Arg. graec. Persar
4. C'est l'opinion de Wieland, préface de sa traduction des Perses; de W. Schlegel, ive leçon de son Cours de littérature dramatique ; de Blomfield, préface de son édition des Perses, etc. Athénée [Deipn., III) cite i om ne appartenant aux Perses d'cschyle un passage qu; ne se trouve point dans cette tragédie. Nous avons dit dans une des not-s précédentes quelle conclusion tire de 'h M. Ahrens. Casaubon en concluait l'existence de deux éditions ditfercDl.es de la pièce, corresf . ..-
première année de la LXXV1* olympiade, sous l'archonte Animante, Phrynichus avait remporté le pril de la Ira
die1. Avec quelle pièce? on peut sans crainte adopter, a cet égardj les conjectures de la critique". Cette pièce, à la représentation de laquelle présidait, en qualité de chorége, ThémistOole, trois ans après la bataille de Salamine, était, certainement, ce!.le où le poète avait, nous le savons8, célébré ce tjranil événement, et, en quelque sorte, expié sa malencontreuse Prise de )lilelk, peinture trop fidèle d'un malheur domestique , dont s'étaient si fort irrités contre lui les Athéniens. Le nouvel ouvrage de Plirynicliiis, le même sans doute que celui dont Suidas a grossi sa liste, sous le titre des Perses*^ éiait intitulé les iciennes. On y voyait paraître, sslon un savant anglais6, les veuves de ces matelots phéniciens, que fit décapiter Xerxès, après sa défaite'. On n'a de cet ouvrage que deux vers assez insignifiants. On sait seulement qu'il s'ouvrait par le monologue d'un esclave8 qui, tout en disposant des sièges pour le conseil de la Perse, prêt à se i assembler, annonçait, dès le commencement, la défaite
' lui doux représentations d'Atliènns et de Sicile. Mais neut-être, comme le pense Butler, y a-t il ch<>/ Athénoe erreur de nom, et a-t-il parlé des Pertes du comique Phérécra e. Un autre poSie, hien antérieur, de l'ancienne comedib, Chionides, avait fait aussi une p èce sous ce ut Meineke, Fragm. comte. yr.rr., t. 1, p. 29, 70.
1. Plutarch., VU. Themist., vi. Cf. Clinton, Fast. hellenic. ,p.3ô. — ) ntley . Vùserl in Phalar.
'.\ -r;c.' l'crsi* L'auteur de cet argument s'appuie de l'au-
torite de Gla eus de Rhégium, auteur contera orain de Démocrte, selon le Laërce, qui le cite quelquefois. Selon Plutarque (de
Musir ), il avait écrit sur l^s musiciens et les poêles anciens. Voyez encore Suidas.
i. Voyez p. 32. - 5. D'autres ont peu>é que la Prisp de Mdet elle— même avait bien pu être ain i désignée. Sur la répartition de ces trois titres el d'un quatrième SûvSeoxot, entre les deux principaux ouvrages de Pnryuichus et tes opinions diverses des critiques, entre autres d 0 Mal er, à ce sujet, voyez Fr. G. Wagner, Poei. tray. greee. frayai., éd. F. Didot, p. 12, 14, 15.
6. Blomfield. préface de son édition des Perses. — 7. Hérodote,
vm. 90.
8. Un de ceux, selon lV«raifieLl, qu'on appelait orpâieu, et sur l'emploi desquels il cite un passage d'Athénée (Detpn., II). God. Menu om [de éEschyh Persis; Opusc, t. II, p. 92) relève la condition de ce pertage et en fait un officier de la cour dea rois de Perse.
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de Xerxèê. Qn tel début était biM loin de fa
dîgniië d'Eschyle, tri oui fie I". qu'il eut .
d'introduire dans un i simple 9to faieanl attendrai pendant quelq . remp'iei de vaguai inquiéta
et de présages sinistrée, la nouvelle do <:• enfin , dan détails bien incomplets sur nu i
dont il n'est presque resté que le nom, {tarait d':j;t L'idés
confuse de la tragédie d'Eschyle< Cet emprunt n'ôte n<n
à sa gloire. Les sujets, les situations appartiennent a ceux qui savent en tirer des productions durables. Ce que Phrynichus n'a pu faire vivre au delà d'un jour, Escu\le l'a rendu immortel. Qu'importe qu'il ait enlevé à ce talent impuissant une heureuse pensée? elle lui appartenait par le droit de propriété que réclamait si naïv^ notre Molière , quand on l'accusait de plagiat I accomplit ce qu'avait seulement tenté son devancier. Il put dire, comme dans Aristophane : « La tragédie était belle, mais je l'ai faite plus belle encore; et, dans le jardiu sacré des Muses, je n'ai pas cueilli les mêmes fleurs que Phrynichus '. »
Avant Eschyle, et même avant Phrynichus, le grand lyrique leur contemporain avait fait aux souvenirs tout récents des guerres médiques un éloquent et triste appel, que nous ne devons pas oublier. C'était bien près d'Aihènes, dans l'île d'Egine, lorsqu'on y célébrait la victoire d'un illustre Eginète aux jeux isthmiques. Pindare, chargé d'animer la cérémonie par ses vers, y mêla à l'expression de la joie un retour mélancolique vers ces temps malheureux d'où sortait la Grèce, respirant à peine de ses dangers et de ses alarmes, ne pouvant encore se croire rendue aux biens de la liberté et aux fêtes de la paix :
« .... Moi aus^i, malgré la tristesse de mon âme, on veut que j'invoque pour Cléandre la Muse à la lyre d'or. Après de si grandes douleurs, lorsque enfin est venue notre délivrance, ne tom-
1. ïïan., 1037 sqq. Cf. Av., 750 sqq. Le second passage où Phrynichus est ieprésenré recueillant, comme l'abeille, dans un hos sacre, séjour de la Muse, la matièie de ses veis divins, de ses doux chants, ne permet pas de supposer au premier une intention ironique.
bons pas dans l'abattement, veufs de couronnes, serviteurs rmpressls du deuil. Laissant d'inutiles soucis, raisobs entendre de doux accents même après l'affliction; puisque enfin c rocher rantale, ce fléau qui pesait sur la (irèce, un dieu l'a écarté (ic nus tôles. La crainte, en sVloignant, a emporté ma pe ne cruelle. Ions à nos pieds, c'est en tout temps le plus
sage. Au-dessus des mortels plane le temps perfide, dérou aut le cours de la vie. Mais dans la liberté est pour eux le remède même à de tels maux : qu'ils embrassent la douce espérance1 !...
On n'en était plus à cette espérance encore inquète au temps des Phéniciennes de I'iirynichus et surtout des Perses d'Eschyle. Ce fut une illustre journée dans les fastes de l'art dramatique que celle où le premier poëte d'Athènes, parvenu à la maturité de son génie comme de son âge (il pouvait avoir alors cinquante-deux ans2), développa, devant ses concitoyens rassemblés au théâtre, la mémorable scène de leur indépendance. Huit ans s'étaient à peine ilés depuis l'accomplissement de cette grande œuvre à laquelle tous avaient mis la main, et l'homme inspiré qui entreprenait d'en reproduire le tableau, et les spectateurs qui venaient assister à cette solennelle commémoration de leur gloire. Les souvenirs auxquels le drame allait s'adresser, étaient vivants dans les cœurs; l'auditoire é'tait gagné d'avance à l'art puissant qui devait, dans un instant, l'émouvoir et le transporter. Les hommes faits Be retraçaient vivement ces jours fameux oè» ils avaient combattu et vaincu ensemble; les vieillards et les femmes, ce douloureux exil qui les conduisit à Trézène , sur les livages de l'île d'Kgine, de celle de Salamine et dans les villes de l'Eubée , tandis qu'Athènes était en proie a l'incendie allumé par les barbares, et que sa fortune avec ses guerriers s'était réfugiée sur les flots. Une immense attente, une impatiente curiosité faisait battre le sein de cette jeunesse qui avait grandi au milieu des dan-