Diod. Sic, XI
6. En reconnais-ant, à son tour, dans la pièce d'Eschyle, cette sorte d'intérêt, M. H. Weil (De tragœdiarum gr.icarum cum rébus publicis conjunctione. p. 12) remarque judicieusement qu'il n'est obtenu f'ar aucun sacrifice de ce qu'exigent le- lois de l'art dramatique, que sans lui la tragédie ne subsisterait pas moins :
« ....Fac enim doctam esse fabulam eo tempore quo Areopagi aucto-
de l'allégorie morale. Des personnages consacrés par la croyance religieuse, et qui par là n'avaient pas la froideur de personnifications arbitraires, y représentaient les mouvements contradictoires de la conscience et la difficulté insoluble de ce conflit. Sans rien perdre de son effet dramatique, ce poëme , par un sens caché, s'adressait à la réflexion profonde, et lui offrait, sous des emblèmes demivoilés, une sorte de révélation des mystères intimes de l'âme*.
Œuvre vraiment singulière, qui, dans son unité féconde, avait de quoi satisfaire à tous les besoins de la pensée; qui, tout en amusant la foule de merveilleux spectacles, en l'agitant de terreur et de pitié, pouvait encore ravir d'un en-
riias sancta adhuc et inviolata erat, argumentum taie est, ut ab amplissimi judicii laudibus non abstinuisset poeta ; fac Argivos hostes fuisse Atheniensium, fac amiciii. m sine fœdere inter civitates intercessise, fac suspiciones sine belle- : quidquid statuis, debuit Orestes ./Eschyleus etsocietatem poiliceri, et rupti l'œderis vind'cem se fore piaedieare. Alio fortasse modo et aliis veibis noi:nulla dixisset, res et sententiae eaedem sane fuissent <juœ sunt et quae omnino esse debuerunt. »
1. Voyez les ingénieuses explications de W. Schlegel, ibid. L'auteur déjà cite par nous, p. 40, d'un Essai sur la fatalité dans Le théâtre grec, Paris, 18')5, M. F. R. Cambouliu, voit surtout, p. 32, dans les Euméntdes. la peinture de h revoluiiort qui, sous le règne nouveau de la rebgion de Jupiter, succédant à celles d'Uranus et de Saturne, amena les bommes à l'idée d'une justice meilleure; non plus, comme auparavant, « .... dure, inexorable, aveugle en ses rigueurs :... » réclamant « .... sang pour sang, mcirtre pour meurtre, sans égard aux circonstances, ni aux motifs; ... » n'admettant « .. i ul arbitre entre le meurtrier et les parents de la victime;... » d'après les lois de laquelle « .... chacun vengeait les siens, et la fureur était l'uni <ue mesure de la peine. Jupiter arrive, ajoute-t-il, et tuu't change d'aspect. De nouveaux éléments s'introduisent dans le dogme de la justice : les considérations de temps, de lieux, de personnes, les circonstances atténuantes, comme nous dirions aujourd'hui, et aussi la miséricorde. Jupiter et ses enfants tempèrent, par leur intervention bienfaisante, la farouche âpreté des Euménides, et quelquefois même pardonnent au repentir. L'antique summum jus est détrôné; le ciel devient équitable. Sur la terre une révolution analogue s'accomplit. L'Aréopage est fondé.... »
L'auteur de la nouvelle Orestie (voyez p. 309, 341, 350, 363, 377) est entré à son tour dans cette voix d'interprétation. Mais, comme l'ont remarqué plusieurs critiques, entre autres M. A. Mazure, dans un intéressant article sur la ; hilosophie antique dans la tragédie grecque (lia -ue contemporaine % 31 janvier 1856), peut-être des préoccupations
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