‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 108 sur 185 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

Et nous, plus misérables sœurs !

ANTIGONE

Éclatez, mes sanglots!

ISMÈXE.

Coulez, coulez, mes pleurs*.

La tragédie semble finie; mais Eschyle la prolonge encore par un de ces suppléments que condamne l'art ces modernes, et qui trouvaient, chez les anciens, leur excuse, soit dans les mœurs, soit dans certaines pratiques de théâtre. Nous aurons plus d'une occasion d en faire la remarque : tantôt c'est fimpor ance attachée aux honneurs de la sépulture , tantôt c'est le soin de préparer un autre puvrage, la seconde ou la troisième partie d' ne

l. Cas. Delavigne, Poésies diverses.

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trilogies quelquefois ce sont ces deux motifs ensemble, qui portent les poètes grecs à pousser un peu plus loin que le arDOÛmenl. On a pu soupçonner qu'il eu était aiusi des Sept Chefs, jusqu'à la découverte récente1 de la didascalie qui lixe définitivement la place de cette pièce dans les trilogies, Bt même les tétralogie*, empruntées par Eschyle au cycle thébain. Elle y succédait à deux autres tragédies, le Laïus, V Œdipe; elle y précédait le Sphinx, drame sa lyrique. Il est maintenant lueu évident que le poëte n'avait pu se proposer de préparer par sa dernière scène à l'intérêt qui devait animer ses Ekusinieiis , ses Epigones, celui des honneurs de la sépulture refusés parThèhes aux restes des chefs trgiens, et que leur font rendre le roi d'Athènes, Thésée, à Eleusis*, et leurs fils, les Epigones, h Thèbes1.

Antigone s'apprête avec îsmène à conduire les deux priuces au tombeau, lorsqu'un héraut vient, de la part d'i sénat de Thèbes, ordonner d'ensevelir Etéocle, qui a combattu pour sa patrie , et d'exposer au contraire sans sépulture Polynice, qui lui a fait la guerre. Antigone se soulève noblement contre cette justice impie, et déclare que rien ne l'empêchera de remplir le

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