‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 107 sur 185 · LES SEP1 CB · texte numérisé non relu

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mités dont elle frappe de génération en génération la maiion de Lalos, et qni s'y Buccèdenl sans relâche comme les

rejetons d'une souche vivace ei fertile, comme les Ilots d'une mt r courroucée *.

La nouvelle de l'acte simulant par lequel doit 6e fermer ce cercle fatal ne se l'ait point attendre. Un messager vient annoncer, avec la victoire de Thebes, la mort de ses deux princes. Dans cette annonce d'un double dénoûment, heureux et funeste tout ensemble1, s'avoue, en quelque sorte soi-même, la duplicité du sujet, le caractère équivoque du poème Mais de ce défaut le génie d'Eschyle >att tirer une beauté de plus; il ose ineler les images de la victoire et de la mort, et, par cette dissonance hardie, retrouve et rétablit l'unité.

Toutefois L'expression du deuil domine, et atteint les dernières limites de l'imagination pathétique, quand, au récit de l'attentat, a succédé la vue de ses victimes; quand, auprès de leurs corps sanglants, les jeunes Thébaines, partagées en deux chœurs funèbres, et ensuite les sœurs éplo- - des princes, Antienne et Ismène, font- retentir, comme dit Eschyle, « l'hymne d'Ënnnys1. »

C'est chez les Grecs modernes un usa<;e dont le savant et ingénieux interprète de leur poésie populaire4 nous a retracé les touchants détails, que, dans les funérailhs, les patents, les amis du mort se rassemblent autour de dépouille, et là, s'abandonnant aux violents transports et à l'inspiration naïve de la douleur, improvisent tour à lourdes chants lugubres, appelés myriologues. La scène d'Eschyle nous offre quelque chose d'absolument senib'able dans le dialogue étrange qui s'établit entre les deux moitiés du chœur, entre les deux princesses. C'est vraiment un myriologue antique. Et, en elïet, ces pen- , ces images, qui [tassent d'un interlocuteur à l'autre; qui, dans un échange de rapides répliques, s'achèvent ou

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le destin. Une verve inépuisable la revêt de V 'ou-

jonrs nouvelles, toujours plu 'es,

tanlAt touchante et terribles, tantôt n:'* • je ne

quelle ironie amère et sublime. Ce double meurtre, co mis par la fureur insensée de deux frère1- une réc -

ciliation, un traité, un partage; le fer a été leur arbitre; chacun d'eux est vainqueur, chacun d'eux régnera, m dans le tombeau; ainsi l'avait prédit un père, ainsi l'a voulu îe destin. Le destin! c'est vraiment, quoique invisible, l'acteur toujours présent, le héros de la traj.' d'Kschyle. Ecoutez comme il célèbre cette victoire qu'il lui fait remporter, au dénoûraent, par la passion aveugle, la main égarée des mortels.

0 maison, où germe bans cesse et fleurit l'infortune ! Enfin, les déesses des imprécatio: s ont poussé leur cri de triomphe, en voyant fu r devant elles toute cette race. Le trophée des furios s'élève à la porte où se sont frappas les deux frères, et vainqueur de tous deux, le destin be repose*.

Ici je m'estime heureux de pouvoir céder la parole à un meilleur interprète de la pensée antique, a un poète. Une imitation de Casimir Ddavigne fera mieux connaît re que ne le pourraient mes traductions et mes comm ntaires, le dialogue, de forme singulièrement concise et rapide qu'amène, à la fin de cette scène , entre les deux sœurs v le mouvement toujours croissant d'une douleur passionnée; dialogue où le vers si court de l'ode suffit tout seul à la pensée, où souvent même il est brisé par la vivacité des répliques, et auquel la marche parallèle des pensées , l'opposition symétrique des mots et des consonnances, la communauté de sentiments qui les réunit

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dans une même expression, ont fait donner piesque unanimement, par les critiques*, le nom de duo.

ANTIGONK.

Éclatez, mes sanglots!

ismfnk.

Coulez, coulez, mes pleurs!

AMTIOO

Tu frappes et péris.

ISMÈNK.

Eu Immolant tu meurs.

aniigo.nl:.

Son glaive te renverse.

ISMENK.

Et sous ton glaive il tombe.

ANTIGONK.

Moine âge I

Môme sang 1

ANTIGONE

ESt bientôt môme tombe!

0 frères malheureux !

ISM!'

Plus mis râbles sœurs I

ANTIGONE

Éclatez, mes sanglots !

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