi bien qu'en prose, et que sa tragédie de Mausold, encore existante au temps d'Aulu-Gelle, à ce qu'il assure, aurait eu plus de succès que son discours ^
1. Steph. Byz., v. tï>a(TYi>î;. — 2. Arrian., Expedit. Alex., I, 24, 25; Plularch., Vit. Alex., xvii. Cf. Clinton, Fast. heilenic. , p. 163. 3. AU., XXXVII. — 4. Suid., ibid.
5. Val. Max., VIII, xiv, 3; Quinlil., im<. oraf., II, xv, 10;IlI,i,15. Barthélémy {Voyage du jeune Anacharsis, lxxi) a judicieusement choisi Théodecte pour lui taire exposer, en compagnie de son contemporain l'acteur Polus, la théorie de la tragédie, d'après la Poétique d'Aristote.
6. Suid., ibid. Cf.v.StSuvno;. — 7. Voyez les passages cités plus haut.