‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 169 sur 185 · Poet., xvi. Cf. xi. — 2 V · texte numérisé non relu

Poet., xvi. Cf. xi. — 2 V

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uJiaient souk le masque honnête (Je l'admiration , liant aulant qu'il était en lui l'objet àt M ci te h\ dite. Dans un prétendu éloge du vieux peete, qu'on allectait de lui donner pour rival et pour maître , il < sura sévèrement ses ouvia^es : il fit plus : il les recommença, et, heureux dans la plupart de ces entreprises hasardeuses, il brisa ainsi l'idole sur l'autel même où on l'avait consacrée. Toutefois il est resté quelque chose de ses débris, et, tout mutilés qu'ils sont par la critique, ils demeurent encore d'impérissable* monuments de l'art. C'est, sous des noms modernes, l'histoire d'Eech] d'Aristophane et d'Euripide. Il est assez curieux de retrouver, à tant de siècles de distance, les mêmes passions, les mêmes talents, le même mélange de gi et de petitesse, et, pour compléter la ressemblance, dans la même carrière, celle du théâtre, à l'occasion de pi tirées des mêmes sujets. C'est un exemple frappant de la peroétuité de nos travers; et si nous sommes d'abord humiliés d'en voir la tradition si fidèlement conservée, notre orgueil peut se consoler en pensant que nous n'avons pas été moins fidèles aux traditions du génie et de la gloire. Comme Voltaire, Eunpide se fâcha contre ses censeurs; comme lui, il critiqua et refit les ouvrages du poète dont on relevait l'antique renommée pour en accabler la sienne. Malheureusement il réunit celte double tâche, que Voltaire a plus judicieusement divisée; mêlant, dans une même œuvre, la tragédie à l'épigramme, il s'exposa au danger de manquer à la fois les deux succès auxquels il avait prétendu. Son pathétique et ses plaisanteries devaient se nuire mutuellement , et c'était beaucoup exiger du public que de prétendre qu'il s'abandonnât aux impressions de la tragédie, et qu'en même temps il en détournât sa pensée pour s'occuper de la manière plus ou moins imparfaite dont un autre avait, auparavant, traité le même sujet. 11 n'est pas au pouvoir

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de l'imagination la plus complaisante de suivre à la fois des directions si contraires, et le génie même du poète, quelle que lût la vivacité de son enthousiasme *et de son ressentiment, n'aurait pu les concilier. Euripide est resté dans son Electre au-dessous d'Eschyle et de lui-même, quoiqu'on y rencontre quelques traits de ce pathétique entraînant qui fait le charme principal de sa poésie, et qu'il ait eu. la bonne ou mauvaise fortune d'y être aussi plaisant qu'Aristophane. Qu'on me permette de citer cette scène de parodie, unique peut-être dans l'histoire du théâtre, et dont on ne trouverait tout au plus un autre exemple que chez le même auteur. Traitant dans ses Phéniciennes le sujet des Sept Chefs devant Thèbes, il s'était moqué de la loDgue description que fait, dans l'ouvrage de son devancier, des généraux de l'armée assiégeante, l'espion qui vient annoncer leur approche au roi thébain Êtéocle. Il n'avait pas manqué de reproduire exactement la même situation, pour que son Étéocle pût dire :

c Je vais faire le tour des remparts, et placer à chacune de nos sept portes un commandant égal en valeur au chef qui doit l'attaquer. Vous les nommer ici, tandis que l'ennemi est sous nos murs, ce serait perdre un temps précieux1.... »

On ne pouvait railler plus finement l'étendue démesurée des détails épiques où s'engage Eschyle dans ce passage fameux, qui ressemble plus à un chant d'Homère qu'à une scène de tragédie. Mais ce n'était là qu'un trait de satire décoché en passant. Dans Electre, c'est bien autre chose : c'est une parodie complète de la scène de reconnaissance qui nous occupe en ce moment

Le poète suppose qu'un vieillard qui a élevé l'enfance d'Oreste , vient trouver Electre sa sœur : nous dirons ailleurs à quelle occasion 2. Electre remarque sur sa figure des marques visibles de douleur ou d'attendrissement; elle lui en demande la cause , et celui-ci lui apprend

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