‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 144 sur 185 · Aryonaut., II, 1247 sqq. — S.Argonaut., V, 155 sqq · texte numérisé non relu

Aryonaut., II, 1247 sqq. — S.Argonaut., V, 155 sqq

sants1, que Médée, instruite par Hécate, y vient chercher, pour l'employer à ses charmes. Quand elle en coupe la tige, le tranchant de la faucille magique se fait sentir, disent-ils, aux chairs du Titan et ajoute à ses tortures. (les imaginations ont pu venir à Apollonius2, à Valérius Flaccus', à Sénèque4, de la tragédie grecque; par exemple, d'une pièce sur la conquête de la Toison d'Or, intitulée les Femmes de la Colchidey et où Sophocle, qui avait peut-être traité, dans un ouvrage spécial5, le sujet de Prométhée, l'avait introduit comme épisode6. Ce sujet avait-il aussi exercé le génie d'Euripide? On l'a affirmé7, mais contrairement à ce que dit, en termes exprès, l'argument grec de la pièce d'Eschyle, et je ne vois rien dout on le puisse inférer, sinon peut-être ce début du Jupiter tragique de Lucien, où le roi des dieux, qui parle par ïambes, et sait, lui dit-on, son Euripide, apostrophe avec Prométhée les détestables arts qu'il a enseignés aux mortels. Rien ne serait du reste plus naturel; car, outre son intérêt humain, si on peut ainsi parler, outre son intérêt grec, le sujet en offrait un autre tout athénien. Le bourg de Golone était en partie consacré à Prométhée'; dans l'Académie s'élevait son autel, point de départ de cette course solennelle souvent rappelée métaphoriquement par les poètes*, où, en mémoire du présent fait aux hommes par le Titan, les concurrents se disputaient à qui porterait un flambeau allumé jusqu'à la ville, et, quand

t. Num me dens obruit, an quae (aliqua)

Lecta Prometheis dividit (nos) herba jugis?

(Propert., Eleg., I, xn, 10.)

2. Argonaut., III, 851 sqq. — 3. VIII, 355 sqq. — 4. Med., 708. Cf. 821.

5. Schol. Pindar., Pyth.. V, 35. Peut-être cependant, comme l'a sounçonnné Bœckh, Grœc. trag. princip., ix, une erreur de cop'ste at-elle substitué, dans ce tenuiKnage. le nom de Sophocle à celui d'Eschyle.

6. Argum. Prometh. jEschyl. Voyez, sur les fragments de cette tragédie et le plan auquel on les peut rapporter, E. A. J. Arhens, Sophocl. fragm., éd. F. Didot, p. :i2'i et suiv.

7. Lebeau jeune; Mém. de VAcad. des inscript., t. XXXV, p. 450 et suiv.; M. Edgar Quinet, Prêt, de son Prométhée. — 8. Sophocl., Œdip . Col., 55, schol. — 9. /Eschyl., Agam., 3G>7; Lucret., de Nat. rcr.t II, 78; Pets., Sat. , vi, 61 j etc.

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DODieilfl secrets contre 1- s dieux leurs rivaux, et qui se présente si mystérieusement, caché, aux regards de Jupiter, et la tôle voilée, n'a (as plutôt laissé voir son visage, que le fondateur de la ville nouvelle, l'Athénien Pislhéthérus, le reconnaît, et sans explication le salue familièrement de ces mots : « Ah! j cher Prométhée*! » Un dieu qui représentait l'activi*l'esprit, l'industrie humaine, la culture soiale, la civilisation, devait être, on le conçoit, populo ire chez les Al niens, le bienvenu sur leur théâtre uu trafique ou même comique.

Il s'est montré depuis, avec tant d'autres personnages de la tragédie grecque, sur la scène latine, dans la rude et énergique imitation faite du chef-d'œuvre d'Esc: par le vieil Attius, et que Gicéron, je le soupçonne et l'ai déjà dit, a en partie refaite ou complétée. Quelques vers, qui se rapportent évidemment à la captivité et aux souf-

1. Aristoph., Ron.% 131,schol.} 1100; Menandr., Fraf/m. inccrt.. VI, 3 (Cf. Lucian., Amor., xi.ni) ; Plat., Legç/., VI; de Republ., I f V. Cou-in, trad., t. IX, p. 3, not p. 332) ; Pausaii., AU , \xx; lih< ' Herenn., IV, 46; Ry%. yAstron.j>oet., II, Sagiita, etc. Cl'... œc.

feriat.; Barthélémy, Voyage du jeune Arwcliarsis, xxiv. — 2. Ibid.

3. Voyez chez Sénequo [GoHtrtito., V. ;j'i divers exercices de rt. rique sous ce titre : Parrhasii Pruinetlieus. Ce sont des plaidoyers contre le peintre qu'on supposait avoir acheté de Philippe un prisonnier olyuthien, l'avoir fait périr à ses yeux dans les tourments, pour exprimer au naturel, d'après ce modèle, les souffiMiices de Prométhée, et, souillé d'un tel crime, n'avoir ; as craint d'orner de son tableau le temple de Minerve. 11 n'y a probablement de vrai dans tout ceia que l'existence d'un Prométhée de Parrhasius, placé dans le temple de Minerve.

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