‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 149 sur 185 · Prométhée, par Edgar Quinet, Paris · texte numérisé non relu

Prométhée, par Edgar Quinet, Paris

2. On peut citer comme ayant, dans ces dernières années, rappelé, complété, expliqué, avec imagination et poésie, mais non sans quelque obscurité inhérente au sujet, le vieux mythe de Prométhée. M. Th. Lodin de Lalaire, dans la troisième pièce de son recueil de poésies, Les Victimes (Dijon et Paris, 1838); M. V. de Laprade, dans quelques vers du deuxième livre de'sa Psyché ( Paris, 1841); M. L. de Senneville, dans le drame qu'il a intitulé, d'après le titre de la tragédie per

• lue d'Eschyle, Promé/hée délivré (Paris, 1844).

EscuYLt;. — 20

chapitré Cinquième,

A^iiiiiciinioii

Je no craindrai pas de montrer d'abord à quel point Eschyle diffère de tous les poètes dramatiques qui l'ont suivi, en rapproenant de son Àgamitnnon^ à défaut delà Clyl' mneslre de Sophocle et de ['Agarnemnon d'Ion, dont nous ne connaissons que les titres1, à défaut des imitations qu'en avaient faites, pour la scène latine, soit en les reproduisant à part, soit en les mêlant, Livius Andronicus et Attius, peut-être aussi Enuius2, les ouvr; composés depuis sur le même sujet, à des époques fort diverses, p^r le Romain Sénèque, l'Anjjlai- Thompson*, l'Italien Alfieri4, et enfin par notre compatriote et notre contemporain Lemercier5. Ces quatre pièces, don* la

1. Les trois cents vers trouvés par Matthaei dans la bibliothèque d'Augsbourg, et publiés par lui, en 18Ô5, co:nme un fragment de la Chjtenmestre de Sophocle, ont été bientôt reconnus, par Struve particulièrement, qui les a réimprimés eu 1807, pour ce qu'ils étaient, un exercice scolastique du moyen âge. Voyez, dans les Opusculrs de God. Hermann , t. 1er, p. 60, l'ironique examen qu'il a fait, vers cette f;oque, de quelques-uns d'entre eux; voyez aussi ilans a Préface de l'édition de Soph cle donnée en 18'25 par Bois-onade, son spirituel jugement sur ce qu'il appelé • opellae mon-irum, »• et qu'il renvoip aux éditions de Sénèijue, visiblement imité par l'auteur : « quum >ophoc.es isie personatus si mi a si t Senecœ.»

â. Il reste d'un Égùthe de Livius Andron eus, d'un Égisthe, d'une Clgtemnestre d'Attius, des vers qui peuvent être rapproches de cer:a ns passages de Y Agarnemnon d'Eschyle, mats d'autres aussi qui se rapportent assez évidemment à des modèles différents. Quant à Ennius, auteur d'une tragédie des Euménides . comment croire qu'il se borné à reproduire la pièce finale de ÏOrestie, capricieuse : ent détachée des deux autres dont elle est inséparable*' J'aime mieux croire, bien que le recueil de se- fragments trag ques n'en offre auc me trac^, qu'il avait fait aussi son Agarnemnon. se* CUoéphores.

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