Voyez v
2. Ce personnage est en partie emprunté à Homère, duquel, au reste, Eschyle »'est fort écarté. <'he/ Homère, qui a comme rempli son Odyssée du r.ruit lointain de la caïastiophe d'Agamemnon. qui en a mêle les terribles et pathétiques imaue.- au\ entretiens de l'Olympe (I, 35-41), de la terre (III. 193-198, 234 sqq., 248 sqq., IV, 91 sqq., 524-537) et des enfers (XI, 387-466 ; XXIV, '20-97), voici comment les choses se passent : Agamemnon avait lais>é près d^Clyternnestre, pour veiller sur ses mœu's ëi la rappeler, s il le fallait, à la vertu, un poète aux nol les chants; tant qu'il put être écoute d^ la femme d'Agamemnon, elle ne succomba pas aux criminelles suggestions d'Êgisthej mais quand celuici se fut défait de l'importun conseiller, elle consentit à suivre l'amant adultère dans sa maison, celle qu'avait habitée Thyesie. C'est près de cette maison ;|u'Agimemnon. revenant de Ti\*ie, fut conduit par -on mauvais destin. Egisthe, qui ne tarda pas à en être informa par un enclave cha gé d'éi-ier le retour de celui qu'il avait oflensé et dont il redoutait la vengeance, l'attira perfidement chez lui et l'y lit périr dans une embuscade. Le malheureux roi, en expirant, entendit les derniers gémissements de sa captive Cassandre, égorgée à ses rôtés par Clytemnestre. L'analyse de la pièce d'kschyle fera voir suffisamment, sans qu'il soit nécessaire d'y in^ter ici, ce qu'il a substitué, soit de lui-même, soit d'après d'autres traditions, aux circonstances du récit homéri* que.
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Burpi il " |» '"■ "" retour inopiné ? 1/
le Paire eiUeodi [u'il parie i
gouverné sagement comme autrefois1. Il non peotdi plus, m lai ■ enchaînée* j maii m
est (it'j:i dans notre esprit par les di
fidèle serviteur, qui exprime ses regrets, m ix, ses
espérances, la fatigue même de son emploi, avec une naïveté familière', pleine de vérité et de < harme. I. Grecs savaient attacher par la peinture des personnages Mirine les plus subalternes : c'est un art dont nous avon^ trop négligé de leur enlever le secret. Que sont, aapi de ces rôles si animés et si vivant-, les machines dramatiques que nous nommons des confidents? Je reviens à l'esclave d'Eschyle, qui ne prononce que quelques vers, et offre cependant tout l'intérêt d'un caractère dramatique. Au milieu de ses réflexions et de ses plaintes, il voit tout à coup briller dans l'ombre le signal si longtemps désiré, et il court, plein de joie, en porter la nouvelle à la reine encore endormie.
Alors arrive sur la scène, avec le jour naissant, un chœur de vieillards assez semblables à ceux qui ouvrent la tragédie des Perses. Ils sont chargés, en l'absence d'Agamemnon et de ses guerriers, selon les uns, de l'administration de l'Etat, selon les autres, plus modestement, de la garde de la ville. Les deux opinions peuvent se défendre. Il y a tels vers où on les traite presque en sénat d'Argos'; il y en' a" qui les représentent courbés, il est vrai, sur un bâton, mais armés
4. V. 830, 1365. Ci'. 859. L'argument tiré par Klausen (Agamemn., Gotlae, 1833) de la délibération qui s'établit entre les personnage chœur au moment de l'assassinat d Agamemnon, v. 1319 sqq., ne me paraît guère concluant; cette délibération, on le verra plus loin, n'est nullement celle d'un sénat.
0. V. 75 sqq., 1323, 1623, si toutefois ce dernier ve^s appartient au rôle du chœur, comme l'ont prétendu en dernier li u B<>the et Klausen, et non, selon l'opinion de beaucoup d'autres, à celui d'Égisihe.
ÀGAMEMNON. 315
l'une épée, dont ils veulent détendre leur roi, dont ils nenacent ses meurtriers. C'est par leur fonction, quelle [u'elle soit, et non, comme le veut à tort l'argument ;rec parfois peu exact, par un ordre de la reine em- ►ressée de leur communiquer une nouvelle évidemment ncore ignorée d'elle, qu'ils sont amenés, à cette heure oatinaL, près de la porte du palais. La suite fait com- >rendre qu'ils viennent y saluer le réveil de Clytemlestre. En attendant qu'elle paraisse, ils s'entretiennent ristement de cette longue guerre, dont leur âge avancé 1e leur a pas permis de partager les dangers et qui peut tre si funeste à ceux qui l'ont entreprise; ils rappellent ans fin, dans des chants d'une sombre énergie, mais en ûême temps d'une obscurité souvent trop conforme au ujet, d'anciens présages, d'anciens oracles qui sem- )lent, par leurs sinistres annonces, menacer d'un sort nalheureux les chefs de l'armée; ils se retracent sous des ur.ges touchantes, que n'a point effacées Euripide1, et lont s'est souvenu Lucrèce2, avec des traits gracieux* qui essortent parmi tant de détails sinistres , le sacrifice anglant qui fut le prix du départ, et dont la mémoire labite dans ce palais, peut-être avec la vengeance*. Le oile qui couvre les attentats et les complots d'une épouse iriminelle se soulève encore à demi, et nos regards pélètrent de nouveau dans cet avenir lugubre et redoutable lont les citoyens d'Argos sont épouvantés. Pendant qu'ils 'occupent ainsi de ces tristes pensées, ils voient l'encens l'allumer sur les autels des dieux, des offrandes reli-