‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 137 sur 185 · Metam., I, 635 sqq. Cf. Heroid. , XIV, 85 sqq · texte numérisé non relu

Metam., I, 635 sqq. Cf. Heroid. , XIV, 85 sqq

3. Voyez, da s notre Musée des anliqu s, le buste d'Isis, portant le n° 21<S.

276 i CHYLE.

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fantôme d'Argus, dont, tout mort qu'il est, l'errante [o, comme dit Horace4, ne cesse d'être obsédée habile1 éj on le voit, qu'Eschyle, empruntant au monde fantastique de la fable un personnage tel qu'Io, a trop l'altérer, et sans nous imposer non plus un * grai d effort de crédulité, l'amener sur la scène des r lités dramatiques. Son grand art, au reste, a été, co: il convient en des sujets de ce genre, d'ébranler tout d'à bord l'esprit, de l'enlever à la réflexion, par la vivacité, l'énergie, le pathétique delà peinture.

Tandis que Prométhée s'entretient de son malheur avec les Océanides, paraît tout à coup auprès d'eux, conduite jusqu'en ce désert par les voyages sans repos auxquels la con lainne la jalousie de Junon, l'infortunée Io. De 1 développements, dans lesquels s'est complu le p été5, rendent, en vers admirables, d'abord le désordre de sens et de ses pensées , sa fatigue, son décour gement. son désespoir; puis, pendant une sorte de relâche accordée à ses transports, et que marque, comme toujours, le passage des mètres lyriques à 1 ïambe du dialogue, sa tendre émotion au spectacle inattendu que lui offre Prométhée enchaîné; sa surprise quand elle se voit connue de lui, et qu'il se fait connaître à elle; les éclats de sa douleur en entendant de la bouche du dieu prophète le détail des courses infinies qu'il lui reste a accomplir en Eun

1 V. 873. — 2. Virg., Genrg., lit, 152. — 3. V. Ô84, 590, 6 1 S, 702, 90k. — 4. lu vaga, Horat., ad Pison '24. — 6. V. 577-911.

en Asie, à travers des régions inconnues et pîein> s d'effrayantes merveilles, avant de trouver enfin le rupos sur les bords du Nil.

Ce détail, d'une géographie quelquefois embarrassante, et bien souvent, bien diversement commentée1, nous paraît, dans un ouvrage dramatique, un bien long épisode. Mais Eschyle était d'un temps où se lisaient avec avidité les relations, en grande partie géographiques, d'Hécatée, de Xanthus, d'Hellanicus, de Charon; où se préparaient celles d'Hérodote, qui ne le sont pas moins; où la connaissance du monde encore nouveau, ignoré, aux limites indécises, mystérieuses, peuplées de ces fables qu'un poë e du siècle d'Auguste, Horace, disait habiter les bords de l'Hydaspe2, avait pour la curiosité et l'inexpérience des Grecs un attrait tout poétique*. On peut croire que le public pour lequel composait Eschyle ne se détournait pas sans plaisir de l'action elle-même, pour suivre, en imagination, au delà des bornes où s'arrêtait sa science, le fabuleux voyage dlo*.

1. Vo\ez, entre autres, à la suite de la trad. de Iefranc de Pompignan, p 409. d^s Eclaircissements historiques et géographiques sur les courses d'Io. Welcker, assez récemment, leur a consacré les pages 127- 146 de son livre sur la Trilogie d'Eschyle; M. Eug. Thomas, la plus forte part de ses mémoires, rappelés plus haut, p. 255, 256; enfin M. C. Hanriot n'a pu les omettre dans le résumé de la géographie d'Eschyle, que contient la dissertation publiée par lui en 1853 sous ce titre : Geographia Grajconna antiquissima, qualis ab Hornero, Hesiodo, Mschy'o tradita, ab Hecatœo digesta et concinnata fuerit.

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