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1. Ces interprétations sans nombre, appliquée* pins o leurs auteurs à l'œuvre qu'Eschyle a tirée de la fable de I sdtlt 'i<' plusieurs idrtet :
11 y en a qui 66 donnent comme historiques. Par exemple, pour dore de Sicil i (Êibliolh. fUit., I, ld). suivi en cela, chez li par Court de Géhehu {Monde primitif, Ili-l. allégor. il i III, i), Prométhée e*t un roi ou un gouverne lutte contre les inondations du NI, aloi violence de ses eaux, est délivré du L'écrivain grec n'en explique pas moins ailleu:s (V. queineiit le larcin du feu par l'invention du briquet; il n'er. moins montier à Al xandre, bur le Caucase, le roc:, av^c la trace de ses fer*, et de plus, le nid de -on aigle (XVII Kratosth. apud Arian. Erp<dit. Alex., V, 3). Le scoi. de Rhodes [Argon., II, 1248 suq.) se réfère à la même Iràd Diodoré de Sicile, avec cette ditlérence seulement qu'il la traiw d'Egypte en Scyth'e. On voit dans le- do es que Pro
ravisseur du l'eu céleste selon la falde, semblait àThéophraste un qui avait fan part aux hom .nés de la philosophie.
Il y en a, de nature à peu prè< parei le, mais qu'on appellerait p romanes |ues. Desinarets, qui, en 1648, a refait, à la manière de Mlle >cudt'iy, le livre d'ËVbémeré, sous ce titre : La Vérité des fables ou l'histoire des dieux de l'antiquité, y raconte que Prométhee. a avoir trahi, par amou- pour sa maîtres-e, Pandore, princ ,us
exigeantes, comme celles de la chevalerie, son souverain J ipitor, se retire dé-espéré dans les solitudes du Caucase, « ou tous les j regret de s<m crime lui ronge le cœur ; où il souffre cont nu- lemeol un Mip lice plus cruei que si un aigle dévorait sans cesse ses entrailles toujours renaissantes. »
11 y en a, et ce sont de toutes les plus naturelles, les mieux d'accord avec l'esprit de l'œuvre d'Eschyle, il y en a qui se rapportent, non pas à l'histoire proprement dite, mais à la philosophie de . Les
aventures de Prométhee y sont préser tées comme une in tes. des épreuves, des progrès de l'humanité. Telles sont c u /. {Trili y., etc., p. 67-87, 112), avec plusieurs de celles qu il rappelle et résume, celles qu'il expose pour son compte. Telles sont aussi celles
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crois, pour les Athéniens; peu importe : le culte public la consacrait, et le poëte avait le droit de s'en emparer et
qu'a exposées plus récemment M. Guigniaut (Rdig. de Vantiq., V, iv, p. 370, 1130; Encyclopédie des gens du monde, art. Prométhée).
Il y en a de morales, où les mènes aventure.-- ne figurent plus l'humanité prise dans son ensemble, mais la personne humaine avec ses facultés et ses affections. A cette classe appartient celle de Bacon {de Sapient. vêter., XXVI); quelques-unes des idées émises par des critiques déjà cités, M. Welrker, M. Guigniaut; enfin la plupart des allégories par lesquelles Brumoy, Roehelort, W. Schlegel et d'autres commentateurs du théâtre des Grecs, ont essayé d'expliquer le Prométhée d'Kschyle.
Il y en a de religieuses. L'idée que quelque chose des vérités annoncées par les saints livres a pu arriver jusqu'aux païens, certains rapprochements hasardés par les Pères eux-mêmes, ont conduit à voir dans la fable de Prométhée, de diverses manières, la révolte de Satan, la chute d'Adam, la rédemntion du Christ. Drs e xvie siècle, un éditeur d'Eschyle, Garbitius (Mschyl. Prometh., Basil. 1559), était entré dans cette voie, où le suivirent, aux siècles suivants, Stanley (jEscliyl. trag .), Fab'icius (Biblioth. gr.ee ), l'abbé Banier (La mythologie ex liguée par l'histoire), et d'autres encore. De nos jours, au signal de Josepn de Maistre (Soirées de Saint-Pétersbourg , IX, 1821) , on s'y est précipité en foule. Parmi le- écrivains qui ont le plus insisté sur c^s idées, nous citerons : en 1836, M. Guiraud {Université catludiquf); en 1839, mars, mai, septembre, M. Rossignol (Annales de philosophie chrétienne) ; en 1843, août, M. Dabas (Revue catholique de Bordeaux : Traditions mythologtq'ies de la Grèce considérées dans leur rapport avec les vérités catholiques); en 1851, M Knault (Thèse sur Eschyle). Il convient d'ajouter à cette liste M. Edgar Quinet, auteur, en 18: 8, d'un drame philosophique et religieux de Prométhée, sur lequel nous reviendrons à la fin de ce chapitre, et, avec lui, les critiques, pour qui son œuvre a été l'occasion de développements personnels fort intéressants, MM. ***, H. Fortoul, Ch. Magnin (Revue française, lermars 1838; Revue de Paris, 11 et 25 mars 1838, 12 janvier 1841 ; Revue des Deux-Mondes, 15 août 1838, cf. Causeries et méditations historiques et littéraires, par M. Ch. Magnin, t. I, p. 266).
Enfin il y en a de scientifiques. Dans un Essai sur la géographie astronomique du Prométhée d'Eschyle, publié en 1850, à Montpellier (voyez les Mémoires de l'Académie de cette ville), M. Eug. Thomas a fait savamment et ingénieusement du Prométhée une tragédie tout astronomique. Le Titan lui semble, comme plusieurs de ses itères, un astronome des temps primitifs, attache par l'ardeur de ses spéculations savantes sur le sommet d'une montagne aux confins de l'Europe et de l'Asie. L'arrivée d'Io n'a plus pour lui rien de fortuit : Io, c'est Isis, c'est-à-dire la lune, dont le regard de Prométhée suit, dans les cieux, la révolution figurée sur la terre par les courses de la fille d'Inaihus; d'autre part, Jupiter c'est le soleil, duquel s'écarte et se rapproche la lune, ainsi qu'Jo elle-même, qui doit retrouver en Eg\ pte le dieu dont elle fuit la poursuite; l'union sur les bords du Nil dlo et de Jupiief, c'est l'éclipsé du soleil; et l'avènement de ce fils de Jupiter, dont Prométhée le menace, c'est, après l'éclipsé, l'apparition en quelque sorte
IIM.I .
d'en faire le injet d'une e, I li condition
Eoii qu'il en tirerait une < it dramatique.
Lucien, <!. eatiriquea', où il a'eat plu
;i parodier quelqo cette tra| ien pa,
aprèa Aristophane \ sa moquer du merteilleui sur lequel elle ae fonde; m telle critique, qui fait ressortir les absurdités reçues du paganisme, i pus jusqu'au poète, qui lei a mises sur la i tant d'éclat, de force et de grandeur; qui, en rel bizarres et souvent incompréhensibles erenturei . élevé à l'expressive et éloquente peinture de la passion, la seule vérité sans doute dont il se souciât et dont du ayons le droit de lui demander compte.
Pourquoi Jupiter punit- il si cruellement, dans i'io-
d'un nouveau soleil. Cette manière d'entendre la pièce d'Eschyle n*a pas, selon moi, sou point de départ légitime dam M lot,
qui, faisant de Prométhée un astronome, sépare, à ce qu'.l semble, ce détail de l'action générale de la tragédie : « .... Pour les mortels, nul signe encore, nul signe certain du retour de l'hiver, et du prn.t-mps avec ses fleurs, et de l'été avec ses fruits; ils faisaient toutes choses au hasard, jusqu'au moment où je leur enseignai la scient du
lever et du coucher des astres » (Pronnth. vinct., v. 46:5.) L'occasion de l'interprétation nouvelle donnée par M Eug. Thomas a été pluiôt, chez les anciens, le passage où Cicéron (Tusc, V, 3) fait d'Atlas portant le ciel, de Prométhée attaché au Caucase, des observateurs attentifs au spectacle des phénomènes célestes : « .... Née vero Atlas suslinere cœlum, nec Prometheus affixus Caucaso.... tradereliir, i.isi cœlestium divina cognitio nomen eorum ad errorem fabu as traduxisset. » C'est encore cette note de Servtus sur le vers 42 de la vierglogue de Virgile : «Hic (Prometheus) primus astro'o'-riam Àssyriis indicavit, quam residens in monte altissiuio Caucaso nimia cura et sollicitudine deprehenderat. Hic auiem mons positus est orca A rios, vicinus pœne sideribus, unde etiam majora astra demonstrat et diligenter eorum ortus occasusquesignitieat. Diciturautem a^uiia jecur ejus exedere, quod àxo; est snllicitudo, qua ille affectus siderum omnes deprehenderat motus. Et hoc quia per prudenliam lecit, du e Mrcurio, qui prudentiae et rationis deus est, ad saxum dicitur esse religatus.... »
Je vois dans une autre dissertation de M. Eug. Thomas, elle-même insérée, en 1854, dans le Recueil des mémoire de l'Académie de Montpellier, p. 809, Des différentes inter prêtai ions du Prométhée d'Eschyle, paimi beaucoup de détails ms ruct fs et curieux, que les alchimistes eux-mèuies ont retrouve dans la fable de Prométhée les mystères de leur science (Voyez D. Pcrnety, Dict. mytho-hermetique , ait. prou.éihée).