‹ Études sur les tragiques grecsChapitre 174 sur 185 · AvôptoTtûi, àv8poo7u>cà · texte numérisé non relu

AvôptoTtûi, àv8poo7u>cà

(l'épouvantai Quellai étoni bouchai

Une, fouit' d'idées et de aantimi an po

qui entreprenait d'être laur ii terpi

• trahi et assassiné , d* I loi e abandoi ;

damne • à l'exil , d'un trône en trier; les pi l'une m<

lédictions; et enfin l'idée de la fatalité qui pr< cel

affreux BacrifJce. Toutes C( , tous c

vaienl ôtre exprimés et ne pouvaient cependant m d loppcr beaucoup au milieu d'un mouvement nul-

tueux ; il fallait qu'ils s'échappassent du cœur avec violence, qu'ils se produisissent sous une forme énergique et rapide : à quel ellort de talent se condamnait le poète qui osait aborder une telle situation!

Eschyle n'est point resté inférieur à sa tâche; son dialogue est vraiment incomparable pour la vigueur et la brièveté du trait. Il n'a du reste rien de semblable scènes de Sénèque,qui paraissent se recommander par un mérite pareil Ce ne sont point ici des antithèses artif ment distribuées, une lutte de maximes, un cliquetis à<: sentences, une rscrime de rhéteur : c'est un combat véritable, combat à mort entre les sentiments les plus opp< et les plus respectables. Il s'agit de savoir qui triomphera de la mère ou du fils, de la vengeance la plus sainte, on des plus saints devoirs de la nature que cette venge nce outrage.

La scène commence de la manière la plus vive. Point d'explication, point de reconnaissance. Clytemnestre doit avoir et a en effet tout compris; son fils ne lui adresse qu'un vers terrible par sa concision, et qu'il faut renie littéralement, pour en faire sentir toute la force :

« Vous aussi, je vous cherche; quanta lui, c'en est fait*. »

Personne ici n'est nommé, ni Clytemnestre, ni Oreste, ni Égisthe; et cependant quelle effrayante clarté!

LES CIIOÉPIIORES. 357

Les regrets que Glytemnestre donne à Égi^the redoublent la rage d'Oreste; elle s'exprime par cette ironie, sous laquelle se cachent les plus violentes passions :

« Vous l'aimez encore ! eh bien, vous reposerez avec lui dans le même tombeau, et jusqu après sa mort vous lui serez restée fidèle1. »

A ces roots, la mère éperdue arrête le glaive prêt à la frapper, par un geste et par des paroles que Ducis semble avoir traduits dans son Hamlet * :

Je verrai donc ma mère embrassant mes genoux, Suspendant par ses pleurs mes parricides coups, Me dire : « Cher Hamlet. daLne en<or me connaître : Épargoe au moins, mon fils, le sang qui t'a fait niitre, Le sein qui t'a conçu, les flancs qui t'ont porté....

Cette prière pathétique ne perd rien à sortir d'une houche si criminelle; on ne peut l'entendre sans émotion; il n'y a pas d'entrailles humaines qui n'en fussent troublées : Oieste n'y résiste point, il se détourne, et dit à Pyiade, comme l'Hamlet de Ducis à l'cmbre irritée de son père' :

« Pyiade ! que ferais-je ? je ne saurais tuer une mère 4. »

Ainsi Clytemnestre, qui témoiguait tant d'audace, ne trouve poi it e défense contre son fils irrité et prêt à punir; elie ne peut que tomber à ses pieds et, lui présenter son sein maternel : Oreste, qui dans sa fureur allait l'immoler, passe tout d'un coup à la pitié. Quelle succession de sentiments, et cpla dans huit vers! Où tfouverait-on un autre ex mple de cette énergique rapidité?

Pyiade rappelle à son ami les ordres des dieux 6, et cet

1. V. 881. — 2. Acte II, se v. — 3. Acte IV, se. m. — 4. V. 886.

5. En trois vers seulement (887-889) qui composent tout son lôle. Jo>i. Hermann (de Eschyl. Psy hostasia; Opusc, t. VII, p. 347) conjecture, un peu gratuitement peut-être, q e ces trois vers et dent prononcé-, comme nous dirions, dans la coulisse, par Pylale, lémo n invisible de la scène, et il croit que de cetie manière ils evaient produire plus d'effet, sembler l'arrêt-, la voix de la destinée i ll'-même. M. INiccolini, dans sa dissertation déjà citée (p. 336), paraît se ranger à cette opinion.

encourt ' atroce , qui doui

sans douit adouci , pour i ar

lei idées r> ligi

à un pareil sujet. [1 est probable qu'il y arait ici unepi

pendanl laquelle Oreate reprenait

premiers sentiments. Son langage est moins véhém et plus grave; l'a 'te de vei qu'il allai1

commettre, il vont ma nteoant L'accompli] ri

iice : avec un calme cent lois plus terrible que D fureur, il annonce a sa rnère L'irrévocable nrrèt : Il sa, dit-il, l'immoler dans le palais, sur le corps de son complice. C'est ainsi qu'Eschyle, qui s'est avance jusqu'aux dernières limites de la terreur, s'arrête cependant, ép uvanté lui-même de son dénoûment, et nous en épargne <iu moins la vue ; il ne nous montre qu'Oresie, qui entraîne sa mère après cet échange rapide de répliques pathétique.- 1 1 lerribles :

CLYTIMNESTRE.

Je t'ai nourri; laisse-moi vieillir.

ORESTE

Auprès de moi, vous, qui avez tué mon père !

CLYTEMISE^TRE.

La fau'.e, mon fils, est au Destin.

OR ESTE

Le Destin aussi a décidé \otre mort.

Page 1