‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 173 sur 185 · Horat., ad Pison., 200. — 3. V. 554 sq · texte numérisé non relu

Horat., ad Pison., 200. — 3. V. 554 sq

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tion , un grand empressement a s'occuper de se et a faire avertir Kgisthe. Bientôt passe le n qu'elle lui envoie, et que le poète lui a fait bien ernellement, mais bien heureusement choisir; car, ce m< ger, c'est la nourrice même d'Oreste, Gi lissa ou Cili dont Pindare se souvenait vers le même temps, et qu'il nommait Arsinoé1. Tout en marchant, elle pleure son cher nourrisson : avec une familiarité que n'égale point celle de Phénix chez Homère', et qui fait de ee personnage le parfait modèle de la sedula nutrix dont parle Horace3, dans des discours merveilleusement confus et prolixes, elle s'entretient, sans rien omettre, des soins qu'elle lui a autrefois prodigués si vainement : aucun ne lui est indifférent; aucun ne rebute la naïveté hardie de la muse d'Eschyle, qui, dans la douleur complaisamment exprimée de cette bonne nourrice, trouve le sujet d'un contraste piquant avec l'insensibilité de la vériîable mère4. Le chœur, qui retient un moment Gilissa, relève un peu son courage par des demi-confidences, et lui fait comprendre qu'elle ne doit s'acquitter qu'à moitié de sa commission, et se garder de dire à Égisthe, comme on le lui a recommandé , de venir avec ses gardes. L vient seul, en effet, moins satisfait qu'on ne s'y attend, d'un événement qui peut ajouter à la haine publique,

\. Pyth., XI, 26 sqq. Voyez plus haut, p. 327, note 5. — 2. IHad., IX, 482 sqq. — 3. Ad Pison., 1 16.

4. Ces leux sortes de mères sont au contraire rapprochées, il presque au même rang par Plaute dans ces vers charmants (19 sqq ) du prologue de ses Uénechmes :

Ita forma simili pueri. uti mater sua

Non intergnosse posset, quae inammam dabat;

Neque adeo mater ipsa, quae illos pepererat.

LES CI10ÉPH0RES. 35b

doutant de sa réalité, impatient He s'en éclaircir. A eine est-il entré dans le palais, que l'événement se précipite. Nous y avons été préparés par ces terribles paroles d'Oreste :

« Si je passe une fois le seuil de cette porte, sachez-le bien, que je trouve Égisthe assis sur le trône de mon père ou qu'il vienne plus tard vers moi pour me voir et m'interroger, avant qu'il ait pu me dire : D'où êtes-vous, étranger? je retendrai mort à mes pieds d'un coup rapide de ce glaive *.... »

Égisthe vient d'être égorgé; ses cris de détresse ont pénétré jusque sur la scène, et y ont été recueillis par le chœur, avec une joie, une avidité fort naturellement mêlées d'un mouvement involontaire de crainte personnelle 2. Remarquons, en passant, ce nouvel exemple 5 de l'art d'Eschyle et des autres tragiques grecs, à marquer le personnage abstrait et général du chœur de quelques traits plus individuels, expression presque satirique, presque comique des travers de la foule, qui le font descendre par moments, des hautes régions morales où il habite, en quelque sorte sur la terre. « Les acteurs de la scène, dit Aristote4, représentent des héros;... le chœur c'est le peuple, de simples mortels. A ce personnage conviennent... les traits de l'humanité5. »

Bientôt le palais se remplit de trouble et de tumulte. Qu'on se figure Glytemnestre sortant, aux cris de ses serviteurs, de l'appartement des femmes, égarée, échevelée, la terreur peinte sur la figure, mais conservant encore quelque chose de son audace , et demandant une hache pour se défendre contre ses ennemis! Qu'on se représente, d'un autre côté, Oreste paraissant tout sanglant, le glaive à la main, altéré de vengeance ! Quel moment d'attente et d'effroi ! Quel terrible entretien va commencer entre ces deux personnages qui s'abordent, frémissant de fureur et

1. V. 562 sqq. — 2. V. 859 sqq. — 3. Voyez plus haut, p. 202, 325. 4. Problem., XTX, 40. Cf. E. Egger, Essai sur l'histoire de la critique chez les Grecs, etc., p. 409.

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